Entreprise Peter Vandekerckhove est nommé CEO du groupe bancaire luxembourgeois KBL, qui est en quête de croissance.

Petit chamboulement dans le monde bancaire belgo-luxembourgeois. Vendredi, KBL European Private Bankers (maison mère luxembourgeoise de Puilaetco Dewaay) a annoncé la nomination comme CEO de Peter Vandekerckhove, lequel supervisait jusqu’à maintenant les activités de banque privée et retail chez BNP Paribas Fortis. Il remplacera le Luxembourgeois Yves Stein au 1er janvier 2018, précise le communiqué.

Six mois de négociation

Selon nos informations, cela faisait environ six mois que KBL était en discussion avec Peter Vandekerckhove pour le remplacement de Yves Stein dont la gestion était contestée. Qu’est-ce qui a finalement poussé Peter Vandekerchove à dire oui ? Contacté par téléphone, l’intéressé n’a pas souhaité nous faire plus de déclarations si ce n’est que "tout s’est bien passé".

Certaines sources proches du dossier font toutefois comprendre que M. Vandekerkhove a "peut-être voulu relever le défi d’être son propre chef" alors que, chez BNP Paribas Fortis, il répondait aux ordres du CEO Max Jadot. Il y a aussi fort à parier que KBL, qui est dans les mains de Précision Capital, holding luxembourgeois qui représente les intérêts privés de la famille qatari Al-Thani, a dû faire une offre alléchante en termes de rémunération. Mais impossible bien sûr d’avoir des chiffres.

Le communiqué publié vendredi souligne que "le Conseil tient à remercier Yves (Stein) pour son dévouement sans faille envers le groupe KBL pendant les cinq dernières années et lui souhaite tout le succès possible dans ses projets futurs".

Bénéfice en baisse

Il se raconte que M. Stein a été mis de côté en raison de son incapacité à créer de la croissance. De fait, les actifs sous gestion de KBL stagnaient à 50 milliards avant de franchir la barre des 60 milliards grâce au rachat aux Pays-Bas d’Insinger de Beaufort début 2017. Le résultat avant impôt a chuté de 100 millions en 2015 à 16 millions en 2016. La rentabilité a notamment été affectée par des investissements informatiques importants et des conditions de marché défavorables (avec des taux d’intérêt bas), avait expliqué la banque.

Peter Vandeckerchove va donc devoir redresser la barre. Il devra aussi trouver un successeur à Thierry Smets, le CEO en partance de la banque Puilaetco Dewaay, elle aussi en quête de croissance.

Va-t-il devoir également concrétiser le démantèlement de KBL, qui fait l’objet de rumeurs insistantes ? Selon des sources proches du dossier, les Qataris ne seraient pas vendeurs. S’ils sont sortis de la BIL (Banque internationale à Luxembourg), c’est parce que les Chinois de Legen leur ont offert un "très bon prix", entend-on.

Quant au poste de Peter Vandekerchove au sein du comité de direction de BNPP Fortis, il ne sera pas remplacé. Les deux responsables, Michaël Anseeuw pour le retail et Stéphane Vermeire pour la banque privée, répondront directement à Max Jadot.