Entreprise

Les meubles Kewlox, c’est belge ? "C’est belge et c’est 100 % wallon, monsieur", me répond-on fièrement au téléphone. "On", c’est un des employés de la société Kewlox au siège de l’entreprise, à Eghezée. Quand on a des contacts réguliers par téléphone, il suffit parfois d’une intonation dans la voix d’un interlocuteur pour "sentir" l’ambiance d’une organisation. C’est le cas ici, manifestement, et le ton sent bon l’enthousiasme. Et c’est compréhensible : Kewlox est une boîte qui marche, qui voit son chiffre d’affaires croître avec une belle régularité, et qui fait vivre actuellement une centaine de personnes. Le plan de développement actuel prévoit un doublement de l’activité à un horizon de 5 à 7 ans.

Son seul problème ? Peut-être une image un peu vieillotte, comme nous l’explique son administrateur-délégué, Georges Fontaine. Pour cet ingénieur, une des priorités du moment est "de retrouver la maîtrise des tendances, et d’imposer ces tendances. On a encore trop souvent l’image d’une entreprise qui produit des meubles en carton, alors que tout cela a évolué. Aujourd’hui, on travaille avec des panneaux de MDF (medium density fiber) très fins, qui ont l’avantage de ne contenir qu’un taux minimum de produits chimiques par rapport aux meubles produits par la concurrence, et avec des panneaux de plastique translucides colorés dont le recyclage est assuré par notre usine en Grande-Bretagne".

La société est gérée en bon père de famille pour des actionnaires familiaux qui considèrent leur participation comme un patrimoine à assurer sur le long terme. C’est pourquoi, bon an mal an, l’entreprise réinvestit 80 % des bénéfices disponibles dans l’outil de production. "On travaille sur la qualité, sur l’efficacité, et surtout sur la gestion de l’énergie : en 9 années, on a divisé par deux la quantité d’énergie nécessaire à la fabrication d’un meuble. Les déchets de bois, la sciure, sont utilisés dans l’installation de chauffage, et toute la gestion énergétique est centralisée et surveillée en permanence", explique encore ce patron-ingénieur. La production a plus que doublé, et la facture énergétique a baissé.

Et ce produit dont les pubs amusantes nous trottent dans la tête ? Il s’agit d’armoires, de meubles de rangement, de bureaux réalisés sur base d’une technologie développée en 1958 par un ingénieur britannique, Kewley, et cédée au négociant belge en produits métallurgiques Jacques Le Clercq. Ce dernier développe rapidement son produit et installe une usine en plein champs à Leuze-Eghezée où elle se trouve toujours aujourd’hui. Cinquante années de développement bien sage plus tard, le meuble Kewlox existe toujours, facile à monter, costaud, il suit ses propriétaires au fil du temps, se rajeunit à l’aide de quelques panneaux neufs. On en trouve même sur eBay, en lot ou à la pièce, avec un niveau de prix qui est en soi une preuve de la qualité des objets. "On ne le sait pas, mais la structure d’un meuble Kewlox est garantie à vie. Et on fabrique toujours les pièces détachées nécessaires. Les clients qui viennent nous voir avec des pièces détériorées, même par maladresse, sont bien accueillis", nous assure encore Georges Fontaine. Les objectifs de demain ? "On veut arriver dans tous nos points de vente, à fournir des meubles sur mesure dans les 48 heures, et avec le sourire !"

Les meubles Kewlox, fierté de cette entreprise wallonne, séduisent aussi à l’étranger, le groupe est aussi présent en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse. Chiffre d’affaires consolidé en 2009 ? Entre 10 et 12 millions d’euros, en tenant compte des activités de service des magasins. Du solide, aussi.