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La première économie mondiale a détruit 85 000 emplois en décembre, après avoir été créatrice nette de postes (4 000) en novembre pour la première fois en près de deux ans, selon le rapport mensuel sur l’emploi du département du Travail américain publié vendredi. La dégradation de décembre est bien pire que ne l’attendaient généralement les analystes, qui tablaient sur une destruction d’emplois nette de zéro. C’est un "revers", a reconnu Christina Romer, conseillère économique du président Obama. Pour la Maison-Blanche, les chiffres du chômage sont "évidemment décevants" et, avertit-elle, la route sera encore longue avant une reprise du marché de l’emploi aux Etats-Unis.

Les chiffres de l’administration américaine révèlent que l’emploi a baissé de 3% aux Etats-Unis en 2009, du jamais-vu depuis 1949. En valeur absolue, le nombre des emplois détruits pendant l’année (4,6 millions) est le plus élevé dans les annales du département du Travail, qui remontent à 1939. Malgré la hausse des licenciements, le taux de chômage américain est resté stable à 10% en décembre, du fait d’une baisse de la population active liée à l’exclusion de nombreux chômeurs dits "découragés". Ce taux de chômage officiel ne donne qu’une idée partielle du fléau : si l’on tient compte de la population active véritable et des personnes que la conjoncture contraint de travailler à temps partiel, le taux de chômage réel atteint 17,3%, ce que donne une idée de l’ampleur des difficultés éprouvées par de nombreux Américains.

Pour l’économiste indépendant Joel Naroff, le marché de l’emploi avance "clairement" dans la bonne direction. Brian Bethune, économiste de l’institut IHS Global Insight, et Ian Shepherdson, du cabinet HFE, considèrent tous deux que le pays devrait créer de nouveau plus d’emplois qu’il n’en détruit au premier trimestre. Il n’en demeure pas moins que selon la dernière analyse publiée cette semaine par la Réserve fédérale (Fed), le marché du travail fait preuve d’une "faiblesse aggravée" et ne devrait se rétablir que très lentement, ce qui présage encore plusieurs mois de hausse du chômage devant entraver la reprise amorcée au troisième trimestre. L’économie américaine reste cependant soutenue par les efforts de la Fed et le plan de relance budgétaire de 787 milliards de dollars voté en février qui devrait se faire sentir à plein en 2010.

Dans la foulée de la publication des statistiques de l’emploi, Barack Obama a annoncé le déblocage de 2,3 milliards de dollars pour des incitations fiscales destinées à stimuler la création d’emplois dans la production d’énergie "verte". Ces crédits, piochés dans le plan de relance de 787 milliards de dollars, visent - via des crédits d’impôt - à créer "des dizaines de milliers d’emplois dans la fabrication de technologies propres", selon un communiqué de la Maison-Blanche. (D’après AFP)