Entreprise Miriam Maes pointe la responsabilité de l’Open VLD Geert Versnick.

L’assemblée générale des actionnaires d’Elia, le gestionnaire du réseau national d’électricité, était particulièrement attendue. Et pour cause, Miriam Maes, la présidente du conseil d’administration, a appris quelques jours avant l’assemblée qu’elle ne pourrait exercer un nouveau mandat de six ans en tant que présidente.

Alors que le Comité de gouvernance d’Elia s’était montré favorable à la reconduction de Miriam Maes, Publi-T, son actionnaire de référence, a finalement fait marche arrière. Arrivée à la présidence d’Elia en 2014, cette Néerlandaise était visiblement très émue par son éviction.

Qu’est-ce qui a poussé Publi-T à éjecter Miriam Maes ? En marge de l’assemblée générale, elle a pointé la responsabilité de Geert Versnick, le président Open VLD de Publi-T.

"Avec les Flamands notamment, et contre l’avis de tous les francophones, Geert Versnick a essayé de me limoger, déplore Miriam Maes. Je ne l’explique pas autrement que par vengeance personnelle. A un certain moment, Geert Versnick pensait que c’était lui qui deviendrait président. Cela a changé son attitude au sein de Publi-T et ça a mis mal à l’aise pas mal de gens. La motivation peut aussi être communautaire, que les Flamands aient de plus en plus d'influence dans les différents conseils d'administration."

Face à la défiance de son actionnaire de contrôle (45 %), Miriam Maes n’a eu d’autre choix que de s’effacer. Comble de l’ironie, elle va continuer à siéger comme administratrice indépendante jusqu’à son remplacement afin que l’équilibre entre les indépendants et non-indépendants soit respecté. "Sans cela, le conseil d’administration n’aurait pas été valablement constitué", a-t-elle expliqué. Claude Grégoire assurera la présidence du conseil d’administration par intérim, jusqu’à ce qu’un nouveau président soit désigné.

"De basses manœuvres politiciennes"

A l’issue de l’assemblée, l’administrateur indépendant Jacques de Smet (en fin de mandat et remplacé par Bernard Gustin, le patron de Brussels Airlines) a fustigé le comportement de Publi-T, son actionnaire de référence. "Je suis interpellé par les basses manœuvres politiciennes qui polluent la gouvernance de votre société, a-t-il lancé. L’ordre du jour et les résolutions ont été approuvés par le comité de corporate governance et le conseil d’administration au sein desquels l’actionnaire de référence siège, et notamment son président. Il est interpellant d’apprendre par la presse que le même président a donné instruction à l’actionnaire de référence de voter contre les résolutions qu’il a lui-même approuvées." 

Cet épisode témoigne, en tout cas, de la mainmise des représentants flamands sur Publi-T, l’actionnaire de référence d’Elia. "J’ai appris il y a quelques jours qu’il y avait 14 Flamands, pour 7 francophones, c’est un vrai problème", pointe un administrateur d’Elia.

Au sein du conseil d’administration, on n’explique cependant pas la volonté d’évincer Miriam Maes. "Elle a fait preuve d’un grand professionnalisme, dit un autre administrateur. L’épisode de l’éviction de l’ancien CEO, Jacques Vandermeiren, a laissé des traces mais je pensais qu’on n’en était plus là."