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On le sait, le feu social couve toujours chez Brussels Airlines. Après deux journées de grève dans le courant du mois de mai, qui ont coûté à la filiale belge de la Lufthansa près de 10 millions d’euros, de nouvelles actions sont toujours possibles durant ce mois de juin. Un préavis de grève couvre encore en effet d’éventuelles nouvelles actions des pilotes. Ces derniers exigent toujours de la direction une revalorisation de leurs salaires, de meilleures conditions de travail – notamment sur la question de l’équilibre entre vie professionnelle et privée – ainsi qu’une solution à la problématique de la fin de carrière.

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“Je ne comprends pas cette sortie”

Un agenda de négociation a été fixé entre les partenaires sociaux : il est en cours et s’étalera jusqu’au 11 juin. Après une très forte crispation il y a quelques semaines, l’heure semblait plutôt à la détente depuis quelques jours. Mais, depuis l’Australie, le grand patron de Lufthansa souhaite donc visiblement remettre un solide coup de pression sur les pilotes et les syndicats belges. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette sortie qui n’est pas vraiment du goût des organisations syndicales. “Je ne comprends pas cette sortie du patron de Lufthansa. A quoi cela sert-il de jeter ainsi de l’huile sur le feu maintenant alors que les choses étaient en train de s’apaiser même si tous les problèmes ne sont pas réglés”, explique Didier Lebbe, secrétaire permanent de la CNE. Et d’ajouter : “Il s’agit tout de même d’une attitude assez paternaliste qui consiste à dire : “les enfants, si vous n’êtes pas sages, vous n’aurez pas vos avions. C’est même dangereux de tenir un discours pareil quand on sait qu’une partie de la flotte long-courrier (NdlR : les A 330) va devoir être remplacée. Quid si Lufthansa refuse de remplacer ces avions ? Car d’une manière ou d’une autre, ils devront être remplacés car ces appareils sont devenus trop vieux”.

On peut donc se poser la question de savoir quel impact aura la sortie du patron de Lufthansa sur les négociations en cours. Après deux tentatives de conciliation sans succès, les discussions auraient évolué favorablement ces derniers jours. “Il y a eu des avancées”, confirme Didier Lebbe, sans vouloir entrer dans le détail.

Pour rappel, Etienne Davignon, président de Brussels Airlines, avait déjà laissé entendre dans les colonnes de “La Libre” sa volonté d’engager une trentaine de pilotes supplémentaires. Un engagement qui laisse Didier Lebbe plutôt sceptique : “Bonne chance… De nombreux pilotes sont en train de quitter la compagnie. Vous savez, l’annulation de vols de Brussels Airlines n’est pas simplement due à des problèmes techniques. Il est urgent de proposer des carrières plus attractives”.