Entreprise

Chaque jour, Lalibre.be et les éditions De Boeck vous proposent de découvrir un mot ou expression du dictionnaire "Pratique du commerce"

Mardi 12 juin: Teenagers

Les responsables de marketing attachent beaucoup d’importance à la distinction de leurs différentes « cibles » (clients potentiels). Les teenagers en sont une, et de choix.Ce terme vient de l’anglais : « teen » est la finale des nombres de 13 à 19 (thirteen à nineteen), et « age » signifie âge. Les teenagers désignent donc les jeunes âgés de 13 à 19 ans, soit les adolescents.

Les responsables de marketing distinguent clairement les teenagers des enfants, car ces deux classes d’âge ont des comportements différents. L’enfant ne dispose que de très peu d’argent à lui, et est généralement non-acheteur et non-payeur, mais seulement utilisateur. Il attache peu d’importance aux aspects sociaux de la consommation (classe sociale). Tandis que les teenagers disposent de sommes plus importantes. Ils sont davantage autonomes dans leurs actes d’achat et attachent en général beaucoup d’importance au comportement de leurs semblables (effets de mode, statut et classe sociale).

Les jeunes constituent une « cible » de choix pour les banques et les entreprises, qui s’intéressent de très près à leurs préférences de consommation.


Lundi 11 juin: Budget jeunes

Dans les pays riches, banques et entreprises sont soucieuses de courtiser les jeunes et les adolescents, car ceux-ci représentent à long terme d’importantes perspectives de bénéfices. Selon de récentes enquêtes, la quasi-totalité des jeunes dispose d’argent de poche. Le montant varie certes en fonction de l’âge. À cet argent, il faut ajouter les revenus propres issus d’éventuels petits travaux divers (baby-sitting, nettoyage de la voiture, jardinage, etc.) et le billet occasionnellement reçu des grands-parents. En déployant leur séduction, les banques ne lorgnent pas tant vers ces montants, somme toute dérisoires, mais vers la fidélisation à long terme du jeune client.

Ainsi, ces dernières années ont vu apparaître une offre bancaire calibrée dès le berceau. Des comptes d’épargne sont proposés pour les bébés et les jeunes enfants sur lesquels les membres adultes de la famille peuvent verser de l’argent. Dans certaines banques, les jeunes peuvent retirer eux-mêmes de l’argent dès l’âge de douze ans, mais avec l’accord de leurs parents. C’est à cet âge également que des courriers « personnalisés » commencent à leur être adressés pour leur proposer, par exemple, un « compte jeunes » en plus du compte d’épargne, et une carte de paiement avec porte-monnaie électronique… En principe, c’est à partir de 16 ans que les jeunes peuvent retirer seuls de l’argent de leur compte, si du moins leurs parents ne s’y opposent pas.

Mais il n’y a pas que les banques qui cherchent à séduire de nouveaux clients dès leur plus jeune âge. Depuis longtemps déjà, les entreprises savent que les enfants et les jeunes jouent un rôle important dans les choix de consommation de la famille. Surtout pour des dépenses telles que la nourriture, les loisirs et les vacances, voire pour l’achat de la voiture. Il suffit de regarder les publicités à la TV et de se demander pourquoi des enfants sont si souvent mis en scène. Enfin, une série de produits sont spécialement destinés aux jeunes : CD, DVD, baladeur, etc. Une manière de leur ouvrir les portes de la société de consommation. Et surtout, leur portefeuille.


Vendredi 8 juin: Union douanière

L’« union douanière » constitue une forme d’intégration économique plus poussée que la zone de libre-échange. En effet, elle consiste non seulement à supprimer les barrières douanières entre les pays membres (comme dans les zones de libre-échange) mais également à créer un tarif douanier extérieur commun par rapport au reste du monde. Le marché unique européen est bâti sur une union douanière.


Jeudi 7 juin: Espace économique européen

L’Espace économique européen (EEE) est en quelque sorte la conjonction de l’Union européenne et de l’Association européenne de libre-échange (ou du moins de ce qu’il en reste, à la suite de l’adhésion de l’Autriche, de la Suède et de la Finlande à l’UE en 1995).

Le traité sur l’EEE a été signé au printemps 1992 et est entré en vigueur le 1er janvier 1994. Cet espace constitue une zone économique intégrée, au sein de laquelle circulent librement les biens, les services et les capitaux. En font partie 30 pays : les vingt-sept pays membres de l’UE plus la Norvège, l’Islande, le Liechtenstein. La Suisse, toujours membre de l’AELE, a refusé par référendum de participer à l’EEE.


Mercredi 6 juin: Zone de libre-échange et OMC

En principe, la constitution de zones régionales de libre-échange est contraire aux règles énoncées par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). En effet, le principe fondamental de cette organisation est celui de la nation la plus favorisée (NPF) selon lequel le pays qui octroie à un autre pays un avantage commercial — tel que la suppression des droits de douane — doit généraliser cet avantage à tous les autres pays membres de l’OMC. En pratique, pour contourner cette contradiction, l’OMC autorise certaines exceptions à la clause NPF. Ce qui explique que les pays qui concluent un accord de libre-échange régional peuvent ne pas appliquer cet accord aux marchandises des pays tiers.


Mardi 5 juin: Zone de libre échange

Dans une économie de marché, la croissance et le développement économique se construisent notamment sur la base des échanges commerciaux. Les obstacles à ces échanges, tels que les droits de douane imposés par un pays sur ses importations ou les restrictions quantitatives (politique de quotas), peuvent réduire les flux du commerce international et être dès lors considérés comme des obstacles à la croissance.

Les zones de libre-échange sont, dans cette optique et dans le prolongement des idées d’Adam Smith, des regroupements régionaux de pays qui décident de supprimer entre eux les droits de douane et les restrictions quantitatives aux mouvements de marchandises. Il s’agit d’éradiquer toute forme de protectionnisme commercial, lequel est souvent accusé par les économistes standards de provoquer des distorsions de production et de consommation.

L’un des exemples les plus classiques de zone de libre-échange est l’Association européenne de libre-échange (AELE), fondée en 1959 par des pays qui n’étaient pas, à l’époque, membres de l’Union européenne (Royaume-Uni, Suède, Norvège, Danemark…). De nombreux autres exemples peuvent être cités : en Amérique du Nord, une Association de libre-échange nord-américain (ALENA, en anglais « NAFTA ») lie le Canada, le Mexique et les États-Unis ; en Asie, une Asean Free Trade Area (AFTA) a été décidée par l’Association des pays d’Asie du Sud-Est, etc. Le marché unique européen est lui-même bâti sur une zone de libre-échange, plus précisément une union douanière (lire ci-dessous), mais à laquelle sont adjointes des politiques communes — notamment une politique commerciale commune vis-à-vis des pays tiers, ce qui le distingue des zones de libre échange —, une intégration économique et une union monétaire. Ceci fait du marché unique bien plus qu’une simple zone de libre-échange.

L’émergence de ces zones apparaît comme une donnée essentielle du commerce international. Si l’abolition des frontières commerciales entre pays a pour objectif d’accroître les échanges, cela entraîne également une concurrence plus vive entre entreprises. Ce qui peut entraîner à son tour des restructurations, et se traduire par une pression accrue sur les systèmes de protection sociale des pays qui en font partie. C’est pourquoi l’objectif du libre-échange au niveau régional est souvent mis en cause par les organisations syndicales et par des groupes d’intérêt particuliers (par exemple, des producteurs directement menacés par l’ouverture du marché national à la concurrence étrangère).


Lundi 4 juin: Bien mal acquis

Selon un rapport de la Banque mondiale, les fonds volés par des dictateurs et leur entourage à leur propre pays représentent chaque année entre 20 et 40 milliards de dollars. Cet argent, parfois détourné ou tout simplement puisé dans la banque centrale de leur pays (en développement) circule ensuite notamment dans des pays européens (Royaume-Uni, Suisse...).

Pour la Banque mondiale, ainsi que pour l’Organisation des Nations unies (ONU), récupérer ces sommes représente un enjeu énorme, mais les difficultés sont nombreuses. En juin 2010, une conférence s’est tenue à Paris, intitulée « Pas de refuge pour les biens mal acquis : un forum global sur le recouvrement des avoirs et le développement » avec, au programme, les problèmes que posent les refuges dont bénéficient le produit de la corruption, le blanchiment des capitaux et les lacunes de la surveillance financière, et les moyens à mettre en œuvre pour empêcher que les pays en développement continuent d’être spoliés.


Vendredi 1er juin: Directive

Au niveau européen, une première directive (« loi ») sur le blanchiment des capitaux a été adoptée en 1991. Celle-ci avait pour but d’empêcher l’argent sale de pénétrer le système financier. Elle faisait notamment obligation aux établissements financiers et de crédit d’exiger une preuve d’identité de chaque client au début d’une relation commerciale (notamment lors de l’ouverture d’un compte ou de l’attribution d’un coffre-fort), lorsque le montant de l’opération dépassait 15 000 euros, ou lorsqu’ils soupçonnaient une opération de blanchiment.

L’Europe a souhaité renforcer l’efficacité de cette directive en étendant les contrôles à des activités et professions ne relevant pas du secteur des services financiers (contrôle des comptes, professions juridiques, agents immobiliers et casinos).

À cet effet, une nouvelle directive a été adoptée le 19 novembre 2001 par le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen. Celle-ci oblige notamment les États membres à combattre le blanchiment des produits générés par tous les délits graves. Une troisième directive a été adoptée en juin 2005, visant notamment à incorporer les 40 recommandations du Groupe d’action financière (GAFI). Depuis juin 2007, tout voyageur franchissant les frontières de l’UE avec une somme d’argent supérieure à 10 000 euros doit en faire la déclaration.

De même, une Convention du Conseil de l’Europe relative au blanchiment, au dépistage, à la saisie et à la confiscation des produits du crime et au financement du terrorisme, est entrée en vigueur en mai 2008.


Jeudi 31 mai: Europe judiciaire

Ce qu’on appelle l’Europe judiciaire recouvre les domaines policiers et judiciaires dans lesquels les États membres de l’Union européenne ont décidé de coopérer. Ces domaines sont principalement : la politique d’asile et d’immigration, la lutte contre le trafic de drogues et la fraude internationale, la lutte contre le terrorisme, la criminalité, le trafic d’armes, la traite d’êtres humains et les crimes contre les enfants. Ces domaines de coopération sont considérés par les États membres comme tellement « sensibles » que la collaboration n’y avance qu’à pas comptés.


Mercredi 30 mai: Blanchiment

Où va l’argent du trafic de la drogue ? Que devient le produit du crime organisé ? Que font de leurs profits les trafiquants de main-d’œuvre clandestine ? Au cœur même de l’économie « légale » se développent des réseaux de blanchiment de l’argent sale. Réseaux qui ont besoin d’établissements financiers, de services comptables, d’avocats, etc. pour prospérer.

L’argent sale est le produit de tout crime ou délit, c’est-à-dire le profit obtenu grâce à des activités criminelles. Cet argent « illégal » est injecté dans les circuits officiels de l’économie (investissements dans des sociétés, dans le secteur immobilier, etc.) via des intermédiaires financiers qui ont pignon sur rue. Il s’agit principalement de banques.

Les études réalisées régulièrement au niveau international estiment que le blanchiment d’argent représente chaque année entre 2 et 5 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. Soit, en 2009, entre 1 200 et 3 000 milliards de dollars (source : CTIF, Rapport 2009). Ainsi, si les mafias italiennes « ont conquis une place de premier rang dans la mondialisation, ce n’est pas seulement dans leur dimension criminelle, mais en s’appuyant sur leur système d’entreprises, sur leurs participations financières dans des sociétés et des établissements de crédit, et sur une extraordinaire capacité à faire circuler les capitaux (…). Les revenus annuels de ces trois mafias (‘Ndrangheta, Camorra et Cosa Nostra, ndla ) oscillent entre 120 et 180 milliards d’euros (…). Les bénéfices sont estimés à quelque 80 milliards d’euros, soit environ le PIB de la Roumanie. Seule une partie, environ 40 % à 50 %, est réinvestie dans les activités criminelles traditionnelles (drogue, armes, etc.), le reste entre dans l’économie légale sous les formes les plus diverses. En Espagne, par exemple, il a suffi d’investir dans le tourisme et dans l’immobilier pour blanchir l’argent sale. À tel point que la Costa del Sol a été rebaptisée la “Costa Nostra”. Et tout cela grâce au concours d’avocats, experts en droit international, de directeurs de banque, de fonctionnaires et de politiques » ( Le Monde, 24 septembre 2010). Les États tentent bien sûr de lutter contre cette situation, mais avec des moyens souvent dérisoires en comparaison de l’ampleur du problème. En Belgique, une loi du 11 janvier 1993 organise la lutte contre le blanchiment des capitaux. Elle couvre non seulement le produit d’activités telles que le crime organisé, le trafic d’armes, de drogues, etc. mais aussi la fraude fiscale grave et organisée, la corruption de fonctionnaires, l’escroquerie, le trafic d’organes, l’utilisation d’hormones dans l’élevage, etc. Une Cellule de traitement des informations financières (CTIF) est chargée d’assurer le relais entre la Justice et les organismes financiers.

Plusieurs pays européens sont des lieux de transit pour l’argent d’organisations criminelles étrangères. La lutte contre ce fléau doit donc s’organiser aussi au niveau européen, voire international. En octobre 1996, des magistrats européens ont lancé un appel, l’« Appel de Genève », pour améliorer la lutte internationale contre la délinquance financière. Selon eux, l’Europe judiciaire avait alors pris un énorme retard sur l’Europe économique. En juillet 1998, la Commission européenne a annoncé qu’elle allait proposer de renforcer l’efficacité de la lutte contre le blanchiment des capitaux. Son initiative a abouti à l’adoption, le 19 novembre 2001, d’une directive européenne (cf. page suivante), qui a été renforcée en 2005. Mais au-delà de ces initiatives utiles, la crise financière de 2008 a mis à l’avant-plan de l’actualité le rôle des paradis fiscaux, en particulier ceux dont le secret bancaire est jalousement protégé, et qui continuent d’être des refuges importants pour l’argent du crime.


Mardi 29 mai: Commission européenne

Institution centrale de l’Union européenne, la Commission européenne est qualifiée par certains d’« exécutif communautaire », la comparant à une sorte de gouvernement européen. En a-t-elle réellement les caractéristiques ? La Commission partage principalement son pouvoir avec deux autres institutions : le Parlement européen, représentant les peuples de l’Union, et le Conseil, qui représente les gouvernements des États membres. Quant à elle, elle est chargée d’incarner l’intérêt général de l’UE. Ses missions fondamentales sont d’être ce que d’aucuns appellent la « gardienne » des traités et l’initiatrice des politiques européennes. En vertu de son droit d’initiative, elle est en effet le « moteur » de l’Europe : c’est elle — et elle seule — qui propose les directives, les règlements et autres « lois » européennes au Conseil et au Parlement qui peuvent les amender et les adopter. Schématiquement, on pourrait dire : la Commission propose, le Conseil et le Parlement européen décident. Mais la Commission est aussi l’organe d’exécution de l’UE en exerçant les compétences qui lui sont conférées par le Conseil pour l’exécution des règles qu’il établit. Par ailleurs, elle joue un rôle sur la scène internationale, puisqu’elle est le porte-parole des États membres dans des enceintes internationales telles que l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces missions font d’elle la représentante des intérêts supranationaux de l’Union.

En ce qui concerne sa composition, la Commission est un collège rassemblant des « commissaires européens » choisis en principe en raison de leur compétence générale et offrant toutes garanties d’indépendance. Selon le traité, ceux-ci exercent leurs fonctions en pleine indépendance, dans l’intérêt général de l’Union. Les commissaires européens sont nommés pour une durée de cinq ans, renouvelable (depuis 1994, leur mandat est aligné sur celui des parlementaires européens). Ils sont nommés par les gouvernements des États membres avec l’approbation du Parlement européen. Seul le Parlement européen peut, en votant une motion de censure, provoquer la démission automatique de la Commission.

Si la Commission européenne ne possède pas les caractéristiques d’un vrai « gouvernement européen », son rôle est néanmoins central dans le fonctionnement de l’Union européenne. En particulier, son droit d’initiative et le fait qu’elle incarne l’intérêt général de l’UE doivent en faire le principal élément d’impulsion de la construction européenne.


Vendredi 25 mai: Pays limitrophes

En Belgique, un rapport du Bureau fédéral du Plan publié en avril 1998 conclut que « en ce qui concerne la délocalisation au sens strict – donc avec arrêt ou réduction de l’activité et/ou de l’emploi (ce qui n’implique pas toujours la fermeture) – […] le phénomène reste plutôt limité ».

Mais tout dépend des secteurs industriels : lorsque les écarts de coût salarial sont de l’ordre de 1 à 100 et que les moyens de communication, de livraison, d’information sont efficaces, les risques d’hémorragie d’emplois sont plus élevés. Le rapport constate que les entreprises belges s’orientent surtout vers les pays limitrophes, et la France ressort comme le pays d’investissement le plus important.

Les différences de coûts salariaux ne représentent que la troisième raison à l’origine des délocalisations, après la présence sur les marchés étrangers et les potentialités de croissance de l’entreprise.


Jeudi 24 mai: Délocalisations

Au sens strict, une délocalisation d’entreprise consiste à transférer d’un pays à un autre une ou plusieurs unités de production. En ce sens, il s’agit donc de fermer une entreprise et d’arrêter la production dans un pays pour en ouvrir une autre dans un autre pays, jugé plus « attractif ». Les raisons de ce genre de délocalisations peuvent être multiples : subsides octroyés par le nouveau pays d’accueil, fiscalité avantageuse, main-d’œuvre meilleur marché, etc. Mais dans tous les cas, il s’agit pour l’entreprise de rechercher un coût de production plus bas.

En France, la problématique des délocalisations et de leur impact sur l’emploi a défrayé la chronique lors de la présentation du rapport Arthuis (Jean Arthuis était alors sénateur), au début des années 1990. Celui-ci présentait ce phénomène comme étant l’une des principales sources de pertes d’emplois industriels. D’autres études ont cependant démontré que les secteurs menacés par des pertes d’emplois liées aux délocalisations sont assez peu nombreux.

Dans les débats, la notion de délocalisation a été élargie aux délocalisations d’expansion, c’est-à-dire à l’implantation d’une filiale d’une entreprise à l’étranger, mais sans arrêt de la production dans le pays d’origine ; et aux délocalisations de diversification qui visent à ouvrir une usine à l’étranger pour lancer un nouveau produit. Dans le cas d’un nouveau marché, il peut s’agir de rapprocher le lieu de production du lieu de consommation. Mais seules les délocalisations au sens strict peuvent être considérées comme des restructurations entraînant des licenciements collectifs. Le phénomène de délocalisations est étroitement lié à la division internationale du travail : les pays se spécialisent dans une production, se les répartissent et échangent entre eux leur production. Ainsi, au cours des années 2000, on a pu de manière caricaturale considérer que la Chine devenait l’atelier du monde, l’Inde le centre des services informatiques, le Brésil le grenier, etc. Mais l’argument des bas coûts salariaux dans les pays du Sud a quelque peu perdu de sa force car la contrepartie de ces bas coûts peut être une productivité plus faible, des infrastructures défaillantes, des problèmes de coordination, de sécurité des produits, voire d’instabilité politique. En réalité, chaque gouvernement tente d’attirer chez lui les investissements des grandes entreprises, en leur proposant des réductions fiscales, des aides d’État, etc. Cette concurrence, parfois fort peu loyale, encourage les délocalisations : même en Europe, les entreprises font du « shopping » aux aides d’État et choisissent à la carte les régimes fiscaux les plus attrayants. En 2004 et 2005, le débat sur les délocalisations en Europe s’est enflammé dans le prolongement notamment de l’adhésion à l’UE des pays d’Europe centrale et orientale, où les coûts de la main-d’œuvre, la fiscalité des entreprises, et les taux de syndicalisation étaient généralement plus faibles que dans les pays d’Europe occidentale. Toute la question était alors de choisir entre un processus de convergence entre pays (convergence économique et sociale), ou un processus de concurrence (fiscale, sociale, environnementale, etc.).


Mardi 22 mai: Service de proximité

Il existe, dans la population, une multitude de besoins qui ne sont pas — ou mal — satisfaits.

Par exemple, pour les personnes dépendantes (personnes âgées ou handicapées), des services d’aide à domicile, des services de soins, des activités sociales ; pour les ménages, des services de garde d’enfants, de portage à domicile ; ainsi que des services liés à l’animation des quartiers, à la sécurité dans les grandes villes, etc.

Ces services dits « de proximité » constituent un gisement d’emplois. En Belgique, deux systèmes ont été mis en place afin d’exploiter ce gisement d’emplois (et aussi de lutter contre le possible travail au noir dans ces secteurs) : les Agences locales pour l’emploi (ALE), et le systèmedes titres-services (ce dernier n’appartient que partiellement à l’économie sociale, car des agences d’intérim commerciales l’utilisent également).

L’objectif des entreprises de l’économie sociale est de fonctionner en vue de la satisfaction des membres, et non de la rentabilisation du capital.


Lundi 21 mai: Secteur associatif

L’une des familles de l’économie sociale est le secteur associatif.

Celui-ci comprend des milliers d’associations sans but lucratif actives dans le secteur social, dans la formation professionnelle, la culture, le tourisme, l’aide aux personnes handicapées, la protection de l’environnement, la coopération au développement, les activités sportives, etc.

Ce secteur est créateur d’emplois, mais il s’agit souvent d’emplois subsidiés, c’est-à-dire payés partiellement par les pouvoirs publics.


Mercredi 16 mai: Economie sociale

Les trois grands acteurs traditionnels de l’économie sont les ménages, les entreprises et l’État. Mais que penser alors de toutes les organisations qui ne sont pas des entreprises classiques mais jouent un rôle pourtant essentiel dans l’économie : les entreprises de travail adapté qui accueillent des travailleurs handicapés, les hôpitaux, les organisations non gouvernementales, les coopératives, les associations, etc. Il ne s’agit ni d’entreprises privées commerciales ni d’entreprises publiques. Où les classer ? Jusqu’il y a peu, les économistes ne s’intéressaient guère à cette réalité très hétéroclite. Depuis une vingtaine d’années, celle-ci est davantage prise en considération à travers deux notions : d’une part, celle de secteur non marchand qui s’est largement répandue dans l’opinion publique et dans le discours politique, d’autre part celle, plus récente, d’économie sociale.

La spécificité de ce secteur ne réside pas dans le type d’activités qui y sont menées, mais bien dans le fait que dans la plupart des cas, ses ressources ne proviennent pas principalement du marché — mais plutôt de cotisations, de dons, de subsides publics, etc. — et qu’il n’a pas pour objectif de réaliser des profits pour des personnes privées. En ce sens, le non-marchand recouvre deux grandes réalités historiques : le secteur public (administrations, services publics) et un secteur privé constitué par une large part de l’économie sociale (les organisations mutualistes et les associations) dont l’objectif est de fonctionner en vue de la satisfaction des membres et non de la rentabilisation du capital. Cet objectif est aussi celui des coopératives (du moins celles qui se réclament de l’idéal coopératif) qui sont, elles, des entreprises marchandes formant la troisième composante de l’économie sociale, aux côtés de la composante associative et de la composante mutualiste. Cette définition s’accompagne de critères éthiques que les entreprises d’économie sociale sont censées respecter. En Belgique, la Région wallonne a défini quatre critères de l’économie sociale :
• la finalité de service aux membres ou à la collectivité plutôt que du profit ;
• l’autonomie de gestion ;
• le processus de décision démocratique ;
• la primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition des revenus.

Longtemps ignorée, on prend aujourd’hui peu à peu conscience de l’importance de l’économie sociale tant pour sa contribution à la cohésion économique et sociale que pour les très nombreux emplois qu’elle contribue à créer.


Mardi 15 mai: Indice Boursier Européen

Avec l’achèvement de l’union économique et monétaire européenne, la question de la création d’un indice boursier spécifiquement européen a fait surface. Plusieurs « baromètres » se font concurrence afin de s’imposer comme « le » reflet de la vie des sociétés européennes. Ainsi le STOXX, lancé en février 1998 par l’américain Dow Jones retrace l’évolution de 50 actions de la zone euro (DJ Euro Stoxx 50 : Daimler AG, France Télécom, Société Générale, Bayer, L’Oréal, etc.).

Les évolutions des indices boursiers sont généralement suivies à la loupe, car elles expriment la santé économique des entreprises.


Lundi 14 mai: Indice composite

Il existe de nombreux indices internationaux, mais il peut également exister plusieurs indices dans un même pays : un pour la Bourse en général, un autre pour les valeurs industrielles, un troisième pour les mines d’or, etc.

Un indice composite est un indice qui combine plusieurs approches. La comparaison des indices permet alors de confronter les différents secteurs.


Vendredi 11 mai: Option sur indices

Tout comme sur le marché des changes, il existe des produits dérivés qui permettent à des gestionnaires de portefeuilles d’actifs de s’assurer contre les aléas de la Bourse. Des « options sur indices boursiers » et des « contrats à terme sur indices boursiers » permettent de verrouiller, au bénéfice du gestionnaire et à un niveau convenu, l’évolution de l’indice sur des périodes couvrant plusieurs mois.


Jeudi 10 mai: Indice boursier

Comment évaluer au cours d’une période donnée l’évolution du cours de la Bourse (c’est-à-dire le rapport entre acheteurs et vendeurs de titres financiers) ? La tâche est ardue : le prix des actions et les volumes des transactions évoluent chaque jour.

Pourtant, les intervenants sur les marchés financiers ont besoin d’une information synthétique leur permettant de suivre l’évolution générale des cours. C’est pour répondre à ce besoin qu’il existe des indices boursiers. Ceux-ci ont pour objet de refléter la tendance générale des cours de la Bourse, dont ils sont en quelque sorte le baromètre. Ils sont constitués de la moyenne pondérée du cours de certaines valeurs importantes. Le calcul des indices boursiers permet donc de suivre l’évolution, la rentabilité et les performances des actifs financiers. Il s’agit d’outils de gestion qui donnent des indications sur l’état de santé des entreprises et sur le niveau de confiance que leur font les épargnants.

À la Bourse de New York, l’indice de référence est le Dow Jones, créé le 26 mai 1896 par messieurs Dow et Jones. Il reflétait, à l’origine, l’état de santé de douze entreprises américaines. Aujourd’hui, il reflète le cours des actions des 30 plus grandes sociétés : de McDonald’s à Coca-Cola en passant par IBM, General Motor, etc. Chaque place boursière possède son propre indicateur : Footsie à la Bourse de Londres, Nikkei à Tokyo, Dax à Francfort, CAC 40 à Paris (Cotation assistée en continu), BEL 20 à Bruxelles, etc.

Les évolutions des indices boursiers sont généralement suivies à la loupe car elles expriment la santé économique des entreprises. Ou à tout le moins la confiance que leur font les investisseurs. Force est en effet de reconnaître que les évolutions de ces indices échappent plus souvent qu’à leur tour à l’analyse purement rationnelle. Les fluctuations boursières, amples et parfois incohérentes, peuvent en effet être autant liées à des informations économiques (santé des entreprises, évolution des taux d’intérêt, de l’inflation, niveau de l’emploi, politique fiscale) que politiques (élections nationales, crises diplomatiques, guerres, etc.) ou même à des comportements irrationnels et moutonniers, voire à des effets de mode (par exemple, l’engouement excessif, au début de ce siècle, pour les titres des entreprises actives dans les technologies de l’information et des communications — internet, etc.). Au niveau de l’entreprise également, force est de reconnaître que le cours ne reflète pas en permanence la valeur « réelle » d’une société. L’annonce d’un plan de licenciement, l’augmentation du chiffre d’affaires, les perspectives de concurrence accrue peuvent faire fluctuer dans des proportions parfois considérables le cours d’une firme. En résumé, tous les facteurs qui peuvent influer sur l’offre ou la demande de valeurs telles que les actions sont susceptibles de faire fluctuer son cours. Et ces facteurs sont très nombreux.


Mardi 8 mai: Marché des changes

Pour régler leurs transactions internationales, les acteurs économiques des différents pays du monde doivent se procurer des devises, c’est-à-dire des monnaies étrangères.

Le « marché des changes » regroupe l’ensemble des opérations d’offre et de demande de moyens de règlement établis en devises. C’est cette rencontre entre offre et demande qui fixe le cours des monnaies étrangères.


Lundi 7 mai: Crise asiatique

À la fin des années 1990, c’est au départ de mouvements spéculatifs que l’économie des pays asiatiques a été mise à mal.

Les gestionnaires de fonds qui possédaient dans leurs portefeuilles d’actifs monétaires des bahts thaïlandais ont commencé, au printemps 1997, à perdre confiance dans l’économie de ce pays.

Ils ont alors massivement revendu cette devise, ce qui a entraîné une dévaluation — le baht s’effondre par rapport aux autres monnaies. L’effet s’est ensuite produit sur les monnaies des pays voisins et c’est finalement presque toutes les devises asiatiques qui ont été désertées. Ce seront ensuite celles de la Russie et de certains pays d’Amérique latine.

Les conséquences, en termes économiques et sociaux, sont dramatiques : faillites d’entreprises, chômage, pauvreté, etc.


Vendredi 4 mai: Spéculation

La spéculation consiste à acheter ou à vendre un actif financier ou un bien matériel en faisant le pari que le prix de cet actif ou de ce bien va augmenter ou diminuer — le spéculateur parvenant à tirer profit de cette variation via différentes techniques. La meilleure manière de comprendre la spéculation est sans doute de l’aborder par un exemple. Imaginons la spéculation sur le blé. En été, lors de la récolte, le blé est abondant. En hiver, en revanche, sa production est interrompue et, en économie fermée, il risque donc de manquer. Selon la loi de l’offre et de la demande, le blé sera bon marché en été (puisqu’il y en a en suffisance). Mais son prix augmentera en hiver, car la demande sera plus importante que l’offre. Le spéculateur est celui qui tentera de réaliser un profit en achetant de grandes quantités de blé en été, en le stockant et en le revendant en hiver, lorsque son prix sera plus élevé. La spéculation consiste donc à croire que quelqu’un m’achètera quelque chose plus cher que je ne l’ai acheté — il est aussi possible de spéculer à la baisse (lire ci-dessous). Afin de réaliser des profits, le spéculateur joue sur toutes les formes de détention de la richesse : actions et obligations, monnaies, actifs réels (tableaux de maître, biens immobiliers, objets de collection, etc.).

En principe, l’objectif premier de la spéculation n’est pas de réaliser des profits, mais de couvrir un risque. Par exemple : un producteur convient avec un acheteur de lui vendre en dollar sa récolte à une échéance de quatre mois. Une chute du dollar dans cet intervalle pourrait lui coûter cher. Le producteur, pour se prémunir de ce risque, peut vendre à terme des dollars sur le marché des changes à un spéculateur, lequel à l’inverse les achète à terme en pariant sur une hausse de la devise. Il s’agit donc d’un transfert de risque. Toutefois, la place de la spéculation sur les marchés s’est hypertrophiée depuis les années 1990.

La spéculation boursière consiste à acheter des actions parce qu’on pense qu’elles vont augmenter de valeur, dans le but de les revendre ensuite. Dans le monde de la Bourse et de la spéculation, l’information — ou la rumeur — sur la santé des entreprises joue donc un rôle primordial. La spéculation monétaire consiste quant à elle à « jouer » sur la fluctuation des monnaies. Il s’agit par exemple d’acquérir la monnaie dont on prévoit l’appréciation. Ou, dans l’autre sens, de se débarrasser de la monnaie dont on anticipe la dépréciation. Sur les marchés financiers, il est également possible de spéculer à la baisse. Il s’agit de la technique de shorting ou, plus exactement, de naked short selling, sur des produits financiers que l’on ne possède pas en propre. Il s’agit d’emprunter un produit financier, de le vendre, d’attendre la chute de son prix, de le racheter (moins cher), et de le restituer à son propriétaire (en empochant la différence). Cette technique spéculative a été provisoirement interdite dans certains pays occidentaux dans le prolongement de la crise financière de 2008.

La spéculation, lorsqu’elle devient massive, peut mettre en péril l’économie d’un pays ou d’une région. Pour certains, le spéculateur est un parasite. Pour d’autres, il joue un rôle d’équilibre, de régulation du marché. Mais l’importante source d’instabilité économique qu’il est devenu a amené certains économistes à soutenir l’idée d’une taxe sur les mouvements spéculatifs. Une taxe imaginée dès les années 1970 par un économiste américain : James Tobin.


Jeudi 3 mai : Crise ou croissance

Un pays est dit en récession économique lorsque, d’une année à l’autre, il produit moins de richesse nationale. Son produit intérieur brut, exprimé en pourcentage par rapport à l’année précédente, est alors négatif, ce qui exprime une contraction de l’économie. En revanche, si le PIB est en progression, le pays est en croissance économique (voir : Crise-croissance).


Mercredi 2 mai: Dépense nationale

Enfin, il existe une troisième manière d’évaluer l’activité économique d’un pays : les dépenses nationales. Tout comme pour les revenus, il s’agit d’additionner les dépenses effectuées par les agents économiques. Pour les ménages, ce sont cette fois les dépenses de consommation, pour les entreprises, l’investissement (ou « formation brute de capital »), pour l’État, l’investissement et la consommation publics. À ce calcul s’ajoute le montant des exportations nettes (exportations moins importations). Le revenu national donne une indication de l’affectation du produit national.


Lundi 30 avril : Revenu National

Le revenu national est une autre manière d’évaluer la richesse d’un pays. Celle-ci consiste à additionner les revenus perçus par les ménages, par les entreprises et par l’État. Les revenus des ménages sont les rémunérations du travail et les rémunérations du capital (intérêts, loyers, etc.). Ceux des entreprises sont les bénéfices et l’épargne. Et les revenus de l’État sont liés notamment aux dividendes issus de participations dans les entreprises.

L’addition de ces revenus représente le revenu national. Il permet d’évaluer la répartition entre agents économiques du produit national. Tout comme le PNB, le calcul du revenu national ne donne qu’une très faible idée du niveau de bien-être d’une population.


Jeudi 26 avril : Produit national brut (PNB)

Pour mesurer l’activité économique d’un pays, on prend en compte la situation des trois grands acteurs économiques que sont les ménages, les entreprises et l’État. Trois méthodes d’évaluation de leurs richesses sont possibles : l’évaluation par la production (quelles sont les richesses qui ont été produites par ces acteurs pendant un an ?), l’évaluation par le revenu (quels ont été les revenus de ces différents acteurs ?), et l’évaluation par la dépense (comment les revenus ont-ils été affectés ?). Ces trois méthodes aboutissent au calcul d’« agrégats » tels que le produit national brut et le revenu national qui mesurent l’activité du pays, et donc son niveau de richesse (et l’évolution de ce niveau, d’année en année). C’est à l’aide de ces agrégats que l’on tient la comptabilité nationale, en sachant que ces calculs sont imparfaits car ils ne peuvent mesurer toutes les activités, telles que par exemple le travail au noir.

Le produit national brut (PNB) est l’agrégat sans doute le plus connu. Il représente la valeur de l’ensemble des biens et services produits par un pays pendant un an, exprimée en monnaie. Les chiffres du PNB tiennent compte de toutes les entreprises nationales, qu’elles soient ou non situées sur le territoire du pays considéré. Si l’on retire de ce chiffre les entreprises du pays établies à l’étranger et que l’on tient compte des entreprises étrangères situées sur le territoire national, on obtient le produit intérieur brut (PIB). Ce dernier représente l’ensemble des richesses produites « à l’intérieur » du territoire.

Le calcul du PNB ou du PIB est-il vraiment un bon indicateur de la richesse d’un pays ? Non, car cette richesse n’est pas toujours synonyme d’amélioration du bien-être de la population. Un effort de guerre, par exemple, fait augmenter le PNB, ou plus simplement un accident de la route (car il entraîne des frais de réparation des véhicules, d’éventuels frais d’hospitalisation, etc.) (lire à ce sujet : Indicateur de développement humain).

Dans les discours politiques et économiques, la « croissance économique » — c’est-à-dire la croissance du PNB ou du PIB — est la plupart du temps présentée comme l’objectif ultime de nos sociétés. Certains ont cependant tenté de démontrer d’une part qu’une croissance continue est incompatible avec la finitude des ressources (énergie, matières premières, etc.) ; d’autre part, qu’au-delà d’un certain seuil de richesses, le niveau de bien-être de la population ne croît plus avec la croissance du PIB.


Mercredi 25 avril : OPA et spéculation

Lorsqu’une offre publique d’achat est lancée, le cours de l’action de l’entreprise visée s’envole généralement. Les perspectives de plus-values des actionnaires sont en effet soudainement revues à la hausse. C’est pourquoi les entreprises susceptibles de faire l’objet d’une OPA sont en général très recherchées par les gestionnaires de portefeuille.


Mardi 24 avril:Offre publique d’échange

Les offres publiques d’échange (OPE) sont semblables aux offres publiques d’achat, à l’exception du fait qu’au lieu de proposer aux actionnaires de payer en cash le rachat de leurs actions, l’OPE les paie en actions d’une autre société. Il s’agit donc d’un échange de titres, mais dont les objectifs sont les mêmes : la prise de contrôle de l’entreprise cible.


Lundi 23 avril : Offre publique d’achat

L’offre publique d’achat, OPA, est une technique de prise de contrôle d’une entreprise cotée en Bourse par une autre. Elle consiste à proposer aux actionnaires de l’entreprise cible de racheter leurs actions durant une période déterminée. Et, pour les convaincre, l’offre de rachat se fait à un prix supérieur au cours de la Bourse. En cas de réussite de l’OPA, la société qui a lancé l’offre devient actionnaire principal de la société visée.

On dit des OPA qu’elles sont amicales lorsque la société cible accepte d’être rachetée. Elles sont inamicales lorsque la « victime » refuse le contrôle et organise la riposte. On assiste alors généralement à une lutte sans merci, souvent très médiatique, entre les dirigeants de l’entreprise cible et les acteurs de l’OPA. La riposte peut prendre différentes formes. L’entreprise peut se mettre à la recherche d’une société alliée qui organisera la défense (« chevalier blanc ») et lancera elle-même une offre à un prix supérieur à celui de l’OPA initiale. Autre tactique : la « pilule empoisonnée », qui consiste à offrir aux actionnaires à des prix très intéressants des options sur actions — ou warrants —, c’est-à-dire des certificats donnant à leurs détenteurs le droit d’acheter des actions supplémentaires à un prix fixé d’avance et pendant une période donnée. L’objectif est que, une fois la prise de contrôle effectuée, ceux-ci puissent exercer leurs options, ce qui augmente le capital de l’entreprise et dilue du même coup le pouvoir de l’actionnaire nouvellement majoritaire. Les chefs d’entreprise redoutent généralement les offres publiques d’achat car elles remettent en question la structure de l’actionnariat. La technique de l’OPA est depuis longtemps fort répandue dans des pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, où elle est utilisée comme méthode de fusion et de concentration industrielle. Elle y est également vue comme un moyen de défendre les intérêts des actionnaires par rapport à une gestion de l’entreprise qui serait considérée comme n’étant pas optimale (une entreprise mal gérée est en effet susceptible d’être la cible d’une OPA dans le but de la rendre plus performante et donc d’augmenter ses profits).

Cette technique n’a fait son apparition dans les pays d’Europe continentale que plus tardivement (fin des années 1960 en France). Les OPA sont soumises à une réglementation et sont contrôlées par des organismes tels que l’Autorité des marchés financiers en France ou la Commission bancaire, financière et des assurances en Belgique. L’objectif est d’éviter que ce genre d’opérations ne soit guidé que par des intérêts spéculatifs et de protéger l’intérêt des petits actionnaires. Depuis quelques années, se développent de plus en plus des activités de private equity sur le marché des fusions et acquisitions d’entreprises (voir : Fusions d’entreprises > Private equity).


Vendredi 20 avril : Libéralisation (équitable) du commerce

Signe des difficultés à construire une "mondialisation équitable", les négociations visant à franchir une nouvelle étape dans la libéralisation du commerce mondial piétinent depuis 2001.

Un cycle de négociations internationales a en effet été lancé à Doha (Quatar), fin 2001, dans le cadre de l’OMC (voir : Organisation mondiale du commerce).

Mais ces négociations butent sur de nombreux désaccords, en particulier sur la question de la libéralisation du commerce agricole.

Selon le directeur général de l’OMC, M. Pascal Lamy, "la mondialisation provoque des réactions identitaires, modelées par l’idée qu’on a de l’avenir. Les pays les plus pro-mondialisation sont les plus pauvres. Les plus optimistes. Les Européens sont les plus pessimistes : ils ont le modèle social de loin le meilleur" (Le Monde, 25 juin 2010). Les Européens craignent selon lui de devoir réduire leur modèle social à cause de la mondialisation.


Jeudi 19 avril : Mondialisation

La mondialisation correspond à trois types d’internationalisation : celle des flux commerciaux, celle des flux d’investissements, et celle des réseaux de production.

L’accroissement des échanges commerciaux internationaux de biens et de services est continu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. On peut d’ailleurs considérer que le commerce mondial s’accroît sans discontinuer depuis deux ou trois siècles, avec une période de marche arrière durant l’entre-deux-guerres. Comme c’est régulièrement le cas depuis des années, on constate que les exportations de marchandises augmentent plus vite que la production mondiale, ce qui traduit bien l’expansion du commerce.

Plusieurs éléments peuvent expliquer cette mondialisation. Il y a tout d’abord le comportement des entreprises. Celles-ci ont parmi leurs objectifs celui de maximiser leurs profits. Elles sont dès lors sans cesse à la recherche de nouveaux marchés, de nouveaux débouchés pour leurs produits, et se développent naturellement au-delà des frontières. Pour permettre ce développement, les États s’engagent, au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à réduire les obstacles aux échanges, c’est-à-dire à réduire les droits de douane qui frappent les importations, à supprimer les restrictions quantitatives — ou quotas —, à faciliter l’accès aux marchés, etc. Un autre élément contribue à la mondialisation : le développement des nouvelles technologies, qui permettent d’améliorer les transports, la circulation de l’information, de l’argent, etc. Enfin, cette mondialisation est liée à la notion de division internationale du travail. Une notion par laquelle chaque pays ne produit pas la même chose que les autres, mais tente d’exploiter ses propres avantages comparatifs. Très caricaturalement, certains ont pu dire qu’aujourd’hui, la Chine était devenue l’atelier du monde, l’Inde le centre de services informatiques et comptables, l’Afrique le centre de ressources minières, etc. Dans un tel schéma, chaque pays et chaque région du monde sont interdépendants, ce qui contribue aussi à la mondialisation.

Cette mondialisation n’est cependant un processus ni homogène ni linéaire. Il peut connaître des moments de stagnation voire de recul, par exemple à l’occasion des grandes crises économiques lors desquelles les États ont tendance à vouloir préserver leur économie de la concurrence étrangère (ce que les économistes appellent le « protectionnisme » et qui consiste à mener des politiques visant à réduire les importations, à subventionner les entreprises nationales au détriment des entreprises étrangères, à décourager les investisseurs étrangers, etc.).

Bien que cette mondialisation s’opère sous la houlette des grandes institutions internationales créées après la Seconde Guerre mondiale (en particulier l’Organisation mondiale du commerce — OMC —, successeur du GATT, mais aussi le G20), il est généralement reconnu qu’elle connaît un important déficit de gouvernance. Citons, par exemple, les difficultés rencontrées dans les enceintes internationales pour affronter les grands enjeux internationaux que sont la régulation financière, la lutte contre le réchauffement climatique, la lutte contre les paradis fiscaux et la grande fraude financière internationale, le respect des droits sociaux des travailleurs dans le monde, la lutte contre les inégalités, etc.


Mercredi 18 avril : Agrégats

On évalue la richesse d’un pays, ou l’évolution de son économie, à l’aide de grands « agrégats » tels que le produit intérieur brut (PIB).

Ces agrégats donnent une image plus ou moins précise de l’activité économique. Plusieurs méthodes de calcul sont possibles.

Ainsi, l’évaluation des richesses nationales peut s’effectuer sur la base de la production, du revenu ou de la dépense.

C’est à l’aide de ces agrégats que l’on tient la comptabilité nationale (voir : « Produit national brut »).


Mardi 17 avril : Agents économiques

L’économiste distingue généralement quatre grands types d’"agents économiques" : l’entreprise (qui produit), le ménage (qui travaille, perçoit des revenus et consomme des biens et des services), l’État (qui encadre à des degrés divers l’économie nationale), et le reste du monde (qui importe et exporte des produits et services en tant que partenaire — ou concurrent — commercial).


Lundi 16 avril : Macroéconomie/microéconomie

Il existe plusieurs manières d’expliquer le fonctionnement de l’économie. Pour comprendre les lois qui régissent ce fonctionnement, on distingue généralement microéconomie et macroéconomie.

La microéconomie est née à la fin du XIXe siècle. L’objectif de ses théoriciens était d’analyser le plus minutieusement possible les comportements des « agents économiques » que sont les entreprises et les ménages. Qu’est-ce qui détermine les choix de consommation d’un ménage, comment réagit-il à une augmentation ou une diminution des prix, quels sont les facteurs susceptibles d’influencer le niveau de son épargne, etc. Il en va de même pour les entreprises : quels sont les déterminants dans les décisions d’investissement, dans le choix des facteurs de production, etc. L’analyse microéconomique se fonde sur des hypothèses telles que la recherche par les agents de leur intérêt maximum et l’existence d’une concurrence parfaite. À partir de cette analyse, les théoriciens tentent de dégager des lois fondamentales du fonctionnement de l’économie dans l’espoir d’arriver ensuite à reconstruire un modèle global permettant d’expliquer l’économie dans son ensemble. Ils se centrent principalement sur la formation des prix et sur le fonctionnement des marchés.

La macroéconomie s’intéresse moins aux comportements des agents économiques qu’aux grands agrégats : inflation, croissance, taux de change, consommation, intérêt, mais aussi cours de la Bourse, chômage… Elle analyse les interactions entre ces différents éléments et tente d’en tirer des conclusions de politique économique : quelles sont les implications d’une variation des taux d’intérêt sur l’économie d’un pays ? D’où proviennent les fluctuations cycliques de l’activité économique ? Etc. La macroéconomie a connu son véritable point de départ dans un ouvrage de l’économiste Keynes publié en 1936 (durant la Grande Crise) intitulé Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (voir : « Keynes »). Du fait de ces origines, elle a souvent été associée à l’idée de l’intervention de l’État dans la régulation de l’économie et des mécanismes du marché. En réalité, la macroéconomie est l’analyse de la somme de milliers de comportements individuels régis par des principes microéconomiques. C’est pourquoi macroéconomie et microéconomie ne s’opposent pas mais se complètent.


Vendredi 13 avril : Déficit commercial

Le déficit commercial d’un pays signifie que ce pays importe plus de biens et de services qu’il n’en exporte.

Si le pays en exporte plus qu’il en importe, on parle d’excédent commercial. Le solde de la balance commerciale d’un pays est la différence entre les valeurs des exportations et des importations.

Les déficits commerciaux peuvent refléter les problèmes économiques d’un pays : par exemple la faiblesse de l’industrie, la sur-évaluation de la monnaie, le manque de compétitivité.

Mais les excédents commerciaux peuvent aussi être le signe de problèmes, tels que la sous-consommation intérieure.


Jeudi 12 avril : Bon ou mauvais déficits ?

Existe-t-il de « bons » et de « mauvais » déficits budgétaires ? La question mérite d’être soulevée tant il est vrai que certains déficits, tels que les investissements publics d’infrastructure, peuvent avoir pour effet d’accroître, par une injection d’argent frais dans l’économie nationale, le revenu des ménages et des entreprises (c’est-à-dire de favoriser la croissance économique). Mais encore faut-il que l’argent ainsi injecté par les pouvoirs publics ne profite pas prioritairement aux importations, ce qui relancerait assurément la croissance… des partenaires commerciaux. L’idée de différencier les bons et les mauvais déficits (ceux qui favorisent la croissance et ceux qui ne sont « que » consacrés aux dépenses de fonctionnement des pouvoirs publics) a été lancée dans le cadre de l’Union européenne : certains acteurs politiques estimaient en effet que les investissements publics ne devaient pas être pris en compte dans l’évaluation des déficits budgétaires des États (dans le cadre du respect des fameux critères de Maastricht). Ce débat, assez complexe, a abouti à un certain assouplissement du « Pacte de stabilité et de croissance », décidé en mars 2005.


Mercredi 11 avril : Déficit budgétaire

Comment l’État gagne-t-il son argent, et à quoi le dépense-t-il ? Les recettes de l’État proviennent principalement de la fiscalité (impôts et taxes). S’y ajoutent des recettes non fiscales, issues par exemple de la vente de biens qui lui appartiennent. Avec cet argent, l’État doit faire face aux dépenses qui lui incombent : la défense nationale, la justice, le maintien de l’ordre, la sécurité sociale, la politique étrangère, etc. À cela, il faut ajouter le paiement des charges d’intérêt de la dette publique. Enfin, dans un État fédéral comme la Belgique, le pouvoir central doit restituer une partie de ses recettes aux Régions et aux Communautés (ainsi d’ailleurs qu’à l’Union européenne) qui ont à gérer des compétences telles que l’enseignement, la formation, la santé, l’aménagement du territoire, l’aide aux entreprises, les travaux publics, l’agriculture, etc. Les États doivent donc gérer un budget qui est fonction de leurs revenus et de leurs dépenses.

Ce qu’on appelle l’épargne publique est égal aux revenus moins la consommation. Si, lors d’une année donnée, les revenus de l’État sont inférieurs à sa consommation, son épargne publique sera négative. C’est la définition du déficit budgétaire : des charges supérieures aux ressources. Lorsqu’un État est en déficit, il doit trouver des sources de financement supplémentaires pour combler ce déficit. Ces sources sont principalement l’emprunt auprès des particuliers, des banques ou des institutions financières par l’émission de « bons du Trésor », obligations — ou emprunts — d’État. L’ensemble de ces emprunts, qu’il faut rembourser à plus ou moins longue échéance avec intérêt, constitue la dette publique. Chaque année, lors de la constitution du budget, le gouvernement doit donc prévoir le remboursement d’une partie de la dette et de ses intérêts.

Durant les années 1980, il ne fut pas rare de voir en Europe des déficits budgétaires nationaux atteindre 10 % voire 12 % du produit intérieur brut (PIB). Et cela, principalement en raison de la crise économique, du ralentissement de la progression des recettes fiscales et de l’augmentation des dépenses sociales (notamment chômage). Au début des années 1990, les pays européens se sont engagés dans un processus de discipline et de convergence destiné à préparer la monnaie unique européenne (l’euro). À cette fin, ils se sont engagés, via un « Pacte de stabilité et de croissance » à réduire leurs déficits publics à maximum 3 % de leur produit intérieur brut, et leur dette publique à 60 % du PIB.

Mais alors qu’ils commençaient à y parvenir, la crise financière et économique de 2008- 2009 a entraîné presque tous les États européens à s’endetter fortement afin de soutenir l’industrie bancaire et financière et de relancer l’économie pour éviter une grande récession. Les déficits budgétaires sont remontés dans certains pays au-delà de 10 % du PIB (de l’ordre de 5,7 % en Belgique en 2010), ce qui a provoqué, à partir du printemps 2010, une crise de la dette souveraine en Europe. Des pays comme la Grèce, très fortement endettés, ne parvenaient plus que très difficilement à financer leurs déficits (à trouver des acheteurs pour leurs obligations d’État), car les marchés financiers, craignant que ces États ne fassent défaut, exigeaient des primes de risque (taux de rendement) très élevées. Il a donc fallu que tous les pays de la zone euro s’engagent publiquement à soutenir la Grèce, et tout autre pays qui serait mis en difficulté, afin de mettre un terme (provisoire ?) à cette crise de la dette souveraine en « rassurant » les marchés financiers.


Mardi 10 avril : Directoire

Le Directoire, autre organe de décision, met en œuvre la politique monétaire conformément aux orientations et aux décisions arrêtées par le Conseil des gouverneurs. Il est responsable de la gestion courante de la BCE. Dans ce cadre, le Directoire donne les instructions nécessaires aux Banques centrales nationales. Le Directoire se compose d’un président, d’un vice-président et de quatre autres membres, nommés par les gouvernements des États membres.


Jeudi 5 avril : Conseil des gouverneurs

Le Conseil des gouverneurs est l’un des organes de décision de la BCE. Il se réunit au moins dix fois par an, arrête les orientations et prend les décisions nécessaires à l’accomplissement des missions confiées au Système européen de banques centrales (SEBC).

Il définit la politique monétaire de la zone euro, y compris, le cas échéant, les décisions concernant les objectifs monétaires intermédiaires, les taux directeurs et l’approvisionnement en réserves dans le SEBC. Le Conseil des gouverneurs de la BCE se compose des membres du directoire de la BCE (voir ci-dessous) et des gouverneurs des Banques centrales nationales des États membres qui participent à la zone euro.


Mercredi 4 avril : Zone monétaire optimale ?

Les décisions de la Banque centrale européenne concernant les taux d’intérêt ne font et ne feront pas toujours l’unanimité parmi les gouvernements de la zone euro. Ceux-ci connaissent des cycles économiques différents et lorsque, par exemple, l’économie française aurait besoin de taux bas pour se doper, l’économie espagnole pourrait avoir besoin de taux hauts pour freiner l’inflation…

En ce sens, la zone euro n’est pas une « zone monétaire optimale ». Comment prendre une décision unique qui convienne à tout le monde ? D’une certaine façon, la BCE est condamnée à voir ses décisions critiquées par une partie des États de la zone euro. À moins d’assister à un renforcement de la coordination des politiques économiques de ces États afin de parvenir à une plus grande homogénéisation des économies concernées.


Mardi 3 avril : Banque centrale européenne

En même temps que l’euro est née la Banque centrale européenne (BCE). Depuis l’entrée en vigueur de l’union économique et monétaire, les pays de l’Union européenne (UE) qui se partagent l’euro se partagent également une politique monétaire unique. Cela signifie qu’il n’est plus possible pour l’un des pays membres de la zone euro de décider seul par exemple de changer le cours de sa monnaie — comme la Belgique l’avait fait avec le franc belge pour la dernière fois en 1982. Depuis 1999, c’est la Banque centrale européenne et elle seule qui met en œuvre la politique monétaire de la zone euro. Installée à Francfort (Allemagne), sa mission est de définir cette politique, de conduire les opérations de change, de détenir les réserves officielles de change des États, et enfin de promouvoir le bon fonctionnement des systèmes de paiement. Tout cela, elle doit le réaliser en totale indépendance par rapport aux gouvernements, en ne poursuivant qu’un seul objectif : celui qui lui a été assigné par le traité de Maastricht, c’est-à-dire le maintien de la stabilité des prix dans la zone euro et la lutte contre l’inflation. Les instruments principaux dont elle dispose à cette fin sont les conditions de financement de l’économie (c’est elle qui fixe le niveau des taux d’intérêt, l’encadrement du crédit, etc.). Du fait que l’inflation — c’est-à-dire la hausse généralisée des prix — apparaît lorsqu’il y a trop d’argent en circulation par rapport à la situation économique, la BCE doit veiller à ce que la masse monétaire de la zone euro ne soit pas plus importante que ce dont l’économie européenne a besoin. C’est aussi elle qui définit le niveau des taux d’intérêt. Elle peut décider d’augmenter ou de diminuer ce taux. L’effet sur l’économie est très important : si elle augmente le taux, les chefs d’entreprise hésiteront à emprunter de l’argent pour, par exemple, construire de nouvelles usines ou acheter des machines. De même, il sera plus difficile pour un ménage de s’acheter une maison ou une voiture à crédit. L’économie va donc en principe ralentir. En revanche, si les taux d’intérêt diminuent, il peut devenir intéressant d’emprunter de l’argent pour faire des investissements. Du coup, la croissance économique devrait en principe s’accélérer.

En 2010, suite à la crise financière de 2008-2009, plusieurs pays européens ont connu une grave crise de la dette publique (notamment la Grèce). Les marchés financiers ont perdu confiance dans la capacité de ces pays à faire face à leurs besoins de financement ; ils ne souhaitaient plus acheter des titres de la dette publique de ces pays, ou alors en exigeant un très haut taux d’intérêt. C’est dans ce contexte que la BCE a décidé de mettre en œuvre de nouvelles pratiques consistant à venir en aide à ces pays en se présentant sur les marchés comme « acheteur en dernier recours » de leur dette publique et privée. Au printemps 2010, la BCE a, pour la première fois de son histoire, racheté des obligations d’un État membre (la Grèce) sur le marché secondaire (c’est-à dire le marché sur lequel sont échangés des titres financiers déjà créés sur le marché primaire). Ces pratiques, critiquées par certains car elles pourraient selon eux nuire à la stabilité des prix, visaient à éviter une crise européenne de la dette. Globalement, c’est donc un rôle primordial pour l’économie de la zone euro que la Banque centrale remplit en Europe.


Lundi 2 avril : Palme d’or

La Belgique a longtemps été le pays le plus endetté de l’Union européenne. En 1997, sa dette publique s’élevait à 122 % du PIB.

Plusieurs éléments interviennent pour expliquer l’importance de cette dette publique : il y a eu le choc pétrolier de 1973 (forte hausse du prix du pétrole) et la crise économique qui s’ensuivit (augmentation du chômage, ralentissement de la progression des recettes fiscales et donc augmentation des dépenses de l’État). Erreur des hommes politiques de l’époque : ils ont cru que la crise ne serait que passagère. Il y a ensuite eu l’effet boule-de-neige. Mais aussi, et peut-être surtout, il y a eu une spécificité belge : un coûteux principe de parité des dépenses publiques a voulu que chaque milliard de francs investi en Flandre entraîne automatiquement un même investissement en Wallonie (et inversement). Ce qui a contribué au gonflement de dépenses publiques parfois inutiles.


Vendredi 30 mars : Dette 0% ?

Faut-il considérer qu’une bonne gestion des finances publiques signifie un taux d’endettement égal à zéro ?

Aucun économiste ne le pense sérieusement. Tout comme dans un ménage, l’endettement n’est pas mauvais en soi, et peut même être indispensable (par exemple pour l’acquisition d’un bien immobilier), tant que son niveau demeure soutenable. On constate d’ailleurs que tous les États membres de l’Union européenne sont endettés — certes à des degrés divers.

En revanche, contrairement au ménage, un État ne cherche jamais à rembourser totalement sa dette.


Jeudi 29 mars : Dette publique

Une dette est, selon le dictionnaire, ce qu’une personne doit à une autre. En économie, il s’agit de l’obligation, pour une personne appelée « débiteur » (emprunteur), de payer une somme d’argent à une autre appelée « créancier » (prêteur). Les modalités de ce paiement sont convenues à l’avance et incluent notamment la durée du remboursement, et les intérêts portés par cette somme. La dette publique est une dette contractée par un État envers des institutions financières, des entreprises ou des épargnants pour ses besoins de financement. La dette publique est donc un moyen de financement de l’État lorsque les recettes notamment fiscales ne suffisent pas pour faire face à l’ensemble des dépenses publiques. Concrètement, pour ce faire, les États émettent des emprunts et obligations sur le marché de la dette, qui sont achetés par des banques, par des investisseurs, par des épargnants, etc.

Généralement exprimée en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), cette dette donne lieu au paiement de charges d’intérêt. Chaque année, l’État doit donc consacrer une part de ses recettes, plus ou moins importante, au comblement de ce trou. Une importante dette publique peut donner lieu à l’apparition d’un effet « boule-de-neige », comme la Belgique en a connu à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

Il s’agit d’un phénomène d’autoalimentation de la dette par les charges d’intérêt payées sur cette dette. Ce même genre de phénomène s’observe d’ailleurs lorsqu’un ménage est surendetté : pour rembourser une dette trop importante et ses intérêts aux échéances prévues, il finit par devoir contracter de nouveaux emprunts et payer de nouveaux intérêts. En d’autres mots, pour boucher un trou, il en creuse un autre plus profond… L’union monétaire européenne exige des États de la zone euro une stricte discipline budgétaire et, notamment, un niveau d’endettement public ne dépassant pas 60 % du produit intérieur brut. Certains États comme l’Italie, la Grèce et la Belgique se sont longtemps situés largement au-delà des 100 % de leur PIB et ont dû fournir durant plusieurs années d’importants efforts d’austérité afin de réduire leur endettement public. Alors que la Belgique était parvenue à réduire son taux d’endettement à 83 % du PIB en 2006, celui-ci se rapprochait à nouveau de la barre des 100 % en 2010, en raison de la crise financière et économique de 2008-2009.


Mercredi 28 mars : Économie économe

Sans aller jusqu’à la décroissance, des économistes de plus en plus nombreux en appellent à une « économie économe », qui serait basée sur l’amélioration de la qualité et de la durabilité des produits, sur le recyclage systématique obligatoire, sur la reconversion des systèmes énergétiques, sur la relocalisation de certaines productions, sur le développement d’activités sociales et de prévention, sur la réduction du temps de travail contraint.

Le projet d’une économie économe est celui d’une société soutenable de sobriété et de plein emploi, impliquant une forte réduction des inégalités. Comme le souligne l’économiste français Daniel Cohen :

« Nous devons penser ce que pourrait être un monde qui n’aurait pas trouvé le moyen de perpétuer sa fuite en avant planétaire dans une croissance perpétuelle » (Le Monde, 8 décembre 2009)


Mardi 27 mars : Décroissance Selon certains, le changement climatique, mais aussi la perte de la biodiversité, la pollution des nappes phréatiques, les dégâts écologiques majeurs que l’on fait subir à la nature devraient nous amener à remettre fondamentalement en cause notre système économique, et en particulier sa recherche continue de croissance et d’expansion.

Il n’est pas possible de croître infiniment dans un monde fini, affirment-ils. Et de prôner des politiques de décroissance dans nos pays riches. Décroissance, cela signifie moins consommer, donc moins produire, donc réduire l’utilisation de l’énergie, réduire les transports, bref mettre fin à cette poursuite de croissance économique et de compétitivité, accusée d’être responsable, in fine, du changement climatique.

Mais un tel scénario a de nombreuses implications et pose de nombreuses questions : il nécessite de mieux partager l’emploi, de réduire le temps de travail (sous peine de voir le chômage exploser), de trouver de nouvelles sources de financement pour, notamment, les soins de santé, les pensions, etc.


Lundi 26 mars : Greenwasging

Le greenwashing est un terme inventé dès le début des années 1990 pour désigner des pratiques de marketing visant à convaincre le consommateur que le produit qu’il achète est écologiquement correct.

Par exemple, une compagnie pétrolière lance de vastes campagnes publicitaires sur l’efficience énergétique, une firme chimique affirme que ses insecticides sont écologiques, une marque automobile vante le bas niveau d’émissions de CO2 émis par ses véhicules, une multinationale agroalimentaire promeut ses produits « bio »…

Le greenwashing ne remet pas en cause le mode actuel de croissance économique, et ne se préoccupe guère de l’un des volets de la durabilité : son volet social.


Vendredi 23 mars : Développement durable

Le modèle de croissance économique adopté par les pays occidentaux et, à leur suite, la plupart des pays du monde est confronté à un défi de taille. Depuis les années 1990 et, plus encore, 2000, les études et recherches entreprises par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) montrent que notre planète est engagée dans un processus de changement climatique dont la cause principale est l’activité humaine. Le modèle économique actuel de production industrielle de masse et énergivore, de consommation sans cesse croissante, de commerce international en expansion (entraînant une explosion des besoins de transports des marchandises et des personnes) a entraîné depuis l’ère industrielle un accroissement progressif des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère — en particulier de CO2 —, qui entraîne à son tour un phénomène de changement climatique. Les conséquences de ce phénomène sur le modèle de croissance économique actuel sont potentiellement énormes.

La nécessité de réduire drastiquement les émissions de CO2 a donné une nouvelle jeunesse au concept de « développement durable ». La définition de base du développement durable a été donnée en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans son « Rapport Brundtland » : selon cette définition, le développement durable est un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. La notion même de durabilité rend nécessaire une solidarité entre les générations d’aujourd’hui et celles de demain (pour lesquelles nous devons être durables aujourd’hui). Cette solidarité est générationnelle, mais est également géographique : le concept de développement durable inclut — au moins dans ses principes — un volet de lutte contre la pauvreté dans le monde et contre l’exclusion sociale dans les pays développés.

Avec l’approfondissement de nos connaissances relatives au changement climatique, une grande partie du monde politique s’est emparé de ce concept qui tente avec plus ou moins de succès de concilier les enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Ainsi, au niveau de l’Union européenne, une « Stratégie de développement durable » a été mise au point qui repose sur sept grands enjeux : • le changement climatique et l’énergie propre ; • le transport durable ; • la consommation et la production durables ; • la conservation et la gestion des ressources naturelles ; • la santé publique ; • l’inclusion sociale, les questions démographiques et migratoires ; • la pauvreté dans le monde. Concrètement, cette stratégie est mise en œuvre par l’adoption d’une série de règlements européens portant notamment sur la fiscalité des transports (l’« eurovignette » afin de tenir compte des coûts externes du transport tels que la pollution, le bruit, la congestion et les émissions de gaz à effet de serre) ; sur la réduction des émissions de CO2 des véhicules neufs; sur l’étiquetage des pneus selon, notamment, leur efficacité en carburant ; sur la fabrication plus écologique de produits tels que chauffe-eau, ordinateurs, téléviseurs, réfrigérateurs, etc. ; sur la consommation énergétique des appareils électroménagers, etc. En ce sens, le développement durable est une stratégie politique du possible, qui vise à adapter notre modèle économique aux nouvelles contraintes environnementales.

Cette stratégie fait donc le pari que ce modèle économique parviendra à relever le défi du changement climatique. Un pari auquel certains économistes ne croient pas. Selon l’un d’entre eux, le Britannique Tim Jackson, si nous voulons à la fois réduire les émissions de CO2 au niveau préconisé par le GIEC, tout en continuant à poursuivre notre croissance économique, et en faisant en sorte que tous les habitants de la planète jouissent d’un niveau de vie semblable à celui des Européens, il nous faudrait d’ici 40 ans réduire de 130 fois l’intensité carbone de l’économie mondiale, ce qui paraît impossible. Et Tim Jackson de prôner la recherche, dans nos sociétés riches, d’une nouvelle « prospérité sans croissance » (voir : Crise - croissance).


Jeudi 22 mars : Convertibilité

Depuis la création du FMI et jusqu’au mois d’août 1971, les monnaies des États membres du FMI étaient liées au dollar selon une parité fixe. Et la valeur du dollar était liée à la quantité d’or détenue par les États-Unis. Les monnaies étaient donc convertibles en or.

En 1971, le président américain a décidé de suspendre cette convertibilité du dollar en or, notamment en raison du fait qu’il y avait beaucoup plus de dollars en circulation dans le monde et dans les réserves de change des banques centrales qu’il n’y avait d’or dans les coffres américains pour en garantir la valeur.


Mercredi 21 mars : Balance des paiements

La balance des paiements d’un pays représente l’ensemble des opérations économiques effectuées par ce pays avec le reste du monde.

Elle se présente sous forme d’un compte statistique, couvrant une période déterminée, et regroupant quatre grandes catégories d’opérations : les exportations-importations de marchandises ou de services, les transferts publics ou privés (par exemple, l’aide alimentaire aux pays en développement), les opérations financières des pouvoirs publics (par exemple, emprunts belges à l’étranger) et les opérations financières des ménages et des entreprises (par exemple, comptes bancaires à l’étranger, investissement).

En regroupant l’ensemble de ces opérations — qui représentent des recettes ou des dépenses —, on obtient le solde de la balance des paiements (en boni ou en déficit).


Mardi 20 mars : FMI

La « mondialisation de l’économie » — dont on parle tant aujourd’hui — n’est pas une réalité nouvelle. La plupart des grandes organisations que l’on connaît actuellement (Fonds monétaire international, Banque mondiale, Organisation mondiale du commerce…) sont nées, ou trouvent leur origine avant même la fin de la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, les gouvernements occidentaux redoutaient par-dessus tout que se reproduise une crise économique comme celle des années 1930, crise qui n’était pas sans lien avec l’avènement de régimes fascistes.

L’idée de base du Fonds monétaire international, créé en 1946, est d’organiser la reconstruction et de venir en aide aux pays dont l’économie est victime de déséquilibres financiers et économiques. À côté du FMI, qui se concentre sur les problèmes monétaires, une Banque mondiale est créée, qui s’attache quant à elle à la reconstruction de l’Europe dévastée par la guerre. Pour remplir son rôle, le FMI accorde des prêts aux pays membres afin que ceux-ci puissent, en cas d’insuffisance de réserves, soutenir leur balance des paiements et garantir la stabilité de leur monnaie (à cette époque, les États membres du FMI s’étaient tous engagés à lier leur monnaie au dollar, lequel était luimême lié à la valeur de l’or, jusqu’en 1971).

Avec l’apparition de la crise de la dette des pays en développement, au début des années 1980 (voir : « Dette des pays en développement »), le FMI jouera un rôle croissant. De nombreux pays du tiers-monde feront appel à lui afin d’obtenir des prêts. Ceux-ci sont « conditionnels »: le FMI ne les accorde que si le pays demandeur s’engage à prendre des mesures pour réduire ses déficits. Il s’agit en général de mesures d’austérité que d’aucuns ont pu qualifier d’« antisociales » (ce qui explique la réputation sulfureuse de cette institution).

Outre les aides financières, le FMI est chargé de veiller au bon fonctionnement du système monétaire international et de surveiller notamment les politiques de change des pays membres. La crise asiatique survenue en 1997 et 1998 et, plus encore, la crise européenne de la dette au printemps 2010 (qui a amené le FMI à venir au secours de plusieurs pays européens : Grèce, Hongrie, Roumanie…) a mis en évidence la nécessité de renforcer son rôle. Signalons encore que la présidence du FMI est traditionnellement attribuée à un Européen, alors que celle de la Banque mondiale revient généralement à un Américain.


Lundi 19 mars : Choc asymétrique

Un choc asymétrique est un ralentissement de la croissance économique qui ne touche qu’une partie d’un pays ou d’une zone monétaire (comme la zone euro) en raison de la structure industrielle de la région touchée, d’événements politiques ou encore pour des raisons externes.

Par exemple, la réunification de l’Allemagne en 1989 fut un choc asymétrique, tout comme l’a été en Belgique la crise des charbonnages dans les années 1960 (puisqu’elle n’a touché « que » les bassins industriels du pays, et non Bruxelles ou la Flandre occidentale). De tels chocs posent problème à la politique monétaire de la zone concernée car cette politique ne peut être adéquate à la fois pour la région en crise et pour celle qui ne l’est pas. Ainsi, la réunification de l’Allemagne a entraîné une hausse des taux d’intérêt sur le mark utile pour ce pays, mais qui a ralenti la croissance économique dans les autres pays de la zone mark (France, Belgique, Autriche, etc. ; c’est-à-dire les pays qui avaient arrimé leur monnaie au mark allemand).

L’Eurogroupe a notamment pour tâche, lorsqu’un tel choc survient, de veiller à ce que les réponses monétaires, budgétaires, fiscales et sociales soient coordonnées et appropriées.


Vendredi 16 mars : ECOFIN

Le Conseil ECOFIN (« Économie-Finances ») rassemble les vingt-sept ministres des Finances de l’Union européenne. Il se réunit en moyenne tous les mois. C’est lui qui adopte les grandes orientations de politique économique.

Bien que composé des ministres de tous les États membres de l’UE (et pas seulement de ceux de la zone euro), c’est également à lui que revient le pouvoir de décision dans les matières examinées par l’Eurogroupe.


Jeudi 15 mars : Eurogroupe

Depuis la création de l’euro, la monnaie unique européenne, se pose la question de savoir si des pays aux caractéristiques si différentes que, par exemple, la Grèce et l’Allemagne, peuvent partager une même monnaie sans devoir également partager de mêmes politiques économiques. Certains initiateurs de la monnaie unique, tels que l’ancien président de la Commission européenne, M. Jacques Delors, ont toujours estimé que la monnaie unique devait s’accompagner de mécanismes de coopération entre les politiques macroéconomiques des États membres. En effet, au sein de la zone euro, il n’existe plus qu’une seule politique monétaire, définie et mise en œuvre par la Banque centrale européenne (BCE). Mais les États membres ont chacun conservé leur politique budgétaire, leurs politiques fiscales, leurs politiques sociales et leurs politiques salariales. En l’absence d’une coordination étroite de ces politiques nationales, le risque existe de voir les gouvernements adopter des attitudes contradictoires en matière, par exemple, de détermination des salaires ou de réactions aux déséquilibres économiques. Attitudes qui pourraient, à terme, mettre en péril l’union monétaire, comme on l’a vu au printemps 2010 avec la crise grecque. D’où la nécessité d’une coopération, que certains appellent « gouvernance » économique européenne.

Cette nécessité avait été pressentie dès 1997. À cette époque, les quinze États membres de l’UE avaient décidé de créer un organe de coordination appelé « Conseil de l’euro », aujourd’hui dénommé « Eurogroupe ». Il s’agit d’un lieu informel où se retrouvent les ministres des Finances des pays de la zone euro pour examiner l’évolution macroéconomique dans les États membres afin d’assurer une certaine convergence des politiques et de suivre l’évolution du taux de change de l’euro. Cet Eurogroupe se penche également sur l’évolution des politiques budgétaires et des politiques structurelles menées par les États membres sur les marchés du travail, des produits et des services, ainsi que des tendances en matière de coûts et de prix. Enfin, il mène des travaux en matière de fiscalité pour éviter que les États ne se livrent à une concurrence fiscale préjudiciable.

Mais cet Eurogroupe est loin de représenter un quelconque « gouvernement économique » européen, il ne dispose d’ailleurs pas d’un pouvoir autonome de décision, lequel revient exclusivement au Conseil des ministres des Finances de tous les pays de l’UE (et pas uniquement des pays membres de la zone euro). Certains lui reprochent d’ailleurs de ne pas avoir vu venir les crises budgétaires d’États membres tels que la Grèce et l’Irlande, en 2010. Voulant tirer les leçons de ces crise, l’Allemagne et la France ont proposé en juin 2010 de renforcer la discipline des politiques budgétaires des États membres de l’UE (via le Pacte de stabilité et de croissance), et de confier aux chefs d’État et de gouvernement européens la tâche d’exercer une forme de « gouvernement économique ».


Mercredi 14 mars : Taux de change

Le taux de change exprime la valeur externe d’une monnaie. Par exemple, tel jour, 1 euro vaut 1,36 dollar. C’est le taux de change de l’euro par rapport au dollar, un taux qui fluctue sans cesse.

Les gouvernements peuvent agir sur cette valeur en décidant, par exemple, de réévaluer ou de dévaluer la monnaie de leur pays (c’est-à-dire de lui donner plus, ou moins, de valeur par rapport aux autres monnaies).


Mardi 13 mars : In & Out

Parmi les vingt-sept pays que compte l’UE, seuls dix-sept participent à la monnaie unique en 2011 (avec l’entrée de l’Estonie dans la zone euro au 1er janvier 2011).

Les non-participants sont le Royaume-Uni et le Danemark (qui refusent pour l’instant d’en faire partie), la Suède (qui hésite encore et s’est arrangée pour ne pas répondre aux critères de participation) ainsi que la Pologne, la Hongie, la République tchèque, la Lituanie, la Lettonie, la Bulgarie et la Roumanie (qui ne sont pas encore économiquement prêts).

En principe, sur le plan juridique, les traités européens prévoient que tous les États membres de l’Union doivent, à terme, faire partie de la zone euro. Seuls le Royaume-Uni et le Danemark ont formellement obtenu une dérogation à cette obligation.


Lundi 12 mars: De Maastricht à Lisbonne

Le traité de Maastricht (« traité sur l’Union européenne ») est un texte juridique signé officiellement en février 1992 par les chefs d’État et de gouvernement européens.

Ce traité modifie le traité fondateur de la Communauté européenne de 1957.
Les dirigeants s’y engagent à réaliser la monnaie unique suivant un calendrier précis. Ils y définissent également les autres politiques européennes (politique étrangère et de sécurité, coopération en matière judiciaire, etc.), ainsi que le fonctionnement institutionnel de l’UE.

Le traité de Maastricht a été amendé à plusieurs reprises. Sa dernière grande modification a été opérée par le « traité de Lisbonne », signé fin 2007 et entré en vigueur le 1er décembre 2009.


Vendredi 9 mars : Euro

La création d’une seule monnaie pour l’ensemble des pays de l’Union européenne est un projet assez ancien. À la fin des années 1960, déjà, les six pays qui composaient alors la Communauté européenne s’étaient lancés dans un projet d’union économique et monétaire. Ils avaient tout prévu : les différentes étapes de cette union, le rapprochement des politiques économiques, etc. Une seule chose avait échappé à leurs prévisions : le déclenchement d’une crise économique mondiale en 1973 (suite à la crise pétrolière). Celle-ci mettra le projet de monnaie unique au frigo pour un bon bout de temps. À la fin des années 1980, le projet de monnaie unique est remis sur les rails. Lors du Conseil européen de Maastricht (1991), les douze États membres de l’Union s’engagent solennellement à créer l’euro avec une date butoir : janvier 1999. Depuis cette date, l’euro est devenu une monnaie à part entière. Et à partir de janvier 2002, les citoyens de douze pays de l’UE (dix-sept en 2011) ont vu l’euro, en tant que monnaie sonnante et trébuchante, s’introduire dans leurs poches et portefeuilles.

Pourquoi l’Europe a-t-elle voulu créer une monnaie unique ? Pour accroître la stabilité monétaire et pour donner à l’Union européenne l’importance qui lui revient dans les relations monétaires mondiales. L’euro apporte également des avantages aux entreprises qui exportent leurs produits dans d’autres pays de l’Union grâce à la suppression du risque de change (auparavant, une variation de valeur entre, par exemple, la lire italienne et le franc belge pouvait avoir de fortes conséquences pour un importateur belge de produits italiens). Enfin, l’euro simplifie la vie aux consommateurs qui voyagent : ceux-ci ne doivent plus, chaque fois qu’ils passent une frontière, changer leurs francs belges en francs français, lires italiennes, etc., avec les frais de change que cela implique.

Mais l’euro n’est qu’un aspect de l’union économique et monétaire. Car pour pouvoir partager une même monnaie, les pays participant à la zone euro ont dû se donner des règles communes notamment en matière de gestion des finances publiques (réduction des déficits et des dettes publiques), en matière de contrôle de l’inflation, mais aussi, en principe, en matière de politique économique, de productivité et de compétitivité. Autrement dit, il importe que les pays partageant l’euro puissent faire progressivement converger leur économie. C’est l’aspect « union économique » de l’euro, c’est-à-dire la coordination des politiques économiques, budgétaires, fiscales des pays de la zone euro. Un aspect qui a longtemps été négligé, comme l’a montré la crise de la dette grecque en 2010. En l’absence d’une telle coordination des politiques économiques, ce n’est pas à une convergence des économies auquelle on assiste, mais à un risque de divergence accrue pouvant aller jusqu’à entraîner, selon certains économistes, un éclatement de la zone euro (voir : Eurogroupe).


Jeudi 8 mars 2012: BRIC

C’est un chief economist de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs qui a inventé l’acronyme BRIC.
Celui-ci désigne le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, c’est-à-dire, les principales puissances économiques et commerciales dites « émergentes ».
Selon les projections de Goldman Sachs, ces quatre pays dépasseront à eux seuls les six plus grandes économes occidentales actuelles d’ici 2032 (voir aussi : Pays émergeants).


Mercredi 7 mars 2012: Sommet

Les sommets du G7/8 ont eu successivement lieu à :

- Muskoka 2010

- La Maddalena 2009

- Hokkaido 2008

- Heiligendamm 2007

- Saint-Petersbourg 2006

- Gleneagles 2005

- Sea Island 2004

- Evian 2003

- Kananaskis 2002

- Gènes 2001

- Okinawa 2000

- Cologne 1999

- Birmingham 1998

- Denver 1997

- Lyon 1996

- Halifax 1995

- Naples 1994

- Tokyo 1993

- Munich 1992

- Londres 1991

- Houston 1990

- Paris 1989

- Toronto 1988

- Venise 1987

- Tokyo 1986

- Bonn 1985

- Londres 1984

- Williamsburg 1983

- Versailles 1982

- Ottawa 1981


Mardi 6 mars 2012: Rambouillet

Lors du sommet de Rambouillet de 1975 qui donna naissance au G7, une déclaration commune fut adoptée par les gouvernements allemand, français, britannique, italien, des Etats-Unis et du japon, dont voici les extraits relatifs aux raisons qui ont poussé ces pays à créer cette instance :

« […] Nous nous sommes réunis parce que nous partageons les mêmes convictions et les mêmes responsabilités. Nous sommes chacun pour notre part responsables de la conduite d’une société ouverte, démocratique, profondément attachée à la liberté individuelle et au progrès social. Notre succès renforcera, et cela de façon décisive, l’ensemble des sociétés démocratiques. Chacun d’entre nous a la responsabilité d’assurer la prospérité de l’économie d’un pays industriel important. La croissance et la stabilité de nos économies aideront à la prospérité de l’ensemble du monde industriel et des pays en développement. Pour atteindre ces objectifs, dans un monde marqué par une interdépendance croissante, nous sommes décidés à assumer pleinement nos responsabilités et à développer nos efforts en vue d’une coopération internationale accrue et d’un dialogue constructif entre tous les pays, dépassant les disparités de leur développement économique, l’inégalité des ressources dont ils disposent et les différences de leurs systèmes politiques et sociaux […] »


Lundi 5 mars 2012: G7/G8/G20

Depuis 1975, les chefs d’État et ministres des sept pays les plus industrialisés de la planète ont pris l’habitude de se rencontrer. C’est en novembre 1975 que le président de la République française, M. Giscard d’Estaing, prend pour la première fois l’initiative de réunir au château de Rambouillet, près de Paris, les six chefs des États les plus industrialisés : Gerald Ford (États-Unis), Harold Wilson (Grande-Bretagne), Aldo Moro (Italie), Takeo Miki (Japon) et Helmut Schmidt (Allemagne). Cette «conférence économique et monétaire» de Rambouillet sera la première réunion du futur G7 – auquel s’adjoindra le Canada.

Le «G7» se présente comme le Groupe des sept pays les plus industrialisés de la planète. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une institution internationale, mais plutôt d’un club de pays riches qui partagent «les mêmes convictions et les mêmes responsabilités». De ce fait, il ne prend pas de décision formelle mais joue surtout un rôle de coordination des politiques économiques et monétaires des «grands». Il n’engage à ce titre que les gouvernements des pays qui en sont membres. Selon ses initiateurs, la croissance et la stabilité économique de ces pays devraient aider à la prospérité de l’ensemble du monde industriel et des pays en développement.

Au sein de ce «club», les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales se réunissent régulièrement pour tenter de coordonner leurs politiques («G7 Finances»). Ils y discutent de l’évolution de l’économie mondiale, de taux de change, de la surveillance des politiques économiques et financières, des crises monétaires, le cas échéant, et du sauvetage des économies qui les subissent, de la dette des pays en développement, etc. Depuis peu, le G7 est également un forum pour débattre, de manière très générale, des politiques de l’emploi et de la lutte contre le chômage. Il s’est également engagé à promouvoir la société de l’information et s’est intéressé au problème de l’environnement ainsi qu’aux grandes questions d’actualité et à la criminalité organisée. Initialement confiné aux questions économiques et monétaires, son champ de réflexion et d’action s’est donc considérablement élargi.

En juin 1997, la Russie a été accueillie au G7, devenu G8, après cinq années de participation en tant qu’invitée (sauf pour les questions économiques et financières).

Chaque année, un «Sommet du G8» réunit les huit chefs d’État et de gouvernement. Leur objectif proclamé est de développer leurs efforts «en vue d’une coopération internationale accrue et d’un dialogue constructif entre tous les pays».

Toutefois, lors des grandes crises financières et monétaires telles qu’en ont connues l’Asie, l’Europe ou l’Amérique latine, la capacité du G8 à coordonner efficacement les politiques économiques et monétaires des «grands» a pu être mise en doute. En 1999, afin de renforcer la coordination de ces politiques à plus grande échelle a été crée un G20 qui rassemble, outre les pays du G8, l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique et la Turquie. L’Union européenne y participe également en tant que telle. Après dix années d’existence, le G20 a connu son essor politique lors de la crise financière de 2008-2009. C’est en effet au sein de cet enceinte qu’il a été décidé d’élaborer, même si difficilement, de nouveaux mécanismes de régulation financière au niveau international, et de lutter contre les paradis fiscaux. Depuis 2008, le G20 se réunit au niveau des chefs d’État et de gouvernement (auparavant, c’était uniquement au niveau des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales). Aujourd’hui, dans un monde globalisé qui voit émerger de nouvelles puissances économiques et commerciales (voir : BRIC ci dessous), la structure du G8 dominée par quelques pays occidentaux peut paraître anachronique.