Entreprise L’entreprise libérée repose sur la responsabilisation. Si le modèle suscite un engouement, il n’est pas dénué d’effets pervers. Eclairage.

A savoir:

Définition. Fanny Fox et François Pichault, du Lentic (centre de recherche et d’intervention de l’Université de Liège) relèvent six composantes de l’entreprise libérée :

1. une forte culture d’entreprise et une centralité des valeurs;

2. l’absence de contrôle, remplacé par la confiance a priori et l’auto-direction;

3. une prise de décision davantage collégiale et entre les mains des travailleurs en vertu du principe de subsidiarité;

4. une responsabilisation des travailleurs (source d’un engagement fort);

5. l’absence de hiérarchie intermédiaire ou son évolution vers un rôle de coach;

6. l’absence de fonctions support ou leur évolution vers un rôle de facilitation.


Quand la confiance remplace le contrôle

Depuis que Pocheco s’est retrouvée sous les projecteurs de Cyril Dion et Mélanie Laurent dans le film "Demain", sa réputation attire un va-et-vient croissant de curieux à la recherche de recettes pour entreprendre autrement. Cela fait plus de vingt ans que cette société du Nord-Pas-de-Calais, qui produit des enveloppes, est sur les rails de l’entreprise libérée. Libérée des exigences d’un actionnariat extérieur, d’une croissance à tout prix et de relations basées sur la compétition.

Egalité de traitement, hiérarchie réduite à sa plus simple expression (un comité de pilotage de six personnes, puis une strate composée du reste de l’entreprise), débats collectifs sur les questions stratégiques, organisation basée sur la coopération… "En France, on a beaucoup considéré que la responsabilité d’une entreprise devait être confiée à des ingénieurs ou des commerciaux de haut vol, ce qui donne un bloc monolithique, voire consanguin. Mes collègues et moi avons construit un projet collectif qui nous a sortis d’un dépôt de bilan en nous posant la question : quel monde voulons-nous ?", raconte Emmanuel Druon, ex-PDG de Pocheco.

Pocheco fait partie de ces organisations où "la majorité des collaborateurs dispose de la liberté et la responsabilité d’entreprendre toute action qu’ils jugent meilleure pour l’entreprise." C’est ainsi qu’Isaac Getz, la référence en matière d’entreprise libérée, décrit ce modèle.

Entre les entreprises s’autoproclamant "libérées" sans l’être vraiment, et celles fonctionnant selon les principes de l’entreprise libérée sans le revendiquer, ou sans le savoir, définir ce concept de façon unique et précise est mission impossible.

Par contre, on peut en donner les principes de base.

(...)