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Le chauffage central est responsable de près de 40 % de la consommation énergétique d’une maison. Normal donc que la hausse des prix du mazout et du gaz ait une influence sur les choix des consommateurs en matière de chauffage. Mais pas toujours ceux qu’on croit : parfois, c’est l’abstinence qui prévaut (le marché global est estimé en Belgique à 3,5 millions de chaudières dont la durée de vie s’élève à une quinzaine d’années). Ainsi, 2009 a été une année "difficile" pour les fabricants et importateurs de techniques de chauffage rassemblés au sein de l’Association pour les Techniques Thermiques de Belgique (ATTB). Des clients potentiels ont en effet "décidé de reporter le remplacement de leur chaudière, quitte à s’imposer des travaux de réparation", indique Emile Vandenbosch, secrétaire de l’ATTB. "Pourtant, et je le répète souvent, en optant pour une nouvelle chaudière, on réalise plus d’économie que sur un compte d’épargne : moindre consommation (environ 20 %), primes et déductions fiscales." 2010 a été, à ce titre, bien meilleure pour les chauffagistes, en progression de 8 %. Une progression tirée entre autres par le succès des pompes à chaleur géothermiques (+60 % de ventes en 2010). Mais surtout par une croissance moyenne de 8 % du cœur de leur marché : les chaudières à gaz et à mazout. Sur l’année, quelque 35 000 chaudières à mazout ont été vendues, un tiers à condensation (pourtant moins énergivores et fiscalement déductibles à concurrence de 40 %) pour deux tiers à basse température (technique conventionnelle). En version gaz, ce sont 200000 chaudières qui ont été vendues (trois quarts à condensation, un quart conventionnelles). Le passage à la condensation est donc en marche. "Soutenu par les installateurs, ajoute Emile Vandenbosch. Ils jouent un rôle prépondérant car ils connaissent les produits et les circonstances d’installation. La formule à condensation peut être techniquement difficile à implémenter, voire impossible." Ce sont également des aspects techniques qui empêchent parfois le passage au renouvelable. "Auxquels s’ajoutent aussi des critères financiers, car l’investissement peut être plus lourd, notamment dans le cadre des rénovations." Depuis deux ans, le marché de l’énergie solaire thermique, à savoir la production d’eau chaude par le biais de panneaux solaires thermiques (et non photovoltaïques qui produisent de l’électricité) est en recul. "Cela s’explique sans doute par l’engouement des consommateurs pour les panneaux photovoltaïques dont l’investissement était largement subsidié dans les différentes régions du pays, laissant les panneaux solaires thermiques de côté", explique l’ATTB. A noter qu’en 2010, s’il y a eu plus d’installation de nouvelles chaudières, il y a eu également un taux de réparation plus important, via le remplacement des brûleurs (+11%) et des réservoirs d’eau chaude (+5%).