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Les fédérations de promotion des énergies renouvelables EDORA et ODE ont commandé une étude au cabinet Deloitte sur les perspectives du secteur éolien en Belgique. Selon le scénario le plus favorable envisagé, le poids du secteur pourrait être multiplié par neuf d’ici 2030.

Sur la même échéance, Deloitte estime que le nombre d’employés du secteur pourrait être multiplié par 2,6, ce qui porterait le nombre de travailleurs à 16 069. Grâce à la montée en puissance de l’éolien, Edora estime que cette énergie pourrait fournir 15 % de nos besoins en électricité d’ici 2020, contre 3 % actuellement. Ce scénario favorable envisage notamment la présence de 6370 MW de capacités éoliennes sur notre territoire d’ici 2020 et 11 344 MW d’ici 2030. En outre, il prévoit l’arrivée d’un assembleur d’éoliennes en Belgique, ce qui favoriserait notre économie.

Grâce à l’implantation d’un fabricant en Belgique, Deloitte estime que 60 % de la demande de turbines pourrait être assurée sur le sol belge. Pour arriver à une capacité de 11 344 MW en 2030, il y a néanmoins encore pas mal de chemin à accomplir.

En effet, fin 2011, la Belgique comptait à peine 1 078 MW de capacités installées. Il faudrait donc pratiquement multiplier les installations par dix pour respecter le scénario le plus favorable.

Ces dernières années, le secteur a cependant connu une envolée en Belgique : +14,3 % en 2008, +28,2 % en 2 009, +7,6 % en 2 010 et +6,8 % en 2 011. En quatre ans, le nombre d’emplois directs et indirects dans l’éolien a crû de 74 % à 6 225 employés. En 2011, la contribution du secteur au PIB belge était de 335,3 millions d’euros, en hausse de 69 % depuis 2007.

Il faut toutefois relativiser ces chiffres. L’ensemble du PIB belge s’est élevé à 362,563 milliards d’euros en 2 011, plus de mille fois le secteur éolien.

La Wallonie cale depuis 2011

“En 2011 et 2012, le secteur éolien n’a pas réussi à suivre le tableau de marche qui lui permettrait d’arriver à l’objectif fixé par le gouvernement wallon, soit 4500 MW d’électricité éolienne en 2020, explique Fawaz Al Bitar, porte-parole d’Edora. En 2010, on a ajouté 160 MW en Wallonie, on est descendu à 100 en 2011 et on extrapole un chiffre proche des 50 MW pour 2012”.

Selon Fawaz Al Bitar, des considérations politiques et des blocages de résidents sont à la base de ce recul. “Le ministre Philippe Henry a décidé un moratoire de six mois, explique-t-il. Beaucoup de projets ont aussi été invalidés par le Conseil d’Etat. Les opposants à l’éolien sont de plus en plus efficaces juridiquement. Nous attendons avec impatience un décret wallon, une cartographie et un cadre de référence. Pour l’heure, le secteur souffre du manque de décisions politiques.”

En attendant que la technologie devienne rentable, le secteur éolien a reçu pas mal de subsides.

“D’ici dix ans, le secteur éolien devrait être capable d’évoluer sans aides publiques, assure Fawaz Al Bitar. Actuellement, on doit être soutenus pour être compétitifs, mais les centrales nucléaires l’ont été aussi. La situation pourrait changer avec une hausse des prix des combustibles fossiles. Le gros souci de l’éolien, c’est qu’on n’a pas les moyens d’objectiver tous ses bénéfices, comme le prix de la tonne de CO2 ou les bénéfices pour l’environnement”.