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Les Bourses européennes, toujours inquiètes du dérapage des déficits publics dans la zone euro, ont clôturé vendredi en forte baisse après la publication de chiffres mitigés sur l'emploi américain en janvier, mais Wall Street a rebondi in extremis.

"Ce sont les mêmes angoisses que la veille", à savoir de fortes inquiétudes sur les finances publiques de plusieurs pays du sud de l'Europe (Grèce, Espagne, Portugal), a indiqué Arnaud de Champvallier, directeur chez Turgot Asset Management.

Suivant la tendance baissière en Asie dans la matinée, la Bourse de Paris a perdu 3,40%, le CAC 40 retombant à 3.563,76 points. Londres a abandonné 1,53% et Francfort 1,79%.

Mais Wall Street, qui avait accusé jeudi sa plus forte chute depuis juillet, et avait passé une partie de la séance en nette baisse, s'est reprise en fin de séance. Le Dow Jones a finalement gagné 0,10% et le Nasdaq 0,74%.

Les Etats-Unis ont continué de perdre des emplois en janvier, mais nettement moins qu'en décembre, semblant se rapprocher un peu plus du moment où les embauches reprendront, alors que le taux de chômage est retombé contre toute attente à 9,7%, son niveau du mois d'août.

La place financière ibérique, et celle de Lisbonne, ont terminé en recul, de respectivement 1,35% et 1,36%, après avoir plongé en séance de 6 et 5%, à cause de l'état des finances de l'Espagne et du Portugal. La Bourse d'Athènes a cédé 3,73%.

Depuis plusieurs jours, observateurs et analystes s'inquiètent de l'état des finances publiques de ces deux pays, agitant l'épouvantail de la Grèce, dont les déficits et la dette publics sont si élevés que la Commission européenne a décidé mercredi de placer le pays sous une quasi-tutelle.

"Les inquiétudes sont mondiales, le sentiment des investisseurs est plombé par les problèmes de dette de la Grèce, de l'Espagne et du Portugal", a commenté Marcus Droga, directeur associé à Macquarie Private Wealth à Sydney, cité par Dow Jones Newswires.

En Asie, la Bourse de Tokyo a chuté vendredi de 2,89%, l'indice Nikkei 225 des valeurs vedettes s'établissant à 10.057,09 points, son plus bas niveau depuis le 10 décembre.

Hong Kong a dégringolé de son côté de 3,33%. Shanghai a limité les pertes, cédant 1,87% tandis que Séoul a plongé de 3,05% et Sydney de 2,32%, touchant son plus bas en trois mois.

Sur les marchés des changes, l'euro est tombé vendredi sous 1,36 dollar pour la première depuis huit mois et demi. La monnaie européenne est descendue jusqu'à 1,3586 dollar, un nouveau plus bas depuis le 20 mai 2009.

"Les dernières 24 heures ont été terribles pour les marchés mondiaux, les Bourses, les matières premières et les monnaies ayant chuté un peu partout (...), les investisseurs fuyant les actifs risqués au profit de la sécurité relative que représente le dollar", a commenté Michael Hewson, analyste chez CMC Markets, à Londres.

Les dettes européennes et l'emploi aux Etats-Unis ont créé une atmosphère fébrile sur les marchés, prompts à guetter le moindre signe de rechute de l'économie mondiale à peine sortie de la récession. "Ce que nous voyons est un vent de panique", a jugé Francis Lun, gestionnaire à Fulbright Securities à Hong Kong.