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La crise des prêts immobiliers dits "subprime" aux Etats-Unis ne fait pas peser de risque global pour les banques européennes, estime la Banque de France dans son bulletin mensuel publié vendredi. La profitabilité de certaines banques pourrait être affectée mais pas la solidité de leurs bilans ou portefeuilles, estime-t-elle. La Banque de France juge que la correction actuelle des marchés financiers peut être considérée comme "normale" et souligne la solidité des fondamentaux économiques.

En Europe, "il n'y a guère l'équivalent au subprime américain. Un canal de contagion possible serait la détention directe ou indirecte par les banques et organismes de placement collectif européens de titres adossés à des créances subprime", explique-t-elle dans l'éditorial de son bulletin. "À ce jour, les informations disponibles laissent néanmoins penser que les montants en cause sont suffisamment limités pour ne pas présenter de risque global sur la solidité des bilans et des portefeuilles des banques", ajoute-t-elle. Selon la BdF, "il est possible que la profitabilité de certaines de ces institutions soit affectée, une partie significative de leurs revenus provenant d'activités de marché. Mais le niveau élevé de leurs fonds propres et de leur rentabilité générale devrait leur permettre d'absorber ces fluctuations". "Au total, la correction touche actuellement en priorité les instruments les plus risqués, qui avaient atteint des niveaux de rémunération trop bas au regard des probabilités historiques de défaut. Elle peut donc être jugée comme normale", souligne la BdF. "Toutefois, sur des marchés où l'effet de levier est aujourd'hui important, la dynamique financière doit être surveillée de près. Mais les fondamentaux restent solides, les profits des entreprises, des banques et des autres institutions financières élevés et la croissance mondiale très bien orientée", ajoute-t-elle.

Voix rassurantes en Allemagne

Une analyse que ne démentira pas le patron du numéro un européen de l'assurance, Allianz. "Je pense que la dépression générale qui affecte les marchés ne devrait avoir qu'un effet relatif pour Allianz", a déclaré Michael Diekmann, le patron d'Allianz, lors d'une conférence de presse téléphonique à l'occasion de la publication des résultats semestriels du groupe, mettant en avant la politique prudente adoptée par Allianz. L'exposition du bancassureur au marché américain des "subprime", qui regroupe les prêts consentis aux emprunteurs les plus faibles, s'élève à 1,7 milliard d'euros, soit à peine 0,16 pc de ses placements totaux, a précisé Helmut Perlet, en charge de la gestion des risques financiers, de la comptabilité et des impôts chez Allianz.

Il n'y a pas d'indications d'un "développement préoccupant" pour Allianz, a-t-il encore insisté. Le secteur financier allemand craint une crise généralisée alors les difficultés du marché "subprime" aux Etats-Unis ont déjà fait une première victime, la banque spécialisée dans le financement des petites et des moyennes entreprises IKB. Pour écarter tout risque de faillite, son grand actionnaire, la banque publique KfW, a dû voler à son secours et l'ensemble du secteur bancaire allemand, instituts publics et privés, s'est mobilisé pour lui fournir des fonds en cas de besoin. (AFP)