Entreprise

L’autoroute E411 d’un côté, la Nationale 4 de l’autre. Entre les deux, à hauteur du Parc scientifique de Louvain-la-Neuve, un terrain de 8,3 hectares. Lundi matin, deux pelleteuses s’y affairaient, au fond d’un léger vallon, pour creuser les tranchées devant accueillir les infrastructures de voiries du futur "China-Belgium Technology Center" (CBTC), dont se charge depuis quelques jours l’Intercommunale du Brabant wallon (IBW). Le démarrage proprement dit de la construction de ce "complexe d’incubateurs" hors normes, lui, est prévu cet automne. Et si les travaux s’échelonneront sur une période totale de 8 ans, les premiers bâtiments du CBTC sortiront de terre d’ici la fin de 2018.

Enfin!, diront ceux qui suivent ce dossier depuis ses débuts. Cela fait sept ans que la Wallonie - via son Agence à l’exportation et aux investissements étrangers -prépare le terrain de ce méga projet. "Durant cette période, confie Pascale Delcomminette, administratrice générale de l’Awex, on a mené une vingtaine de missions dans la province de Hubei et la capitale Wuhan, dont la dernière fut la visite royale en 2015. Cela a permis de mieux se connaître et de mettre en valeur la qualité de l’écosystème de la Wallonie pour accueillir un projet comme le CBTC". Présent aussi, hier, à l’inauguration officielle du projet, Paul Magnette, ministre-Président du gouvernement wallon, affichait un large sourire : "C’est une grande chance et un privilège d’avoir convaincu nos partenaires chinois de choisir la Wallonie pour en faire un véritable pont entre la Chine et l’Europe !".

Parmi les partenaires belges, l’Université catholique de Louvain (UCL) est rapidement montée à bord du projet, voyant dans ce complexe d’incubateurs un excellent vecteur pour intensifier ses relations avec les universités chinoises - l’UCL entretient des contacts avec une quarantaine d’entre elles, dont deux se trouvent à Wuhan - et nouer de nouvelles collaborations dans les domaines d’expertise ciblés par le CBTC (à savoir, bio et nanotechnologies, Internet des objets, télécoms, optoélectronique, ingénierie "verte" et nouveaux matériaux). "Le CBTC aura une influence sur la dynamique des chercheurs et intensifiera les échanges entre les étudiants belges et chinois", se réjouit Vincent Blondel, le recteur de l’UCL.

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