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Cyril Colmont et Philippe Berthelot, représentants d’Axa Investment Managers, étaient de passage à Bruxelles pour présenter les avantages d’un investissement en obligations d’entreprises. La situation actuelle est un vrai casse-tête pour les investisseurs. Les taux à court terme sont de l’ordre de 1,2 pc, l’immobilier est incertain et les actions peuvent procurer des dividendes de l’ordre de 5 à 6 pc pour autant que la politique de dividendes soit maintenue !

"Par contre, sur le marché du crédit, c’est-à-dire sur le marché des obligations d’entreprises, nous pensons qu’il y a vraiment de bonnes opportunités d’investissement. Les taux vont encore diminuer et nous nous dirigeons vers un environnement de taux proche du zéro pour cent. Les obligations d’Etat offrent des rendements de 2,5 à 3 pc. Par contre, sur le marché du crédit, nous sommes en présence de spreads qui sont historiquement élevés et qui ne sont pas justifiés par les fondamentaux. Il y a donc beaucoup de valeur sur ce marché", souligne Cyril Colmont.

Quel succès !

Les récents événements sur ce marché tendent à prouver que nous sommes effectivement dans une situation particulière : les grandes émissions comme GDF Suez et AB InBev (voir en p.15) ont connu un succès important et au-delà des espérances des émetteurs avec des montants largement sur-souscrits. A titre d’exemple, une récente émission du grand groupe français de distribution Casino a été souscrite en 20 minutes !

Cependant, ces analystes préconisent l’entrée sur ce marché par le biais d’un fonds diversifié car, sur ce marché, il y a une grande dispersion des spreads et il est important d’être très sélectifs. "Le pire du pire est déjà dans les prix. Ce marché a beaucoup souffert et aujourd’hui, il existe un bon point d’entrée dans ce marché. Ces obligations sont à un bon prix avec une volatilité moindre. Nous pensons qu’en général, le marché des obligations anticipe les marchés d’actions. Aujourd’hui, il y a beaucoup de liquidités dans les fonds de pension, par exemple, qui vont se réorienter vers le crédit" , estime Philippe Berthelot.

Cet investissement doit se concevoir sur un horizon de temps de deux à trois ans. Axa IM sélectionne certains secteurs plus porteurs et détermine ensuite, dans ces secteurs, les émissions d’entreprises qu’elle juge les meilleures. "Dans les secteurs nous privilégions les grandes capitalisations et les non-cycliques, les secteurs défensifs comme les télécoms et la consommation non cyclique. Nous aimons aussi les sociétés d’alcool et de tabac. On pourrait dire que ce qui est mauvais pour votre santé est bon pour votre portefeuille !" , note Philippe Berthelot.