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L'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a conseillé à la Belgique de supprimer l'indexation automatique des salaires afin d'accélérer le recul de l'inflation. L'OCDE présentait ce lundi ses prévisions relatives à la croissance économique dans la zone euro en 2009.

L'Organisation estime que la zone euro devrait connaître une récession l'année prochaine, avec une contraction de 0,6% de son Produit intérieur brut sur l'ensemble de 2009, contre -0,5% prévu dans ses précédents pronostics, publiés il y a seulement une dizaine de jours, le 13 novembre. Dans ce contexte, la Banque centrale européenne pourrait abaisser son taux d'intérêt directeur de 3,25% à 2% d'ici le printemps 2009, poursuit l'OCDE en pointant du doigt la baisse attendue de l'inflation, y compris en Belgique même si l'inflation de base devrait y montrer davantage de résistance.

La suppression de l'indexation automatique des salaires devrait permettre d'accélérer ce recul, indique encore l'organisation qui appelle par ailleurs les autorités belges à adopter des mesures à long terme pour contenir les dépenses à tous les niveaux gouvernementaux.

C'est que les prévisions économiques pour la Belgique ne sont pas roses, avec une légère contraction de l'activité suivie d'une période pendant laquelle la croissance économique restera "sous son potentiel". Cette transition pourrait perdurer jusqu'en 2010. Par la suite, de meilleures conditions monétaires, un retour de la croissance des revenus réels et une reprise du commerce mondial devraient remettre la croissance économique sur les rails.

Si la Belgique semble en mauvaise posture, elle ne détonne pas dans la zone euro pour laquelle l'organisation a également revu ses prévisions de croissance à la baisse, de -0,5 à -0,6 pc. Sur la même ligne que le FMI, l'OCDE est plus pessimiste que la Commission européenne qui mise sur une croissance de 0,1 pc.

Enfin, l'Organisation se montre particulièrement pessimiste en ce qui concerne l'emploi, elle qui table dans son rapport semestriel sur un bond du nombre de chômeurs de 8 millions de personnes dans sa zone d'ici 2010, à 42 millions contre 34 millions actuellement. "Evidemment, ce chiffre dépend de beaucoup de variables qui ne sont pas encore connues. Il faut notamment voir quand la crise financière sera définitivement derrière nous", a nuancé Klaus Schmidt-Hebbel, économiste en chef à l'OCDE.

Sur ce point, la Belgique semble tirer son épingle du jeu. Selon une étude de SD Worx, spécialisée dans le service aux entreprises, 75 pc des sociétés de taille moyenne ne prévoient pas de vague de licenciements et une PME sur 5 envisage même d'augmenter ses effectifs, et ce malgré des coûts salariaux élevés.