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Le lancement de l'UMTS est une nouvelle fois reporté. Comme l'annonçait le journal `De Morgen´ vendredi, les trois opérateurs GSM belges ont envoyé une demande en ce sens au ministre des télécommunications Rik Daems. Dans cette requête, ils proposent que le lancement de la téléphonie mobile de troisième génération soit reporté de septembre 2003 à fin 2004. Pour rappel, ils avaient déjà obtenu un délai d'un an, de septembre 2002 à septembre 2003, il y a seulement six mois.

`Depuis lors, les raisons que nous invoquons sont toujours les mêmes´, dit Jean-Luc Van Kerckhoven, le porte-parole de Proximus, en citant notamment le retard accumulé par les fournisseurs d'infrastructures et de téléphones UMTS. `Il y a des problèmes d'interopérabilité entre les différents équipements. Certes, nous menons des tests mais pour l'instant, ils ne se font qu'avec une seule marque´.

Laisser le marché décider

Jeudi, John Goossens, le patron de Belgacom, avait quant à lui fait valoir que le développement européen de l'UMTS était différent de celui du GSM ces dix dernières années dans la mesure où 62 nouveaux réseaux vont devoir être déployés simultanément. Les réseaux GSM s'étaient quant à eux construits l'un après l'autre.

Au-delà des problèmes technologiques, le report de l'UMTS est lié aussi à une demande relativement faible des consommateurs pour toutes les applications dites d'`Internet mobile´. Ce que ne manque pas de souligner Thierry Bouckaert, le porte-parole de Mobistar. `En sollicitant un nouveau report, nous demandons en quelque sorte au ministre de laisser le marché décider du moment où l'UMTS sera mûr´, dit-il.

Se pourrait-il que Rik Daems refuse la demande des opérateurs, tout comme le gouvernement suédois a récemment refusé la demande de report jusqu'en 2006 émanant d'Orange? Du côté de l'IBPT, le régulateur du secteur des télécoms en Belgique, on juge cette hypothèse peu probable. Une réponse d'autant plus intéressante que c'est l'IBPT qui conseillera le ministre Daems en la matière.

`La demande des opérateurs belges me paraît raisonnable au vu du contexte´, dit Georges Denef, le directeur général de l'IBPT. `Il y a le retard technologique bien sûr mais il y a aussi toute la problématique des permis de bâtir pour les antennes´.

La garantie des licences

Par ailleurs, pour Georges Denef, un lancement fin 2004 est tout de même plus acceptable qu'un lancement en 2006. Et ce même s'il reconnaît que les obligations de couverture imposées par la licence belge sont relativement peu contraignantes. Autrement dit, une commercialisation de plus grande envergure en Belgique ne serait que pour 2006 ou 2007.

L'UMTS serait-elle donc l'Arlésienne des télécoms? `La meilleure garantie que nous allons développer l'UMTS est le prix fort que nous avons payé pour acquérir la licence´, répond Thierry Bouckaert.

© La Libre Belgique 2002