Entreprise

L' économie belge est au bord de la récession», affirme la Fédération des entreprises de Belgique, qui présentait mardi son baromètre conjoncturel. Selon elle, la conjoncture européenne continue à souffrir de l'augmentation des prix des matières premières (pétrole) et de la persistance de l'euro fort.

« Sur la base de notre enquête auprès des secteurs sensibles à la conjoncture, nous prévoyons que la croissance économique, proche de zéro au deuxième trimestre, ne dépassera pas 1 pc cette année. Grâce au fléchissement récent de l'euro et au rétablissement de nos principaux marchés d'exportation, nous devrions toutefois renouer avec une croissance de 2,1pc en 2006. Il n'est donc pas question pour l'heure d'une véritable récession », nuancent Caroline Ven et Edward Roosens, économistes à la FEB, dont le message est donc contrasté.

Il va de soi, selon la FEB, que la Belgique a également subi le contre-coup du ralentissement de la croissance chez quelques-uns de ses voisins qui sont aussi ses principaux partenaires commerciaux. Sans oublier la suppression, début 2005, des derniers quotas textiles chinois et le cours artificiellement bas du yuan...

«De grandes difficultés»

Indice du ralentissement: le pessimisme l'emporte largement dans le baromètre semestriel de la FEB. Plus de la moitié des entreprises, tous secteurs confondus, jugent la situation économique actuelle « mauvaise» et près de la moitié d'entre elles entrevoient l'avenir avec « inquiétude». Les exportations se portent particulièrement mal. 38pc des secteurs s'attendent à de « grandes difficultés» pour les six prochains mois. 47pc des secteurs prévoient une diminution des effectifs d'ici à la fin de l'année. Seule exception à ce tableau: le secteur de la construction, qui bénéficie de taux d'intérêt toujours bas et de la reprise des investissements.

Si le récent fléchissement de l'euro se poursuit et si les réformes structurelles réalisées aux Pays-Bas et en Allemagne commencent à porter leurs fruits, la croissance devrait néanmoins se poursuivre en 2006 et atteindre 2,1pc. « Mais pour y parvenir», a souligné mardi Caroline Ven, directrice du département économique de la FEB, « il ne faut surtout pas toucher aux diminutions de charges et d'impôts, tant pour les sociétés que les personnes physiques, prévues pour l'année prochaine». Celles-ci sont en effet, selon elle, les garantes de la confiance des consommateurs et des entreprises. « Il est donc primordial de prendre des mesures audacieuses pour diminuer les dépenses de l'Etat», a-t-elle poursuivi, de manière à créer la marge suffisante pour que toutes les mesures prévues soient mises en oeuvre. Alors que l'intégration européenne est critiquée et que d'aucuns remettent en question jusqu'aux avantages économiques de l'Union monétaire européenne et de l'euro, la FEB est catégorique: « Ces avantages sont énormes. Grâce à la baisse des taux d'intérêt qui a suivi notre adhésion à l'Union, les autorités belges remboursent chaque année 10,3 milliards d'euros de moins en charges d'intérêt», assure-t-elle.

Contagion européenne

A noter que le gouvernement français a révisé en baisse son objectif de croissance pour 2005, mardi, prévoyant désormais une hausse d'un maximum de 2pc au lieu de la fourchette de 2 à 2,5pc prévue jusqu'ici. Pour l'Allemagne aussi, la hausse brutale de l'or noir représente une menace supplémentaire sur les dépenses des ménages, au point mort, alors que la croissance donne de sérieux signes de faiblesse depuis le printemps.

© La Libre Belgique 2005