Entreprise Un temps menacée, la réserve stratégique sera bien disponible cet hiver. En outre, la situation du parc nucléaire français s’est améliorée.

Alors que la Belgique avait connu plusieurs soirées critiques en janvier dernier, notre approvisionnement en électricité ne devrait plus être menacé cet hiver. Plusieurs raisons expliquent cette embellie. Premièrement, la situation du parc nucléaire français s’est nettement améliorée, ce qui devrait permettre à la Belgique d’importer l’électricité dont elle a besoin depuis la France. L’hiver dernier, nos voisins du sud avaient été privés, en moyenne, de neuf réacteurs nucléaires durant la période hivernale, un record d’indisponibilité. Cette situation avait placé la Belgique en compétition avec la France pour importer de l’électricité.

Autre élément rassurant, notre pays disposera bel et bien d’une réserve stratégique d’électricité au cours de cet hiver. Pour rappel, cette réserve est composée de centrales au gaz subsidiées pour être prêtes à redémarrer en cas de pénurie d’électricité. Leur activation constitue l’une des toutes dernières étapes avant le plan de délestage.

Or la ministre de l’Energie, Marie-Christine Marghem (MR), a éprouvé pas mal de difficultés pour mettre en place la réserve stratégique de l’hiver 2017-2018. Premier contretemps, la Commission européenne a exigé que le système lui soit notifié afin de vérifier si les subsides octroyés ne constituaient pas une aide d’Etat incompatible avec le droit communautaire. Si le cabinet Marghem attend encore une décision officielle à ce sujet, il apparaît que les services de la concurrence ne sont pas contre la constitution de cette réserve moyennant quelques ajustements. Ainsi, la réserve stratégique aura finalement une capacité de 750 MW (au lieu de 900 MW) et elle sera constituée pour une seule année (au lieu de trois).

L’autre obstacle à la constitution de cette réserve était le prix jugé déraisonnable demandé par les différents candidats. Finalement, à l’issue d’une négociation avec le cabinet Marghem, les propriétaires des centrales de Seraing (EDF Belgium) et de Vilvorde (Energy Market) ont accepté de recevoir moins de subsides. Les sept autres candidats n’ont tout simplement pas été retenus.

Elia se veut rassurant pour cet hiver

Selon les dernières mises à jour d’Elia, la situation devrait donc être nettement plus confortable cet hiver. "Compte tenu de la disponibilité du parc de production en Belgique et chez nos voisins, les prévisions sont meilleures que celles de l’hiver dernier", explique Kathleen Iwens, porte-parole d’Elia.

Le gestionnaire du réseau national de transport n’exclut cependant pas une situation plus tendue si plusieurs événements devaient se produire simultanément. Ainsi, en cas d’indisponibilité inattendue de moyens de production et de circonstances météorologiques exceptionnelles, de nouveaux pics de prix pourraient survenir.

Rappelons qu’en dehors de la réserve stratégique, Elia dispose aussi d’une réserve dite opérationnelle de 1 000 MW. Cette dernière est censée prendre le relais en cas d’arrêt inopiné d’un réacteur nucléaire. Si la réserve stratégique ne devait pas suffire, Elia pourrait donc toujours activer cette réserve de secours, plutôt que d’enclencher le plan de délestage. Il y a donc de la marge…