Entreprise

Le compte à rebours pour les élections fédérales suscite un débat animé entre les acteurs socio-économiques et le pouvoir politique.

L'enjeu est important, l'économie des pays développés est désormais hautement dépendante des entreprises innovantes, grandes et petites, qui se concentrent dans les pays où matière grise, infrastructures, environnement universitaire et financier favorisent la créativité et attirent les investisseurs et les talents.

Un des grands secteurs concernés: les biotechnologies. D'après la Belgian bioindustries association qui regroupe l'ensemble des entreprises bio-industrielles émergentes en Belgique, l'investissement déjà consenti dans le secteur des sciences de la vie en Belgique, ainsi que son excellence scientifique, ont placé notre pays parmi les meilleurs pôles d'innovation potentiels en Europe.

Cependant les Belges restent trop peu entreprenants et la position des entreprises existantes est menacée en raison des freins qui entravent l'esprit d'entreprendre et la compétitivité des entreprises innovantes.

Soulignant les résultats de l'étude récente de l'Ecole Vlerick portant sur l'entreprenariat menée dans 37 pays et qui place la Belgique en 35e position (le plus mauvais score européen), les patrons des sociétés biotech innovantes réclament des mesures radicales en faveur de la recherche et des entreprises innovantes pour favoriser la croissance, créer des emplois de qualité et permettre à notre savoir-faire technologique de générer des retombées importantes dans les domaines stratégiques du futur, notamment les biotechnologies.

A cause d'un régime d'impôts insatisfaisant pour les compagnies innovantes et en raison de frais sociaux excessifs pour les chercheurs, les jeunes entreprises belges innovantes ne peuvent pas concurrencer les entreprises situées dans d'autres pays. Ce retard, si les investissements et incitations fiscales en faveur des biotechnologies n'augmentent pas rapidement, met en péril l'industrie de la santé en Belgique, prévient l'association. Un appel urgent a été adressé au politique en faveur du développement d'un secteur entrepreneurial concurrentiel des sciences de la vie en Belgique : « Réduire au minimum les coûts salariaux pour attirer de nouvelles entreprises innovatrices et maintenir celles déjà en place» est la première recommandation de la BBA.

L'exemple français des mesures prises dans ce sens, prouve qu'une politique volontariste permet d'inverser la tendance. Le modèle français d'exonérations d'impôts pour les entreprises des «Sciences de la vie» est en effet un modèle que les gouvernements fédéraux et régionaux belges devraient suivre comme objectif à court terme. L'objectif principal est de créer un statut fiscal spécial pour les sociétés actives en R&D en Belgique rendant notre pays plus attrayant pour des entrepreneurs et des investisseurs.

En Europe, le lien de cause à effet entre investissements en recherche d'un côté, et croissance économique et réduction de chômage de l'autre est très net. Il justifie l'objectif fixé par le Conseil européen de Barcelone d'atteindre 3 pc du PIB pour la recherche au lieu de 1,89 pc actuellement.

Concrètement, les chefs d'entreprises biotechnologiques innovantes revendiquent des mesures de réduction d'impôts pour les compagnies qui dépensent au moins 15 pc de leurs dépenses en R&D, qui ont moins de 500 employés en Belgique, et qui existent depuis moins de 18 ans. Nous avons besoin d'aligner l'environnement fiscal des jeunes entreprises innovatrices aux politiques mises en application dans les pays avec la plus basse imposition. Selon l'association des patrons de la biotech qu'il représente, l'alignement devrait couvrir tous les régimes comprenant l'impôt sur le revenu, les coûts sociaux et l'impôt sur les plus-values. Une telle harmonisation fiscale dans le secteur de l'innovation rendrait la Belgique plus attractive pour y investir, créer et développer une entreprise de recherche.

Les retombées positives sur la croissance économique feraient de ces incitants fiscaux d'excellents investissements pour la Belgique.

Les avantages d'une telle approche seraient de:- créer un pool d'innovation en biotechnologie en Belgique,- maintenir les chercheurs chez nous et attirer des talents d'autres parties du monde,- créer une réelle plate-forme de croissance pour la Belgique qui amplifiera l'emploi, les investissements et la croissance du PIB.

La BBA met en exergue des rapports prouvant que l'innovation est l'élément principal de la croissance économique et de la prospérité.

Secrétaire général de la Belgian bioindustries association.

© La Libre Belgique 2003