La BNB préconise une réduction des pensions, "inacceptable et indécent" rétorque le PS

Belga Publié le - Mis à jour le

Entreprise / Emploi

La Banque nationale de Belgique (BNB) considère que la diminution des dépenses de pension permettrait d'augmenter l'offre de travail et donc d'assainir les finances publiques, indiquent mardi L'Echo et Le Soir. Selon une étude récemment publiée dans sa "Revue économique de juin 2014", la BNB ajoute que les travailleurs pourront ainsi travailler plus longtemps afin de s'assurer des revenus suffisants lors de leur départ à la retraite. La BNB s'appuie sur une analyse de l'OCDE qui classe les dépenses publiques selon leur impact sur la croissance économique et indique que la réduction des pensions ainsi que des subventions sont les économies les moins pénalisantes.

La BNB constate un "consensus" sur le long terme quand à "l'effet largement positif d'une diminution des dépenses de pension" en raison notamment de "l'augmentation de l'offre de travail qui découle".

Selon la BNB, la Belgique devra réaliser environ 14 milliards d'économies d'ici 2017 pour réintégrer la trajectoire budgétaire fixée par l'Union européenne.

"Inacceptable, inadmissible et indécent" pour le PS

L'appel à une réduction des pensions pour participer à la relance de la croissance, publié sur le site de la Banque nationale de Belgique (BNB) est "inacceptable, inadmissible et indécent", selon le parti socialiste qui a rappelé mardi son plaidoyer en faveur d'une augmentation des pensions les plus basses financée par un impôt sur la fortune et le capital. Alors que l'étude publiée par la BNB évoque une "marge" permettant une telle réduction, le PS rappelle que selon le Comité d'études sur le vieillissement, "17% des pensionnés touchent une pension inférieure à 1000€/mois" et "20% des personnes de plus de 65 ans connaissent un risque de pauvreté, contre 14% pour le reste de la population".

Au contraire de cette étude, le PS est partisan d'une augmentation des pensions. "Ce n'est pas une caricature d'affirmer qu'il faut taxer les rentiers plutôt que demander aux caissières ou aux maçons de travailler plus longtemps: c'est une simple question de justice", a réagi le président Paul Magnette. Le PS propose de mettre la pension minimum à 1.300 euros par mois.

Outre le rejet de la réduction des pensions, le PS s'oppose également à l'idée de retarder le départ à la pension des travailleurs admis à la retraite en 2015 ou en 2016. "Il serait indécent de demander aux quinquagénaires et sexagénaires qui approchent de l'âge de la pension de reporter à nouveau leurs projets", a dénoncé M. Magnette.

Alors que les négociations suivent leur cours en vue de la formation des coalitions aux différents nouveaux de pouvoirs, le PS a rappelé son exigence d'une "relance sociale" et d'une "amplification des dynamiques de développement initiées en Wallonie, à Bruxelles et au fédéral".

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