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On attendait un accord du gouvernement wallon ce mercredi sur le délicat dossier énergétique mais il faudra encore attendre. Les membres de l’Olivier s’étaient accordés lundi sur des grands principes qui devaient être traduits en un accord global une fois les chiffres des experts connus. Mais une nouvelle fois, le gouvernement a renvoyé la finalisation du dossier à plus tard. Et il est peu probable qu’une solution soit trouvée ce jeudi. Le gouvernement se réunit effectivement aujourd’hui dès 10h pour tenter de désamorcer la bombe. Pour rappel, les discussions portent sur l’instauration d’une tarification progressive de l’électricité et sur la réforme du soutien à la filière photovoltaïque.

Certaines fuites estiment que la garantie de rachat des certificats verts par Elia pourrait passer de 65 à 40 euros. Ce changement toucherait rétroactivement les installations déjà en place. Les débats sur ce point sont vifs au sein de la majorité et il n’est pas exclu que la diminution du prix du certificat soit moins importante. Précisons que cette mesure ne concernerait que le photovoltaïque à l’exclusion des autres filières vertes. Si l’information n’est pas officielle, de nombreux propriétaires de panneaux se sont indignés devant le risque de rupture du contrat avec la Région wallonne. Les installateurs et d’autres intermédiaires du secteur se sont également insurgés contre cette mesure.

20 % des installateurs payés en certificats

Edora, la fédération des énergies renouvelables, estime que 15 à 20 % des installateurs sont rémunérés au moins partiellement avec des certificats verts. "Sur les 100 000 panneaux installés en Région wallonne, 15 000 à 20 000 installations sont directement concernées par une diminution du prix des certificats verts", précise Frank Gérard, conseiller chez Edora. Il existe de nombreuses formules actuellement sur le marché mais c’est celle du tiers investisseur qui ferait perdre le plus d’argent aux installateurs. "Avec cette formule, c’est l’installateur qui s’occupe de tout, y compris du financement, explique Frank Gérard. Le manque à gagner est donc important."

Si les petits installateurs devraient souffrir de la baisse des commandes, les grands noms du secteur sont également menacés. "Parmi les plus grosses entreprises du secteur, les pertes financières sont évaluées entre 1,5 et 2 millions d’euros sur une année", ajoute Frank Gérard.

Green Energy 4 Seasons, l’un des plus gros installateurs de panneaux en Belgique, s’est insurgé contre la mesure dans un communiqué de presse. La société estime que plusieurs milliers de contrats en tiers-investisseur ont été signés en Région wallonne. "Chez Green Energy 4 Seasons, plus de 2000 installations en tiers investisseur sont en place et il en reste encore 500 à financer, relate la société. Les conséquences financières seront désastreuses sur les comptes de la société. Comment les banques déjà frileuses vont-elles encore suivre ?"

Mais d’une façon générale, tous les acteurs du photovoltaïque sont concernés : à l’approche du 31 mars, de nombreux particuliers se sont rués chez les installateurs pour signer un contrat avant l’expiration des mesures de soutien. Or, avec cette nouvelle donne, il y aurait un risque d’annulation des commandes.