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Le Belge a toujours eu une brique dans le ventre, l'a toujours et l'aura toujours. Par habitant, la Belgique est d'ailleurs l'un des pays qui produit le plus de briques au monde. En 1999, la production belge a atteint 2,417 millions de m. Si d'autres matériaux, tels que le bois, l'aluminium, le verre, le crépis, sont de plus en plus utilisés dans la construction résidentielle, le Belge garde en tête l'idée qu'une maison se construit en briques. Dès lors, quoi de plus normal de commencer notre série sur les métiers de la construction par ce produit «naturel et durable», selon ses fabricants?

N'étant pourtant rien d'autre que de la terre qui a subi une transformation sous un réchauffement intense une technique de cuisson déjà en vigueur au Moyen-Orient des milliers d'années avant notre ère , la brique se décline de nombreuses façons.

Elle peut être non décorative soit celle qu'on utilise pour les murs (60,5 pc de la production), décorative ou de parement celle qui est prévue pour la façade ou encore de pavage pour les terrasses par exemple.

C'est bien sûr la brique de parement qui se «voit» le plus. Elle peut être faite main avec un aspect rustique, des côtés souvent inégaux, ou mécanique à l'apparence plus achevée. Ses variations peuvent être nombreuses. «Il existe des tonalités et des formats différents en rapport avec l'architecture de l'habitation», note Mme Van de Keere, du briquetier belge SVK. «Pour une maison moderne, ce sont les briques que nous appelons Argentum, d'un gris doux nuancé, et Baudeloo, de teinte jaune pâle, qui conviendront le mieux. Pour une fermette, il existe la brique Fermette, de teinte rouge-noir très nuancée; la maison classique sera plutôt en Bourgogne, brique de teinte rouge-blanc-noir très nuancée».

Le format plus longue, plus courte, plus épaisse, plus plate aura aussi son importance et influencera l'aspect de la façade. De même que les joints. «Depuis quelques années, on constate que, de plus en plus, les concepteurs d'habitation jouent avec les couleurs des joints, afin de réaliser des contrastes, par exemple».

Si l'offre est variée, c'est peut-être parce que le Belge n'est pas unique. Au nord et au sud, les différences de goûts peuvent être importantes. Ainsi, à la Côte, les préférences vont à la brique jaunâtre, tandis que les Wallons les aiment un peu épaisses.

Matériau traditionnel, la brique n'en connaît pas moins des innovations. Ainsi, à Batibouw, était lancé pour la première fois en Belgique le système de collage Poro+, un développement de Terca. «Il s'agit, pour les murs intérieurs, d'une colle qui se place entre les briques avec un rouleau. Et ce à la place du mortier classique. Ce système offre, notamment, un meilleur rendement, une meilleure isolation et diminue les problèmes d'humidité», explique Geert Maes, marketing manager de Terca.

Lundi: les cuisines.

© La Libre Belgique 2001