Entreprise Les analystes conviés à une conférence en ligne n’ont pas aimé son discours.

L’extraterrestre de l’automobile, Elon Musk, a encore frappé cette semaine lors de la conférence téléphonique consacrée à la présentation des résultats trimestriels du constructeur de voitures électriques Tesla. Interrogé par les analystes sur l’état de la trésorerie de l’entreprise et sur la probabilité d’un appel aux capitaux, il a boudé ces derniers en assurant que le sujet était ennuyeux et sans intérêt… Ce qui a provoqué la colère de ces derniers, et le désarroi des actionnaires, l’action dégringolant de 10 % en séance avant de réduire ses pertes.


Crédibilité ébréchée

L’audace d’Elon Musk, CEO de Tesla, dans sa communication pourrait lui coûter beaucoup d’argent si elle devait peser durablement sur le niveau de confiance du marché dans la capacité de l’entreprise à dégager des bénéfices. C’est que pour l’heure, Tesla perd de l’argent, 709,6 millions de dollars sur le trimestre écoulé, tout en restant alignée sur les perspectives annoncées, avec une croissance des revenus de l’ordre de 26,4 % à 3,41 milliards de dollars. Le problème de Tesla, mis en évidence par les analystes, est toujours le rythme de production de son Model 3, trop lent, alors que l’entreprise est forte pour ce véhicule qui devrait lui permettre de décoller, d’un carnet de commandes portant sur 500 000 unités.

Même valorisation que GM

Le marché est là, et l’entreprise ne doit actuellement sa survie financière qu’au crédit accordé à son patron. A titre de comparaison, Tesla qui perd de l’argent par camions, est valorisée en Bourse au même niveau que General Motors… qui a survécu, il est vrai, à la faillite grâce à l’intervention du gouvernement américain durant la crise.

Enfin, une partie de la pression sur l’action est liée aux importantes positions spéculatives à la baisse sur l’entreprise. Le climat anxiogène étant alimenté par les déclarations tonitruantes des dirigeants des "hedge funds" positionnés à la baisse, à hauteur de 25 à 30 % du capital…

Elon Musk a assuré aux analystes que l’usine où il passe tout son temps ces derniers mois, serait capable d’atteindre le rythme de production espéré dans les deux mois, et n’aurait donc pas besoin d’une recapitalisation.

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