Entreprise L’administration des douanes s’appuie sur un service marketing pour convaincre de l’efficacité de ses services.

Le fait de disposer de services douaniers rapides et efficaces est un atout pour attirer des entreprises étrangères dans un pays. Dans le cadre du Brexit, l’administration belge des douanes et des accises s’appuie sur un service marketing chargé de vanter les mérites de notre pays dans ce domaine. Selon Werner Rens, le fonctionnaire qui dirige ce service d’une quinzaine de personnes, le travail commence à porter ses fruits. "Nous avons déjà rencontré les responsables de grandes entreprises intéressées par la Belgique, explique-t-il. Je ne peux dévoiler aucun nom, mais nous ciblons particulièrement les secteurs automobile et pharmaceutique."

A l’aéroport de Liège, l’une des trois plus importantes zones de transit de marchandises du pays avec le port d’Anvers et Zaventem, environ 200 douaniers sont détachés pour accélérer au maximum le transit de ces marchandises. Le discours y est d’ailleurs plus proche de l’attaché commercial que de celui de contrôleur fiscal. D’après Raphaël Van de Sande, inspecteur principal détaché à Liège, les douanes s’adaptent le plus possible aux demandes des entreprises. "Bien sûr, nous faisons respecter les règles européennes mais notre mission est aussi de faciliter la vie des entreprises, déclare-t-il. Nous rencontrons d’ailleurs beaucoup de sociétés avant qu’elles s’établissent à Liège afin de leur montrer nos systèmes informatiques, nos procédures."

La Belgique dans le viseur

Il semblerait néanmoins que tout ne se passe pas pour le mieux en matière douanière dans notre pays. Selon Yves Melin, l’un des rares avocats francophones spécialisés dans ce domaine, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et… la Belgique feraient partie des pays dans le viseur de la Commission européenne pour mauvaise application des tarifs douaniers. Il faut dire que la majeure partie de l’argent récolté par les douanes est affectée au budget de l’Union européenne. Le restant doit servir au financement des contrôles.

Face au manque d’expertise des entreprises wallonnes dans cette matière très complexe, l’Université de Liège a mis au point une formation en collaboration avec l’Université d’Anvers, le SPF Finances et SPF Economie. "Ce manque de compétence affaiblit le tissu économique wallon", explique Marc Bourgeois, professeur de droit fiscal à l’Ulg et coordinateur de cette nouvelle formation. "Soit les entreprises paient trop de droits de douanes, soit elles ne remplissent pas leurs obligations, ce qui les expose à de grosses dettes vis-à-vis de l’administration." La formation de base commencera en mai 2018, et le certificat universitaire en janvier 2019.