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Le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, et l’administrateur général des Douanes, Noël Colpin, ont présenté hier à la presse le nouveau plan de politique douanière pour la Belgique. Un plan existant puisque cette branche de l’administration des Finances s’adapte en permanence à l’évolution des techniques, sous la direction de son patron, Noël Colpin, qui tente depuis des années de maintenir le cap de la modernité pour ses quelque 3 700 fonctionnaires. Ici, a-t-il expliqué, "nous ne faisons que redonner un coup d’accélérateur au plan existant en l’intensifiant, sous l’impulsion de décisions inscrites dans l’accord gouvernemental. Et ceci se fait en plein accord avec le secteur du commerce international qui est partie prenante des grandes orientations au travers du Forum national, un organe de concertation unique" .

Plan quinquennal

Est-il important de donner à cet événement une répercussion quelconque ? Le plan distribué hier est en effet un peu… indigeste. Mais à y regarder de plus près, il est clairement destiné à doper une part de l’activité économique de notre pays. Il vise, en effet, comme l’a expliqué Noël Colpin, "à faciliter le commerce licite en Belgique, et à lutter contre le commerce illicite" . Le ministre des Finances a rappelé que "notre pays est un point d’entrée commercial dans la zone euro" . Il y a donc lieu de se préoccuper de faciliter le transit des marchandises via les points d’accès, ports et aéroports, afin de garder cet avantage spécifique qui fait apparemment l’objet d’une concurrence féroce de la part des plateformes logistiques présentes dans les pays limitrophes. Pour ce faire, l’administration a développé un plan quinquennal portant sur 136 points concrets. Sans entrer dans le détail de ce plan qualifié d’ambitieux par Noël Colpin, les mesures vont clairement dans le sens d’une simplification des procédures et d’un enregistrement qualitatif des parties prenantes afin d’accélérer les opérations en diminuant la fréquence des contrôles. On parle ici de "compliance", soit la mise en adéquation des pratiques internes des entreprises opérant dans l’import-export avec les demandes et les systèmes de contrôle de l’administration, en contrepartie de cet allégement des vérifications sur le terrain. Tout cela passe par des procédures d’agréation pour les entreprises, mais aussi par une volonté, à concrétiser, de concilier les opérations entre les différentes administrations et la police. La Douane veut d’évidence mettre le paquet sur cette réforme qui touchera aussi sa structure organisationnelle, ce qui a fait réagir le syndicat UNSP (secteur Finances), qui est en accord avec la volonté de facilitation de la chaîne logistique, mais qui note "qu’y consacrer l’essentiel de ses forces est nettement moins louable et est même dangereux. Le gouvernement semble négliger la protection du marché intérieur et du consommateur, la lutte contre la contrefaçon, la contrebande de cigarettes, le trafic de stupéfiants, le terrorisme et le blanchiment d’argent" .