Entreprise

Après des mois de négociations, le tribunal de commerce de Mons a homologué lundi la reprise de la faïencerie louviéroise Royal Boch par l'homme d'affaires bruxellois Patrick de Maeyer.

Ce dernier, en partenariat avec la Région wallonne, deviendra sous peu propriétaire de la marque Royal Boch, des bâtiments et du stock de la Manufacture, faillie le 26 février dernier et occupée depuis plus de quatre mois par une quarantaine de ses derniers travailleurs. Le plan de reprise prévoit de réembaucher 39 de ces ouvriers dont l'ancienneté dépasse souvent les 30 ans.

A l'annonce du jugement, salué par une salve d'applaudissements, le secrétaire régional SETCa Manuel Morais et une travailleuse ont remis à la présidente du tribunal un vase Boch (collection Boerenbont) garni de 43 roses rouges, comme le nombre de travailleurs qui n'avaient pas retrouvé d'emploi et qui occupaient le site Boch depuis le 18 février. Comme annoncé vendredi par les curateurs, les deux principaux créanciers de la Manufacture (l'entreprise ostendaise Arovo et la banque ING), ne se sont pas opposés à l'accord conclu mercredi entre la curatelle et le repreneur.

Le collège communal de La Louvière a par ailleurs marqué lundi matin son accord sur le nouveau projet industriel de Patrick De Maeyer. Plutôt que de reconstruire une usine sur le site voisin des anciennes entreprises Ubell, comme il l'avait d'abord envisagé, le repreneur estime aujourd'hui plus pertinent de relancer les activités dans une partie des bâtiments historiques du site Boch-Kéramis, cernés par un vaste projet immobilier.

L'essentiel des discussions de lundi, devant le tribunal de commerce, ont porté sur l'accord de vente signé le matin même par l'ancien conseil d'administration de la faïencerie. Un "avis" positif assorti de quelques demandes de garanties (sur la continuité des activités, le réinvestissement sur le site des éventuelles plus-values¿) qui ont eu le don d'agacer le candidat repreneur, ses avocats et les syndicats. "C'est quand même fort que ceux qui ont conduit la société à la faillite imposent des conditions ", s'est exclamé Patrick de Maeyer.

Les "conditions" posées par les anciens actionnaires ont finalement été glissées au dossier en tant que simples réserves morales, "peut-être comme un baume sur leurs erreurs passées ", a commenté le substitut Hanse.