Entreprise

Cela fait plusieurs semaines que le fameux groupe suédois Nordström, propriétaire du Sheraton Brussels Hotel, avait les mains totalement libres pour sonder le marché et ainsi dénicher un repreneur pour son bâtiment. Avec Primecity, c’est apparemment chose faite. Dans les jours qui ont suivi la déclaration de faillite du plus gros hôtel de la capitale en décembre dernier, les deux curateurs en charge du dossier avaient en effet pris la décision de revendre tous les meubles de l’établissement hôtelier au propriétaire afin de libérer ce dernier de toute activité économique. Coût de l’opération au profit de la curatelle : 600 000 euros.

Pour mémoire, le Sheraton Brussels Hotel, situé place Rogier, a fait aveu de faillite le mardi 13 décembre dernier. Par ce biais, il avait mis définitivement un terme à la procédure en réorganisation judiciaire (PRJ) dans laquelle il était engagé depuis la fin du mois de septembre. En cause : une impossibilité dans le chef du propriétaire suédois et de la société d’exploitation Starwood de trouver un terrain d’entente quant à la prise en charge des travaux de rénovation et de désamiantage du bâtiment construit dans les années 70. Le coût de l’assainissement de l’hôtel avait alors été évalué à 50 millions d’euros.

Quelques années plus tôt, le groupe suédois avait par ailleurs décidé de scinder la société en deux entités distinctes : l’une destinée à l’activité immobilière, l’autre à l’activité hôtelière. L’opération reste aujourd’hui vivement critiquée par les organisations syndicales. "Qu’est-ce qui justifie une telle scission dans le chef du propriétaire si ce n’est de faire en sorte qu’on ne puisse pas se retourner contre lui sur la valeur de l’immeuble pour se faire indemniser en cas de faillite de l’activité hôtelière ?", peste Xavier Muls, secrétaire permanent de la CGSLB. "Ce type de montage financier est de plus en plus fréquent", observe-t-il. Cette question fait actuellement l’objet d’une enquête du côté de la curatelle. Cette dernière doit également plancher sur le caractère légal ou non de cette faillite. "Y a-t-il eu une volonté délibérée ou non dans le chef de Nordström d’aller vers la faillite ? Je pose la question", lance Grace Papa, secrétaire permanente pour la CSC Alimentation et Services.

Les travaux de désamiantage et la reprise du personnel

Les deux curateurs nommés fin de l’année dernière par le tribunal de commerce néerlandophone de Bruxelles doivent par ailleurs encore récupérer une série de créances non payées pour un montant total de 1,2 million d’euros. L’argent récupéré devrait permettre à la curatelle d’indemniser les 200 travailleurs licenciés à hauteur de 70 %. Le solde devrait leur être versé par le Fonds de fermeture des entreprises. "Primecity, c’est en soi une bonne nouvelle. Mais ce qui serait magnifique, commente Xavier Muls, c’est qu’il reprenne l’ancien personnel du Sheraton." "Il y a deux questions fondamentales qui se posent, prévient Grace Papa : Un, Primecity va-t-il prendre en charge les travaux de désamiantage, et dans quelle(s) mesure(s) ? Deux, compte-t-il reprendre les anciens travailleurs ? On attend de voir..." Quoi qu’il en soit, les syndicats disent espérer obtenir une indemnisation totale des travailleurs pour octobre 2017.