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La mésaventure n’est pas banale : une Française résidant en Belgique a été à huit reprises victime d’une falsification de chèques et de virements adressés par courrier vers un destinataire habitant en France. Dont coût : une perte sèche de 15000 euros et une plainte déposée auprès de La Poste.

Une telle déconvenue, fort heureusement, est assez rare. "Sur les millions de virements réalisés chaque année, seuls quelques cas exceptionnels ont été identifiés", assure la Banque de la Poste.

Les banques belges ont en effet des procédures de contrôle qui permettent d’éviter de telles fraudes. "Nous sommes régulièrement confrontés à la présentation de virements falsifiés. Nous les détectons dans la grosse majorité des cas grâce aux procédures de contrôle mises en place par la banque", souligne ainsi Dexia Banque.

Il y a des tentatives de fraude évidentes, rappelle Febelfin, la fédération du secteur financier belge : ajouter un "0" dans le montant à verser - qui plus est, parfois, dans une autre couleur ! - un numéro de compte barré, une signature "manifestement différente par rapport à celle du titulaire du compte". Dans ce cas, la tentative de fraude est rapidement détectée.

Ce n’est pas toujours le cas. Des tentatives de fraude sont parfois couronnées de succès. Dans ce cas, la banque interviendra en principe en faveur de son client lésé. Chez Axa, "le client est évidemment remboursé, sauf si sa responsabilité est réellement mise en cause". "Un dédommagement est étudié au cas par cas. S’il y a eu faute de notre part, nous intervenons", explique pour sa part BNP Paribas Fortis. De son côté, KBC explique que le client "sera remboursé" si la falsification a été détectée après que le virement frauduleux a été effectué.

Autant de raisons qui poussent logiquement les banques à éviter d’honorer les yeux fermés tous les virements papiers qui leur sont transmis et à conseiller d’utiliser les virements électroniques.

KBC, par exemple, n’accepte "jamais" les virements déposés dans la boîte postale extérieure des agences. "Seuls les virements qui sont remis dans l’agence sont acceptés", précise KBC.

Chez Axa, seuls les virements "remis en mains propres au guichet" sont acceptés pour autant que la personne qui donne ce virement soit bien le mandataire ou le titulaire du compte. "Les très rares virements que nous recevons directement du client au siège central sont renvoyés à l’agence du client pour vérification. Au besoin, le client sera contacté personnellement", explique Axa Banque.

Chez BNP Paribas Fortis, il est même possible d’éviter tout cas de fraude. "Les clients qui optent pour le self-banking peuvent donner l’ordre à BNP Paribas Fortis de ne plus accepter de virements papiers."

Pour éviter de telles fraudes, rien ne vaut donc le virement électronique - via un self ou via Internet banking, que ce soit pour des versements effectués vers un compte belge voire étranger (la transaction est d’ailleurs gratuite dans le cadre du Sepa pour une opération vers la France, l’Espagne ou encore l’Italie).

Si cela n’est pas possible, adresser le virement via un envoi postal recommandé peut dès lors être une précaution utile.