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La centrale générale de la FGTB Liège-Huy-Waremme a présenté lundi une nouvelle étude sur le redéploiement de Liège. L'étude, baptisée «Redéploiement liégeois: réussissons-le ensemble» relève tant les points forts que les faiblesses de la province et fait des propositions. «Les tables rondes prévues par le Groupement de redéploiement (GRE) de Liège doivent être élargies à tous les acteurs et pas seulement à quelques personnalités», a martelé Marc Goblet, président de la centrale. Transmise au président du GRE, le ministre wallon, Michel Daerden (PS), l'étude aurait reçu un accueil positif. Il est aussi sur la table du ministre Jean-Claude Marcourt (PS, Economie).

La FGTB relève la faible progression des revenus des ménages, le taux de chômage (21pc), le déclin de l'industrie lourde, la délocalisation des banques, le taux de criminalité élevé, le sentiment d'un contexte social agité ainsi qu'un PIB faible et en décroissance. «Le PIB par habitant de la province de Liège (19209€ en 2003) est nettement inférieur au plus faible niveau atteint par une province flamande (le Limbourg, 22000€). Pour une province qui se veut toujours être la capitale économique d'une Région, ce n'est pas glorieux», lit-on dans l'étude. D'après la centrale syndicale socialiste, Liège a des atouts: une université complète et internationale, 40 spin offs, un important réseau d'infrastructures diversifié, un secteur de R&D qualifié, faibles prix des terrains, etc.

Un syndicalisme de réseau

Liège jouit d'une bonne réputation internationale sur le plan sportif et culturel, mais en matière économique, il y a du chemin à faire. La FGTB prône donc une politique économique plus active en mettant en avant des fleurons liégeois comme la cristallerie du Val St-Lambert; FN-Herstal (armement léger); etc. Elle propose la création d'une cellule provinciale pour coordonner la communication et les actions des acteurs du redéploiement vers l'extérieur. Elle demande une meilleure organisation des aides aux entreprises en contraignant celles-ci à les capitaliser.

D'après elle, les entreprises utilisent les quelque 300millions d'euros d'aides annuelles à l'investissement pour améliorer leur compétitivité directe en terme de prix de vente plutôt que de les investir ou de créer de l'emploi. Pour la FGTB, le succès passe aussi par une meilleure coordination des outils économiques (Meusinvest, Sowalfin, SRIW, etc.). Elle souhaite que Meusinvest puisse prendre des participations majoritaires (ou la totalité du capital) dans les entreprises pour permettre aux projets jugés peu rentables de démarrer. La FGTB prône le développement de filières ayant un fort attachement provincial (bois, eau, pierre, la distribution, la logistique, etc.).

Elle estime qu'un dialogue renforcé entre les centres de recherche et les entreprises permettra de créer de l'emploi pour la main-d'oeuvre peu qualifiée. «A plus long terme, notre enseignement doit lui aussi évoluer en rendant nos jeunes plus polyglottes et plus créateurs d'entreprises», conclut la FGTB qui plaide pour un dialogue social plus fort et un syndicalisme de réseau.

© La Libre Belgique 2005