Entreprise

Cela fait plusieurs mois que la missive est arrivée sur le bureau du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt (PS). Signée par l’ADEB, l’association des éditeurs belges, elle fait état du mécontentement du secteur de l’édition quant à la possibilité de voir émerger dans les prochains mois un texte de loi établissant, en Belgique francophone, une politique de libre accès aux publications scientifiques.

"L’ADEB a pris connaissance de l’existence d’un projet de décret en matière d’‘open access’, rapporte le courrier. Elle s’étonne de ne pas avoir été consultée préalablement à l’élaboration de ce décret. Les éditeurs scientifiques représentés par l’ADEB sont directement impactés par toute nouvelle politique en matière de libre accès." Et de souligner plus loin : "Les éditeurs de la section scientifique de l’ADEB plaident depuis plusieurs années pour des durées d’embargo respectueuses de la viabilité des revues en fonction de la spécificité de chaque secteur […]."

Rappel contextuel. Tandis que la Belgique connaissait jusqu’ici un vide juridique en la matière, la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé, le 5 octobre dernier en première lecture, un avant-projet de décret visant, très concrètement, à faire en sorte que chaque citoyen du monde puisse à l’avenir avoir un accès libre et gratuit à la connaissance scientifique qui est générée par des deniers publics. "Il est inconcevable que les recherches scientifiques financées sur fonds publics deviennent la propriété de sociétés commerciales (comprenez: les éditeurs) et ne puissent plus être diffusées que contre un second paiement", nous confiait-on récemment dans les rangs du monde académique belge francophone. Pour rappel, les universités et instituts de recherche, premiers producteurs de ces contenus, doivent en effet payer pour pouvoir s’abonner aux prestigieuses revues scientifiques.