Entreprise

A l'appel des syndicats, quelque 400 personnes ont manifesté leur mécontentement, jeudi matin dès 9 heures, devant plusieurs grands hôtels de la capitale afin de dénoncer les manquements constatés en termes de droits sociaux dans le secteur Horeca bruxellois, selon Jean-Pierre Leborgne, secrétaire de la Centrale chrétienne de l'Alimentation et des Services (CCAS).

Selon les syndicats, des entorses à la législation sociale ont été constatées dans plusieurs hôtels. Mais, c'est la dernière en date qui a mis le feu aux poudres. Soit le licenciement sec par l'hôtel Amigo (centre de Bruxelles) de 8 personnes, dont 5 représentants syndicaux. Une décision que les syndicats qualifient d'unilatérale, la direction de l'hôtel - le groupe italo-anglais Rocco Forte - n'a pas jugé nécessaire de motiver ses licenciements. Les syndicats soupçonnent l'Amigo d'avoir voulu se débarrasser de gêneurs, opposés à l'instauration d'un système de salaire horaire.

En effet, une convention de 1997 laisse désormais le choix aux hôteliers entre une rémunération au pourcentage du chiffre d'affaires assorti d'un montant minimum si la recette est insuffisante (système en vigueur depuis 1958) ou un salaire horaire. A ceci près, que les entreprises actives avant 1997 doivent négocier avec leur personnel pour pouvoir changer de règlement de travail et le notifier en commission paritaire. Cette différence de traitement aiguise la concurrence entre les hôtels anciens et nouveaux. Certains s'estiment d'ailleurs discriminés, explique Jean-Pierre Leborgne.

Reste que le personnel Horeca apprécie modérément le salaire horaire, dans la mesure où il s'apparente au minimum de sécurité appliqué dans le pourcentage de la recette. Les prévisions de croissance sont plus qu'optimistes pour l'hôtellerie bruxelloise qui pratique d'ailleurs encore des prix inférieurs par rapport aux autres grandes capitales, souligne Christian Bouchat, responsable FGTB pour le secteur Horeca bruxellois. La tentation est grande pour les employeurs - pour la plupart d'ailleurs des PME - de conserver les bénéfices.

Et le syndicaliste d'expliquer que depuis l'introduction de la TVA sur les services en 1971, de nombreux hôteliers ont voulu garder en main les montants sur lesquels ils devaient s'acquitter. Cela constitue une pression supplémentaire pour la généralisation d'un salaire horaire.

CONVENTION

Plus généralement, les syndicats estiment que le secteur est victime également de la part de ses employeurs de nombreux abus, tels que notamment le recours croissant aux faux horaires à mi-temps, à la sous-traitance et au travail au noir. Un premier contact, visant à la signature d'un accord sectoriel, entre les syndicats et la fédération du secteur devrait avoir lieu la semaine prochaine; quelques jours avant la négociation pour le renouvellement des conventions nationales prévu pour le 31 mars 2001.

© La Libre Belgique 2000