Entreprise

Le nombre d’offres d’emploi est en diminution dans pratiquement tous les secteurs", note d’emblée Marc Vandeleene, communication&PR manager chez Manpower Belgium. Une preuve notamment avec la baisse du nombre d’offres sur Internet, le Monster Employment Index Belgium perdant 3 pc en janvier, enregistrant son septième mois de recul d’affilée (1). "De nombreuses entreprises essayent de trouver des solutions en interne, quand l’un de leur collaborateur part en pension, par exemple", poursuit Marc Vandeleene. "Mais dans le même temps, les entreprises recrutent toujours certains profils. Notamment ceux qui étaient déjà en pénurie avant la crise. Mais peut-être avec plus de parcimonie. On cherche ainsi toujours des ouvriers qualifiés, des comptables, des personnes pour les call centers "

Même constat pour Philippe Meysman, directeur recrutement et sélection Belgique pour Hudson. "Les entreprises recherchent toujours des ingénieurs ou des profils pointus en informatique, par exemple."

Du côté des profils financiers également, le marché continue à bouger. "On a toujours une demande importante en comptabilité, audit et risk management", note Joël Poilvache, director Bruxelles et Wallonie chez Robert Half. "En contrôle de gestion, nous avons eu une forte demande en 2007-2008. Maintenant, c’est plus calme."

Dans les banques même, des mouvements sont toujours enregistrés. "Mais il y a un certain attentisme", note Joël Poilvache. Dans les fonctions de direction aussi. "Les entreprises sont dans l’attente. Par exemple, pour remplacer un directeur financier, elles vont plutôt faire appel à un intérim manager."

Côté informatique, la demande est toujours là. "Mais elle a chuté et est beaucoup moins forte qu’il y a quelques mois", note Kathleen Schurmans, directeur régional Benelux et Italie d’Elan IT . "Certains profils sont toujours demandés, mais dans une moindre mesure : télécoms, SAP, tout ce qui est lié à l’infrastructure. On enregistre aussi des demandes pour des project managers, les entreprises cherchant des solutions pour réduire leurs coûts."

Certains profils sont aussi plus dans l’air du temps. "C’est le cas de tout ce qui touche à l’environnement et au développement durable : ingénieurs, consultants Mais ces profils ne représentent pas encore un volume important dans le recrutement", note Philippe Meysman.

La crise met aussi en avant certaines fonctions. Du côté du commercial notamment. Les "hunters" sont prisés. "En période de crise, il faut ramener des commandes, des clients, des missions", constate Philippe Meysman. "Idem pour les acheteurs qui font aussi gagner de l’argent aux entreprises. Cette fonction s’est fortement professionnalisée ces dernières années."

Et puis, la crise est une opportunité aussi pour certains. "Les changements de comportements des consommateurs peuvent générer du business pour certains", note Marc Vanderleene qui pense notamment aux sociétés qui proposent des produits et services moins chers.

Grandes entreprises

"Ce sont surtout les grandes entreprises qui sont moins enclines à faire du recrutement en période de crise",estime Philippe Meysman. "Les entreprises internationales, notamment, qui reçoivent des directives de leur maison mère à l’étranger. Dans les PME, porteuses de croissance, la situation est différente. Entre autres, parce que le personnel est moins nombreux : si le comptable part, il faut bien le remplacer. Son travail est difficilement "transférable" à un collègue, comme cela arrive plus souvent dans de plus grandes structures."

La tendance est la même dans le recrutement fixe ou l’intérim. "L’intérim souffre en premier lors d’une crise. Mais lorsque la reprise est là, c’est lui aussi qui redémarre en premier", précise Marc Vandeleene qui note aussi que "la crise fait passer au second plan certains phénomènes, comme la guerre des talents, le vieillissement de la population Mais ils sont toujours là et ne sont pas à négliger. Quand la reprise sera là, ils seront peut-être encore plus criants".

(1) Le Monster Employment Index est basé sur une analyse mensuelle de plusieurs milliers d’offres d’emploi en ligne, provenant d’une large sélection représentative de pages d’emploi, de sites d’entreprises et de sites de carrière. L’analyse se fait au niveau européen et la Belgique fait bonne figure. En Belgique, le Monster Employment Index n’a perdu que 3 pc, alors que la chute mensuelle constatée en Europe (-19 pc) ramène le nombre d’offres d’emploi en ligne dans l’Union européenne à son niveau le plus bas depuis 2006. Le ralentissement de l’activité de recrutement en ligne est le plus brutal au Royaume-Uni (-21 pc), en France (-19 pc) et en Allemagne (-16 pc).