La nouvelle vie des ex-Sabéniens (1/5)

Monique Baus Publié le - Mis à jour le

Entreprise

Combien, parmi les ex-Sabéniens, ont aujourd'hui retrouvé du travail? Même si aucun chiffre précis ne peut être avancé, des tendances nettes se dégagent dans les trois Régions du pays. Trois Régions qui ont fonctionné selon leur propre système, d'où la difficulté de dresser un bilan global.

La Wallonie a ouvert des cellules de reconversion (public concerné: 22 pc de l'effectif total), tandis que la Flandre (54 pc) et Bruxelles (24 pc) ont proposé un service d'outplacement. Trois systèmes différents, pour trois manières distinctes de les évaluer.

En Wallonie, les responsables des cellules ont été invités à suivre de près l'évolution de chaque dossier ouvert. Ce qui leur permet de conclure que 55 pc des personnes suivies (938 Wallons sur les 1707 qui s'étaient inscrits comme demandeurs d'emploi après la faillite) ont retrouvé du travail et que plus de la moitié des autres (400 personnes) sont actuellement en formation. Il est intéressant de constater que la remise à l'emploi a été plus aisée pour les hommes (58 pc de ceux qui sont passés par le Forem travaillent actuellement) que pour les femmes (46 pc seulement). Et que l'essentiel de l'effort s'est produit entre février et septembre.

Toutes les professions n'ont pas connu un égal succès. De façon très surprenante, c'est le personnel de cabine qui semble avoir le plus de mal à passer à autre chose (seulement quatre des dix chômeurs de départ ont retrouvé un emploi - surtout les stewards et beaucoup moins les hôtesses). On est très loin des performances des techniciens spécialisés (6 sur 10 sont au travail), des pilotes (c'est le cas de 58 pc!), des employés et du personnel du cadre (55 pc), du personnel de service au sol (54 pc) et des manutentionnaires (51 pc).

Remarquables différences, aussi, selon le niveau d'études, les plus appréciés étant les apprentis et techniciens spécialisés (64 pc travaillent à nouveau) et les diplômés du secondaire supérieur (60 pc).

Les ex-Sabéniens wallons ont-ils retrouvé dans leur branche ou ailleurs? Logiquement, le personnel au sol s'est plus souvent reconverti dans d'autres métiers que les navigants, recherchant de préférence l'emploi de proximité tandis que les autres privilégiaient plutôt la recherche d'une mission similaire.

Précision importante: 33 pc seulement de ceux qui ont retrouvé du travail ont signé un contrat à durée indéterminée; pour 26 pc, à durée déterminée et 6 pc qui sont occupés par l'intérim - le reste étant constitué des engagés par la curatelle (en passe d'être) repris.

Même si les Wallons ne constituent pas la majorité des ex-Sabéniens, ils appartiennent au groupe le mieux analysé. A Bruxelles, une cellule d'emploi de l'Orbem a été chargée de coordonner toutes les initiatives de reclassement. Chaque Bruxellois licencié peut bénéficier d'un service d'outplacement. Sur environ 1900 dossiers de départ, 579 sont toujours ouverts, soit un peu plus de 30 pc. Mais rien ne permet de conclure que les septante autres ont retrouvé du travail. `Les gens ne nous disent pas ce qu'ils deviennent´, explique Béatrice Hendricx, coordinatrice de la cellule bruxelloise. Le faible succès de l'aide proposée, par contre, apparaît clairement. `Sur l'ensemble des personnes qui pouvaient bénéficier du soutien, 300 seulement se sont inscrites, dont 200 sont effectivement venues, parmi lesquelles 42 seulement suivent toujours la procédure d'outplacement.´ Très peu.

Le succès a été bien plus important en Flandre, où 70 pc des ex-Sabéniens suivis (2440 personnes sur les 3945 de départ) ont d'ailleurs retrouvé un emploi. Dont, plus important encore, plus de 40 pc dans leur propre secteur aéronautique!

Samedi: Amertume et anxiété à Hélécine, un village fortement touché par la faillite de la Sabena.

© La Libre Belgique 2002

Monique Baus

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