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La présidence espagnole de l'UE a ajouté lundi sa voix à celle de la Commission européenne pour demander qu'un plan d'aide à la Grèce soit approuvé cette semaine lors d'un sommet des dirigeants européens, augmentant ainsi la pression sur l'Allemagne toujours réticence. "La présidence espagnole va travailler pour ça", a déclaré à la presse le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, en arrivant à une réunion avec ses homologues de l'Union européenne à Bruxelles.

"C'est un moment important pour l'avenir de l'UE, de l'euro. On va faire tous les efforts pour donner cette confiance, cette solidarité que je crois qu'elle (la Grèce) mérite grâce aux mesures que le gouvernement de (Georges) Papandréou a déjà prises", a ajouté le ministre, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE. La Grèce a déjà insisté pour que les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'UE approuvent lors de leur sommet jeudi et vendredi à Bruxelles la mise sur pied d'un mécanisme d'aide financière en sa faveur, qui ne serait toutefois utilisé qu'en cas de besoin.

Athènes espère grâce à un tel signal pouvoir rassurer les marchés financiers et emprunter à des taux moins élevés qu'aujourd'hui pour financer son déficit. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a à nouveau apporté son soutien à la Grèce sur ce point et exhorté Berlin à assouplir sa position lors de la réunion des dirigeants européens.

"Nous avons besoin à l'occasion de ce sommet d'une décision pour savoir comment nous allons gérer la Grèce. Sinon la grande incertitude risque de perdurer encore longtemps", a-t-il dit dans une interview publiée lundi par le quotidien allemand Handelsblatt. "Nous ne pouvons pas continuer de la sorte, au risque de mettre en danger la stabilité de la zone euro et d'alimenter la spéculation" sur les marchés contre la Grèce et la monnaie commune, a ajouté M. Barroso.

Mais la chancelière allemande Angela Merkel refuse dans l'immédiat de prendre un tel engagement. "Je ne crois pas pour le moment que la Grèce ait besoin d'argent, et le gouvernement grec vient de le confirmer. C'est pourquoi je déconseille de provoquer des turbulences sur les marchés, en suscitant de fausses attentes du Conseil européen de jeudi", a-t-elle dit dans une interview diffusée dimanche.

La chancelière rechigne à donner son aval à l'idée même de payer pour régler les problèmes budgétaires de la Grèce, une option qui suscite l'hostilité d'une grande partie de son opinion publique. Mme Merkel doit de surcroît affronter prochainement des élections régionales cruciales en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Berlin n'est pas seul à traîner des pieds. D'autres pays européens comme les Pays-Bas ou la Finlande sont très réservés à l'idée de prêter de l'argent à Athènes et privilégient plutôt un recours au Fonds monétaire international pour la Grèce.