Entreprise

Dans un secteur finalement jeune (la téléphonie mobile n'a jamais qu'une grosse vingtaine d'années au compteur, le smartphone un poil plus de dix), Serge Vandriessche, boss de la division mobile de Samsung Belgique, aura vu les bouleversements se succéder. Il est l'un des rouages qui ont permis à la machine sud-coréenne de décrocher un leadership mobile (à l'échelle mondiale comme belge) que le patron sait instable, par nature. Notre interlocuteur, qui a commencé "il y a 17 ans, alors que notre part de marché était de... 1%", est toutefois confiant : "après plusieurs années d'évolutions, le smartphone est à l'aube d'une révolution. Et il ne faudra pas attendre dix ans. On parle de 2019..." Rencontre, en marge de l'IFA de Berlin.

Il semblerait que la folle croissance du secteur de la téléphonie mobile soit derrière nous. La fête est finie ?

"Il nous faut être réalistes. Je pose le même regard que vous sur le marché. On parle aujourd'hui d'un marché du smartphone qui a atteint le stade de la pleine maturité. Si l'on observe nos performances en terme de volume, il est vrai qu'on perd quelques plumes. Mais notre challenge n'est plus là : c'est sur la valeur, qu'on se concentre. Le smartphone est aujourd'hui devenu un objet du quotidien auquel on demande beaucoup. Et il y a une acceptation de la part du public : ok, si je demande tout ça à mon téléphone, chaque jour, je peux mettre un budget plus élevé dans cet achat. Quitte à garder mon smartphone plus longtemps - le délai de renouvellement est d'ailleurs à la hausse partout dans le monde. On épouse ce shift. C'est pour cette raison que nous avons pris la décision de ne plus commercialiser le moindre GSM classique, ou feature phone. D'une part pour des raisons de viabilité : lorsque vous vendez des téléphones basiques pour 19 ou 29 €, il faut toujours payer l'assemblage, le transport, et le magasin qui vend votre produit, et doit réaliser une marge dessus. D'autre part, pour des raisons d'intérêt du public : aujourd'hui, non seulement totu le monde veut un smartphone, mais, surtout, de plus en plus de monde veut un bon smartphone. C'est comme dans l'industrie de l'automobile. Au départ, les gens se satisfaisaient d'une deux chevaux. Aujourd'hui, tout le monde veut rouler en BMW... En Belgique, la valeur moyenne d'un smartphone neuf acquis était de 325 € fin 2017. Elle sera de 380 € fin 2018."

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