Entreprise

Dans le vivier des "pépites" wallonnes, la société liégeoise Kitozyme fait de plus en plus parler d’elle. En bien, s’entend. Cette ancienne spin-off de l’Université de Liège a connu, ces trois dernières années, des taux de croissance à deux chiffres de ses revenus opérationnels, ce qui a permis de rapprocher la société d’Herstal - dont la perte s’élevait encore à 7 millions d’euros en 2012 - du seuil de rentabilité. Et si François Blondel, patron de Kitozyme, ne veut pas encore communiquer les chiffres de l’exercice 2015, tout indique que la "biotech" liégeoise - qui emploie 50 personnes et dont les actionnaires de référence sont le holding des familles Mestdagh-Montulet, la SRIW et Meusinvest - est en train de décoller sur le plan commercial.

Kitozyme conçoit, fabrique et commercialise, dep­uis une bonne di­zaine d’an­nées, un por­te­feuille de pro­duits utilisant le chi­to­sane vé­gé­tal (une mo­lé­cule bio­dé­gra­dable syn­thé­ti­sée à par­tir de cham­pi­gnons). Les principales applications de ce chitosane vert ont trait à la santé humaine (contrôle du poids, santé digestive, cardiovasculaire). Mais il est un autre domaine où cette fibre végétale fait aussi des merveilles : l’œnologie !

La société liégeoise est en effet parvenue à percer dans les vignobles et les caves du monde entier, en leur fournissant, d’une part, un produit unique pour lutter contre une bactérie ("brettanomyces bruxellensis", qui altère fortement le nez et le goût du vin rouge) et, d’autre part, des alternatives naturelles et végétales aux ingrédients traditionnellement utilisés en œnologie.

Succès international

Développés en collaboration avec deux acteurs importants du secteur, dont le groupe canadien Lallemand (un des leaders mondiaux de fabrication et distribution de produits œnologiques), les produits de Kitozyme se retrouvent aujourd’hui dans tous les grands pays viticoles (France, Espagne, Italie, Etats-Unis, Australie, Chili, Afrique du Sud,…). "Plusieurs très grands châteaux du Bordelais l’utilisent, mais préfèrent, bien entendu, préserver leur anonymat", confie François Blondel.

Quoi qu’il en soit, les ventes de Kitozyme, dans ce secteur, ont connu une "remarquable" croissance cette année. "Nos produits ont permis de traiter l’équivalent de 80 millions de bouteilles, ce qui représente une augmentation de plus de 30 % par rapport à l’an dernier", détaille François Blondel. Désormais, cette activité vinicole pèse un peu plus de 20 % des revenus totaux de Kitozyme, ce qui devient significatif.