Entreprise Alors qu’une nouvelle (grosse) levée de fonds se profile, la start-up débarque à Gand, ce vendredi.

Si la belle aventure de la start-up belge Take Eat Easy a démarré à Bruxelles, en septembre 2013, le quatuor des fondateurs a très vite pris le chemin de l’étranger pour se développer. Aujourd’hui, la plateforme organisant la livraison de "repas de qualité" aux domiciles des clients, via des flottes de coursiers à vélos, est présente en France (avec Paris, mais aussi neuf autres villes de taille variable), en Espagne (Madrid et Barcelone) et en Grande-Bretagne (Londres). Et si on en juge par les ambitions affichées par la "jeune pousse" née au sein de l’accélérateur Nest’up, ce n’est qu’un début.

Ces derniers jours, il se chuchote en effet que Take Eat Easy s’apprête à dévoiler une troisième levée de fonds afin d’assurer son expansion européenne. "Il est encore trop tôt pour en parler" , nous dit-on au siège bruxellois de la société. Mais, d’après nos informations, on se dirige vers une injection de plusieurs millions d’euros, au moins, un nouvel investisseur. L’annonce devrait intervenir avant l’été.

Pour rappel, en 2015, Take Eat Easy avait déjà procédé, en deux temps, à une levée de 16 millions d’euros auprès du célèbre incubateur allemand Rocket Internet, mais aussi des fonds d’investissement britanniques DN Capital et Piton Capital, ainsi que du fonds Eight Roads Ventures (filiale européenne du géant Fidelity).

Contrer l’offensive Deliveroo

Take Eat Easy n’a jamais caché ses ambitions : devenir, le plus rapidement possible, le numéro 1 européen de la livraison de repas de qualité à domicile. Sur son chemin, il doit surtout faire face à Deliveroo.

Présente à Bruxelles depuis l’automne dernier, cette start-up britannique a déjà levé près de 200 millions d’euros depuis sa création en 2013 ! Elle est active dans douze pays et une soixantaine de villes.

Précisément, Jonathan Lefèvre a été recruté par Take Eat Easy au moment même où Deliveroo débarquait à Bruxelles. La mission (inavouée) de cet ingénieur commercial de 28 ans, passé par Boston Consulting Group et la start-up française Jumia ? Contrer l’arrivée de Deliveroo - qui, au printemps, s’est aussi lancé à Anvers - en accélérant le développement de Take Eat Easy sur le territoire belge.

Les choses n’ont pas traîné. Au départ d’une équipe limitée à trois personnes, l’effectif dédié au marché belge a grimpé à une petite vingtaine de personnes (dont quinze employés). Il s’agit à la fois de vendeurs (à savoir les personnes chargées de convaincre les restaurants de rejoindre la plateforme), de managers (gestion des coursiers) et de responsables en marketing local.

"Nous n’excluons aucune ville"

Depuis son arrivée, Jonathan Lefèvre a ouvert Anvers et Liège. Ce vendredi, ce sera Gand. La suite ? "Nous n’excluons aucune ville. La seule contrainte est de nous assurer que le ‘business model’ fonctionne sur des villes de plus petite taille. Mais plus bas on peut descendre, mieux c’est !" Ainsi, Leuven, ville étudiante avec une densité importante de restaurants, est clairement en ligne de mire. Une plus petite ville comme Waterloo pourrait aussi répondre au double critère retenu par la plateforme (densité de restaurants et de clients dans une zone géographique relativement restreinte, afin de respecter les délais de livraison sous la demi-heure).

Sur Bruxelles, le portefeuille de Take Eat Easy compte déjà près de 300 restaurants. "Nous en rajoutons 25 à 30 par mois" , précise le responsable du marché belge. Le nombre de clients, lui, n’est pas cité, M. Lefèvre parlant de "plusieurs dizaines de milliers de personnes" .