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D’après le dernier rapport du bureau Ernst & Young sur les investissements étrangers en Belgique, la région liégeoise était en perte de vitesse en 2010. Est-ce le signe d’un déséquilibre sous-régional wallon ? Liège est pourtant censée être la capitale économique de la Région...

Selon les statistiques que vient d’élaborer l’Awex (l’Agence wallonne à l’exportation, qui est également compétente pour les investissements étrangers), c’est en effet le Hainaut qui est devenu le plus attractif, même si la Principauté se défend bien.

De 2000 jusqu’à la mi-2011, le nombre d’emplois directs créés dans le Hainaut par l’arrivée ou l’extension de sociétés non-wallonnes (les entreprises flamandes et bruxelloises qui s’implantent au sud du pays sont prises en compte) s’élève à un peu plus de 10 000. Soit 50 % des résultats pour toute la Wallonie pour la même période (20 794). En comparaison, Liège et sa province n’ont capté "que" 4 722 emplois, contre 4 300 pour le Brabant wallon, qui termine le tiercé gagnant.

La tendance est la même si l’on examine les montants investis. Depuis 2000, le total des investissements étrangers dans le Hainaut s’élève à 4,119 milliards d’euros. Liège est loin derrière avec 1,439 milliard, suivi à nouveau du Brabant wallon (1,112 milliard d’euros). Dans son ensemble, la Wallonie a accueilli près de 8 milliards d’euros (7,924 milliards pour être exact) d’investissements étrangers depuis 2000. Par rapport aux emplois créés, la proportion est donc la même : le Hainaut pèse 50 % des montants injectés par des sociétés étrangères.

Comment expliquer l’attractivité hennuyère ? " Les fonds européens de l’Objectif I dont bénéficie le Hainaut sont un élément d’explication, analyse Philippe Suinen, le patron de l’Awex. Il y a eu par exemple des investissements flamands importants dans la région de Mouscron pour cette raison. La proximité avec la France est également un atout. Parmi les gros succès hennuyers, on peut retenir l’arrivée de Google, de Microsoft, le développement des biotechnologies, les activités liées aux pôles wallons de compétitivité, l’aéropôle de Charleroi Ou encore dernièrement l’extension de Caterpillar qui a créé 400 emplois ! Je constate désormais un ‘effet d’envie’ vis-à-vis du Hainaut. L’arrivée de toutes ces entreprises étrangères rassure les futurs investisseurs sur l’intérêt de s’y implanter. "

De manière générale, en collaboration avec les acteurs publics de développement, l’Awex propose aux entreprises étrangères intéressées un package complet dans un délai d’une semaine. Ce package reprend l’ensemble des incitants et autres primes qu’elles pourront obtenir en venant en Wallonie, les terrains disponibles, les intérêts notionnels, le soutien à la recherche et développement

Et Liège alors ? Pourquoi cette deuxième place ? Pour Fabienne Loiseau, directrice ajointe à la Spi + (intercommunale de développement économique de la province de Liège), la province souffre d’un manque de terrains disponibles. Tout particulièrement dans sa zone la plus attractive : l’arrondissement de Liège.

" Nous sommes encore en train d’aménager de nouvelles zones d’activités suite à des décisions prises en 2000, explique-t-elle. On va renflouer le stock de terrains. Mais les délais sont fort longs en raison des procédures d’aménagement du territoire. Si des investisseurs étrangers cherchent une zone de grande taille, nous n’en avons plus actuellement."

Autre élément qui concerne la plus faible création d’emplois : le tissu économique liégeois est lié au secteur logistique (TNT...). Or, les entreprises actives dans ce domaine créent moins de jobs par hectare occupé.