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Le système de lutte anti-blanchiment a échoué chez BNP Paribas Fortis qui n'a pas posé de question au sujet d'un de ses clients proche de l'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi, rapportent De Tijd et L'Echo samedi, qui pointent le laxisme de la banque envers certains flux financiers suspects. 

La cellule belge anti-blanchiment a découvert qu'en septembre 2005, le cousin de Mouammar Kadhafi, le richissime Ahmed Abdul Salam (46 ans), avait ouvert un compte à vue chez Fortis Banque, aujourd'hui BNP Paribas Fortis. A partir de 2011, lorsque des sanctions ont été prises au niveau international contre la Libye, les employés de la banque n'ont pas réagi.

Le 27 février 2012, soit deux semaines après l'annonce des sanctions américaines contre Ahmed Abdul Salam, le département anti-blanchiment de la banque a demandé la fermeture de son compte. Mais le cousin de Kadhafi a pu encore garder son compte ouvert jusqu'en avril 2016.

Depuis l'enquête, BNP Paribas Fortis a adapté et amélioré ses processus, observent les quotidiens. Mais face à ces manquements, ils s'étonnent "du montant "modeste" de l'amende infligée à la banque". Le comité de direction de la Banque nationale a réclamé 550.000 euros, compte tenu de "la nature, la durée et la gravité des infractions constatées". Mais la Commission des sanctions a réduit l'amende à 300.000 euros.