Entreprise

Les entreprises belges ayant fait le pari d’investir dans l’ouest du Canada ne sont pas très nombreuses. Asco Industries en fait partie. Alors que le cœur de l’activité aéronautique canadienne bat, en priorité, dans les provinces du Québec et de l’Ontario, soit à l’est, la société bruxelloise a opté pour la Colombie-Britannique et la région de Vancouver. Mardi, Asco Aerospace Canada a eu les honneurs d’une visite de la princesse Astrid, qui mène actuellement une mission économique dans l’ouest canadien.

Affaire conclue en trois semaines

L’aventure d’Asco en Colombie-Britannique a commencé en 2003. "Nous voulions nous implanter en Amérique du Nord. On a d’abord cherché dans la région de Montréal, explique, à "La Libre", Christian Boas, administrateur délégué du groupe familial Asco. Mais ça n’a débouché sur rien. On a alors été contacté par une société de Vancouver qui cherchait un repreneur. Le ‘deal’ s’est fait en trois semaines !" Depuis lors, 50 millions de dollars ont été injectés dans la filiale canadienne d’Asco. L’effectif, lui, est passé d’une petite trentaine de personnes à 150 employés.

Le choix du Canada s’explique aisément. "C’est une nation qui a une véritable histoire aéronautique. Bombardier, par exemple, se situe dans le top 3 ou 4 mondial des constructeurs. Se rapprocher d’un tel client était un atout. Car si cette industrie est devenue mondiale, il reste important, à nos yeux, d’avoir des ancrages locaux pour mieux servir nos clients" , souligne Christian Boas, présent mardi pour accueillir la princesse Astrid.

Quant à Vancouver, la ville se situe à moins de deux heures de Seattle, qui n’est autre que le quartier général du géant Boeing (dont Asco est devenu un fournisseur à partir de 1993). "On livre des nervures d’ailes à Boeing deux fois par jour, détaille M. Boas. En fait, pour rien au monde, je ne changerais le fait d’avoir fait le choix de Vancouver ! Cela nous donne évidemment un accès privilégié à nos clients américains (Boeing, Lockheed…) mais aussi sud-américains (comme Embraer). C’est aussi un tremplin vers l’Asie. Par ailleurs, on a pu intensifier nos relations avec Bombardier, notamment via un centre de recherche de l’Université British Columbia de Vancouver."

Au service de tous

Sans entrer dans les détails, on peut résumer le business d’Asco de la manière suivante : la société développe, fabrique et commercialise des composants en métaux durs de haute précision. Aujourd’hui, la société, contrôlée à 100 % par la famille Boas, s’est assuré une place de leader mondial dans les rails sur lesquels glissent les volets des ailes, les trains d’atterrissage et les pièces de support de moteurs. La grande réussite d’Asco, active dans les années 1960 et 1970 dans l’industrie militaire, est d’être parvenu à s’imposer auprès de la (quasi) totalité des grands constructeurs (Airbus, Boeing, Bombardier, Embraer, Dassault, Lockheed…) dans des programmes industriels principalement civils mais aussi militaires.

Outre Zaventem, où Asco emploie un millier de personnes, le groupe a créé des filiales en Allemagne, à Vancouver et, depuis peu, aux Etats-Unis. "Nous craignions un peu, à l’origine, de débarquer trop rapidement aux Etats-Unis. Nous avons donc privilégié le Canada, dont la culture est plus proche de la nôtre. On a acquis une belle expérience et, voici environ deux ans, on a fait le saut vers les Etats-Unis." Asco s’est installé à Stillwater, dans l’Etat de l’Oklahoma. Le groupe y a fait l’acquisition de bâtiments d’une superficie de 60 000 m². Il a déjà injecté pas moins de 100 millions de dollars dans le site et engagé 180 personnes.

Ça plane !

Au total, 1 500 personnes travaillent désormais pour Asco (contre 350 au début des années 1990). En 2014, le chiffre d’affaires avait atteint la barre des 310 millions d’euros, avec un bénéfice net de 3,3 millions. "Nous prévoyons de dégager un chiffre d’affaires en croissance de 10 % cette année, soit au-delà de 330 millions d’euros. Et c’est une tendance qui devrait se poursuivre au cours des prochaines années" , assure le patron d’Asco. Le marché nord-américain représente actuellement 25 % des revenus du groupe et ce pourcentage est appelé à augmenter dans un secteur aéronautique en plein boom.

Quand on demande à Christian Boas les enseignements qu’il tire de "son rêve nord-américain", il répond avec un large sourire : "Je ne peux qu’encourager les entreprises belges qui veulent faire du business en Amérique du Nord de faire le choix du Canada. Lors de notre installation à Vancouver, en 2003, on a reçu un soutien assez fabuleux de la part des autorités. Il y a ici une facilité à investir tout à fait remarquable."

Avis aux amateurs !