Entreprise

Luc Versele est sans doute l’un des rares banquiers à ne pas avoir perdu le sommeil au plus fort de la tempête financière, quand des mastondontes comme Fortis, Dexia, KBC et même Ethias vacillaient sur leurs bases.

"Durant la crise financière, nous avons très bien résisté à tous les dégâts, et ce grâce à une politique prudente et à une politique de bon sens", note le CEO du Crédit agricole. "Notre bateau se portait bien sur une mer très agitée".

Certes, comme tant d’autres insitutions financières, le Crédit agricole a perdu quelques plumes dans la crise financière, ayant dû déprécier des actifs à la suite de la failitte de Lehman Brothers. Pas de quoi, toutefois, plomber le business. "Ces effets indirects de la crise étaient tout à fait supportables pour la banque", précise Luc Versele, rappelant au passage que le Crédit agricole français, l’un de ses actionnaires, possède quelque 47 milliards d’euros de fonds propres, soit plus que BNP Paribas.

"Nous faisons preuve du bon sens paysan. Nous investissons quand nous en avons les moyens. Nous grandissons quand cela est possible et nous ne prenons jamais de risques démesurés", ajoute Luc Versele, auc commandes du Crédit agricole depuis le printemps 2004.

Si le Crédit agricole continue à faire preuve de bon sens paysan, fidèle en cela à ses origines, il n’en a pas moins évolué , sans esbroufe, vers une banque universelle comme tant d’autres. "Il y a quinze ans, plus de 50 pc des crédits que nous accordions l’étaient en faveur du monde agricole. Aujourd’hui, cela représente un tiers de notre production".

La raison n’en est pas une perte de parts de marché dans le monde agricole. Elle s’explique par une montée en puissance de la banque auprès des particuliers, grâce notamment à une politique très agressive sur le crédit logement. "C’est un produit d’appel. Il faut que le client franchisse la porte de l’une de nos agences". Quitte à proposer des tarifs sacrifiés, en misant sur la vente future d’autres produits. Et cela marche.

Pour l’année 2008, l’accroissement du volume de crédits hupothécaires par rapport à 2007 devrait être de l’ordre de quelque 40 pc... L’ambition du Crédit agricole est d’arriver à une part de marché de 3 à 4 pc dans les 3-4 ans, contre 1,4 pc actuellement.

Si le Crédit agricole est moins agricole qu’auparavant, il n’en reste pas moins fortement ancré dans le monde rural. "C’est vrai que nous sommes fortement situés dans le monde rural. Nous réfléchissons pour être plus présents dans les villes et les agglomérations", explique Luc Versele. Face au montant important nécessaire pour être présent dans une grande ville, le CEO du Crédit agricole se veut prudent. "Je crois qu’il vaut mieux attendre une opportunité de preprise d’un réseau existant. On y réfléchit, mais il n’y a pas de dossier à l’étude".

Cette "banque universelle de taille moyenne", comme la définit son patron travaille en fait main dans la main avec quelque 250 agents indépendants. "Ils offrent un service de qualité et font pruve d’un professionnalislme à hauteur des grandes banques belges". Et leur enthousiasme s’est renforcé au cours des dernières semaines. "Nous avons pu constater la fierté de nos agents de travailler pour nous alors que la situation était très difficile pour d’autres banques".

Cette bonn e entente est en effet promordiale à l’heure où le Crédit agricole veut développer ses activités en assurances. "Nos agents restent libres de travailler avec qui ils veulent. L’exclusivité que nous avons avec eux concerne uniquement les activités bancaires, et non les assurances". Or, le Crédit agricole veut justement développer dans sa gamme les produits d’assurances IARD (RC voiture, habitation,...) que ses agentont déjà en portefeuille grâce à leur collaboration avec des compagnies d’assurance tierces.

Un développement qui se fera "pas à pas". Forcément.