Entreprise Les pilotes menacent de présenter des certificats médicaux en masse et ne plus voler pour la compagnie irlandaise.

Michael O’Leary risquait gros ce jeudi lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de Ryanair à Dublin. Ces derniers l’attendaient de pied ferme après le chaos causé par l’annulation de 2 100 vols de la compagnie irlandaise ces prochaines semaines. Après des heures de palabres, M. O’Leary a réussi à sauver sa tête et ses rémunérations, votées par la majorité des actionnaires.

Si le patron irlandais a fait son "mea culpa" ("Nous avons "foiré" dans le calendrier des congés de pilotes mais aucun responsable de cette erreur ne sera viré"), il a continué d’affirmer que Ryanair n’était pas en manque de pilotes.

Mais Ryanair va tout de même en engager 600 dans les prochains mois (dont 125 dans "les deux prochaines semaines"). Et puis Michael a fait du O’Leary dans le texte. S’il n’a cette fois pas insulté son personnel ("loin de moi l’idée de les menacer") il n’a en tout cas rien fait pour apaiser les tensions qui existent entre lui et ses pilotes.

M. O’Leary affirme ainsi qu’il peut "forcer" ses pilotes, sans leur accord, à venir travailler une semaine durant leur mois de vacances. Semaine qui sera récupérée en janvier 2018.

"Certains pilotes n’ont plus rien à perdre"

Et le patron, qui prétend que "les poules auront des dents" quand un syndicat entrera dans sa compagnie de se demander de quoi se plaignaient ses pilotes. "C’est un job confortable. Comment peut-on être fatigué en volant 18 heures par semaine ?" M. O’Leary prétend aussi ne pas avoir reçu la lettre de la majorité de ses pilotes (48 bases sur 87) lui lançant un ultimatum dès ce vendredi en demandant des changements radicaux de leurs conditions de travail. "Ceux qui se comportent mal, n’auront pas leurs petits cadeaux (goodies)", a menacé le patron irlandais qui joue au Père Noël ces derniers jours.

En plus des 12 000 euros (6 000 pour les copilotes) proposés aux pilotes pour renoncer à dix jours de leurs congés, Ryanair a proposé à différents commandants un surplus de 10 000 euros annuels. "Diviser pour régner a toujours été la politique de Ryanair", nous explique une source interne.

Sauf que cela pourrait ne pas fonctionner cette fois-ci : la majorité des pilotes refusent en masse ce système de primes. "L’idée est de renverser la table et le système Ryanair", nous explique-t-on.

Ce jeudi, différents documents circulaient, de base en base, et, d’après nos informations, on se dirigeait vers une action "non officielle" d’arrêts-maladies en masse, comme l’ont fait les pilotes d’Air Berlin récemment. Ce qui devrait perturber considérablement les vols de Ryanair, peut-être déjà dès ce vendredi. "Ryanair n’a pas le droit de virer un pilote qui ne se sent pas apte à voler, nous explique-t-on. Et si la compagnie le fait, on le fera savoir. Certains pilotes sont sur le départ et n’ont plus rien à perdre."


"My English is very bad"

Plainte. Test Achats, qui a couvert près de 200 dossiers de plaintes depuis le 11 septembre dernier et le début des annulations de vols de Ryanair, dénonce le fait que la compagnie irlandaise impose l’anglais pour les demandes de remboursement et d’indemnisation. "C’est inacceptable, car cela décourage bon nombre de consommateurs dans l’Europe entière", explique l’organisation des consommateurs qui parle de "pratique abusive" et a porté plainte auprès de l’Inspection économique (SPF Economie).