Entreprise L’arrêt de travail aura lieu vendredi et samedi. Cinq magasins suivent l’action du personnel de Belle-Ile.


En front commun, le personnel de l’hypermarché Carrefour de Belle-Ile (Angleur), sous le coup d’une menace de fermeture définitive dans le cadre de la restructuration de l’enseigne, a décidé mardi à l’unanimité d’observer deux jours de grève, vendredi et samedi. Il sera suivi par cinq magasins de la région.

Selon Claude Fagnoul, délégué Setca de l’hypermarché liégeois, "les travailleurs ont l’impression d’être délaissés par la direction car ils n’obtiennent aucune réponse quant aux intentions de fermeture du magasin d’ici juin prochain".

Le syndicaliste ajoute : "On nous a encore répété que le magasin est déficitaire, que le loyer coûte cher, que le panier moyen n’est pas assez élevé… Bref, cela n’a pas apporté grand-chose pour les travailleurs. L’intention est toujours de fermer le magasin mais on n’en sait pas plus. La direction s’est contentée de dire qu’elle nous reverrait dans les jours et semaines à venir."

Initiative locale

Des assemblées du personnel ont eu lieu dans les autres hypermarchés du groupe en région liégeoise. Il a été décidé que les hypermarchés de Flémalle, Boncelles, Fléron, Herstal et Ans seraient fermés vendredi et samedi, a indiqué en fin de journée Claude Fagnoul. Le mouvement est présenté comme un geste de soutien au personnel de Belle-Ile et comme une grève "d’avertissement", ces cinq magasins étant également concernés par le plan de restructuration. Celui de Genk (Limbourg) pourrait également débrayer.

Concernant ces actions de grèves, "Nous n’avons pas lancé de mot d’ordre de grève structuré. Il s’agit d’initiatives locales", précise Delphine Latawiec, permanente CNE Commerce.

La phase de questions/réponses entre direction de Carrefour et syndicats se poursuit. Mardi, le front commun a annoncé que les négociations sur le volet social et la future organisation du travail, liées à la restructuration qui pourrait conduire à la suppression de 1 233 emplois, débuteront le 24 avril.

Un accord social fin juin ?

Les syndicats indiquent qu’il ne s’agira pas strictement de la phase 2 de la procédure Renault, celle dite de négociations, qui ne peut durer que deux fois trente jours au maximum. "On va pendant quelques semaines combiner la phase 1 d’information et la 2", signale Delphine Latawiec. L'objectif du front commun est d’arriver à un accord social fin juin.

Les deux prochains conseils d’entreprise sont prévus les 12 et 13 avril. Lors de la première de ces réunions, c’est le cas du siège social d’Evere, où 180 emplois sont sur la sellette, qui sera abordé en profondeur. Le lendemain, la direction et les représentants du personnel évoqueront les questions encore restées sans réponse.