Le cerveau de Capco

DECOUVERTE PAR PATRICK VAN CAMPENHOUT Publié le - Mis à jour le

Entreprise

Une apparence désinvolte très étudiée. Il est tout habillé de noir, sans cravate «dans 80 pc des cas, ça ne sert plus à rien». L'oeil cerné par de trop longues journées de travail, apparemment «je suis workaholic». Un ton sympathique «moi, c'est Rob» mais un débit si rapide «il y a longtemps que je n'ai plus parlé français, excusez-moi» que la prise de notes relève de la gageure. Voilà Rob Heyvaert, 37 ans, patron de la société The Capital Markets Company, Capco pour les intimes. Une société spécialisée dans un domaine si pointu qu'en trois ans d'existence à peine, elle est déjà considérée comme «la référence» en la matière: la consultance, le conseil et la mise en place de solutions destinées au back-office des banques en matière d'opérations dans le domaine des marchés financiers.

Une matière aussi indigeste qu'invisible aux yeux du grand public. Pourtant, explique Rob Heyvaert, «il y a ici un business énorme». La preuve? Après trois ans d'existence, Capco aligne déjà un chiffre d'affaires 2000 de 100 millions de dollars, et emploie 900 personnes Cent millions contre 35 millions en 1999, ça fait à la grosse louche 4 milliards et demi de FB. Soit 5 millions par tête de consultant. Pas mal pour un début! «Et chaque projet dégage immédiatement un bénéfice opérationnel», explique Rob Heyvaert en expliquant que les pertes résiduelles sont liées aux investissements en hommes et en matériel. Sans s'attarder sur la question. Les bénéfices de cette start-up qui n'en est déjà plus une, devraient en effet commencer à tomber cette année. Pour le plus grand bonheur des actionnaires et des employés de haut niveau, partiellement rémunérés en stock-options. Ces derniers, tout habillés de noir, comme le «boss», évoluent sans bruit dans un univers gris, ponctué de parallélipipèdes sombres, de divans de cuir noir et de panneaux fumés translucides. Froid et high-tech. «Le décor est le même dans les autres sièges ailleurs dans le monde», explique encore Rob Heyvaert. Question de créer une image, sans doute. Pas question en effet de faire la différence entre le siège anversois du groupe et ses pairs, à Londres, Francfort ou New York. «Pour que Capco soit une société globale, il faut qu'elle ait son siège principal partout», reprend Heyvaert, aussi volubile qu'intarissable. «A New York, il faut être New-Yorkais, et à Londres, il faut être Londonien. Ce n'est pas aussi évident, même dans une entreprise où la langue principale est l'anglais. Comme le disait Jacques Brel, «si tu veux aller à Singapour, le plus dur c'est quitter Vilvorde». Sur un mois, je passe 15 jours entre Londres et Francfort, puis je pars pour New York.» Tout cela, sept jours sur sept, sans parler des décalages horaires. Voilà pour les cernes!

Pour mener à bien un tel projet à l'échelle des marchés financiers, il fallait du capital. «Nous avons déjà effectué trois tours de table et récolté 217 millions de dollars de capitaux frais». La part de Rob Heyvaert est descendue à 35 pc du capital dans une société qui est aujourd'hui évaluée à 693 millions de dollars. A ses côtés, Mercator Noordstar, KBC, Fortis, un fonds de placement américain,. «Des clients qui nous connaissent et nous font confiance». Et la Bourse? «Notre croissance est organique et nous n'avons pas de projets nécessitant un apport de capitaux frais. Intégrer des entreprises à tour de bras, avec leurs cultures différentes, ça me fait peur! Certes, une cotation assurerait la liquidité de la participation de nos actionnaires. Mais ce n'est pas urgent. Si j'avais introduit l'entreprise en Bourse, au printemps passé, on serait mal aujourd'hui, avec des stock-options déprimées» Mais il serait multi-milliardaire. «Si je pensais de cette manière, je ne serais pas CEO mais actionnaire». Quand on préfère l'action...

© La Libre Belgique 2001

DECOUVERTE PAR PATRICK VAN CAMPENHOUT

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