Entreprise Le ministre de la Coopération au développement Alexander De Croo (Open VLD) a présenté mercredi au Chocolate Nation, le musée anversois dédié au chocolat, le programme Beyond chocolate dont l’objectif est de rendre le chocolat belge durable d’ici 2030, en luttant contre le travail des enfants et le déboisement, en assurant aux producteurs de cacao un revenu leur permettant de vivre décemment.

Parmi les signataires, on trouve évidemment les acteurs belges et non-belges du secteur du chocolat (Callebaut, Mondelez, Mars…) mais aussi des ONG comme WWF ou Oxfam, les enseignes de la grandes distribution (Carrefour, Colruyt, Delhaize, Lidl, Aldi), les trois syndicats belges, des universités, des investisseurs à impact social et des labels tels que Fairtrade et Rainforest Alliance.

Avec cette initiative, l’ensemble du chocolat belge, produit ou commercialisé en Belgique, devra satisfaire au plus tard fin 2025 à une norme de certification pertinente ou être produit à partir de produits du cacao correspondant aux programmes de durabilité propres à l’entreprise, a annoncé le ministre De Croo.

Toujours à la même échéance, les signataires devront respecter intégralement les accords entre les pouvoirs publics et les partenaires privés passés dans le cadre de la Cocoa&Forests Initiative. Ils visent à mettre fin au déboisement lié à la production de cacao destiné au marché belge dans les deux plus grands pays producteurs, le Ghana et la Côte d’Ivoire, pour 2030 au plus tard.

Belgique et chocolat : une histoire de gros sous

La Belgique est un gros importateur de fèves de cacao, le troisième en Europe, avec chaque année plus de 300 000 tonnes qui arrivent au port d’Anvers. Les chocolatiers belges exportent annuellement, selon les chiffres de la fédération sectorielle Choprabisco, 700 000 tonnes de chocolat transformé dans les pays limitrophes, aux États-Unis ou au Japon ; ce qui fait de la Belgique le deuxième plus grand exportateur de chocolat au monde. Le secteur du chocolat dans notre pays, et ses quelque 500 entreprises, pèse près de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Fairtrade va relever son prix minimum

A l’occasion de la signature de Beyond Chocolate, l’ONG de commerce équitable Fairtrade a fait savoir qu’elle relèvera dès l’année prochaine son prix minimum pour le cacao de 2000 à 2400 dollars par tonne (+ 20  %). Sa prime supplémentaire au prix de vente, versée directement aux associations de producteurs, passera quant à elle de 200 à 240 dollars. L’association développera également des projets pilotes “avec des partenaires engagés afin d’avancer plus vite vers un revenu vital pour les producteurs”.

Fairtrade rappelle que les prix mondiaux du cacao ont chuté de plus d’un tiers en 2017 et que ce sont les producteurs qui subissent de plein fouet les conséquences de la volatilité des prix. La majorité d’entre eux vit avec moins de 67 centimes d’euro par jour.