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Bruno Colmant a fait un choix inattendu. A 45 ans, il va quitter sa place au sein du comité de direction d'ING Belgique pour devenir le chef de cabinet du ministre des Finances Didier Reynders (MR). Et ce, à peine à sept mois des prochaines élections législatives... En clair, il troque une place très convoitée pour un job à durée déterminée de surcroît nettement moins bien rémunéré.

«Ce choix n'est pas étonnant pour les personnes qui me connaissent bien», explique d'emblée Bruno Colmant. Et qui le connaît bien sait qu'il est un technicien de la finance, un passionné des grandes questions économiques. Son curriculum vitae est d'ailleurs impressionnant: docteur en économie appliquée à l'école de commerce de Solvay, expert comptable, auditeur interne certifié. Il siège au Conseil supérieur des Finances, à la Commission des Normes comptables et au Conseil central de l'Economie. Auteur de nombreux livres et articles sur des sujets pointus, il enseigne notamment à HEC-Liège et à la Vlerick School. «J'ai un intérêt naturel pour la chose publique, pour l'innovation en matière de gestion financière», souligne-t-il. «L'Etat en tant que tel m'a toujours intéressé.» Sans qu'on sache où se situent ses sympathies politiques qui pourraient être libérales comme socialistes, il a d'ailleurs souvent «flirté» avec le monde politique. Il a conseillé le gouvernement Dehaene sur les stock options et est consulté par Michel Daerden (PS) pour le budget de la Communauté française.

Il ne faudrait pas pour autant croire que Bruno Colmant quitte l'ex-BBL avec «dédain ou écoeurement». Tout comme il assure qu'il n'a absolument pas été poussé vers la porte de sortie. «Je quitte ING en excellents termes». Au cours des dix années où il a travaillé pour l'ex-BBL et en particulier les deux dernières passées au sein du comité de direction, il a appris pas mal de choses comme «l'humilité à avoir quand il s'agit de gérer les gens». Une phrase qui laisse penser qu'il a été confronté à quelques situations humaines difficiles. «Gérer les gens, c'est d'abord une démarche de respect de l'autre et de pédagogie», enchaîne Bruno Colmant.

Les «plus beaux messages» qu'il a reçus à l'annonce de son départ sont venus d'anciens étudiants ou de jeunes collaborateurs qui le remercient des conseils donnés.

Une belle récompense?

Reste à voir ce que Bruno Colmant pourra faire pendant ces sept mois au 12 rue de la Loi. «Je n'ai pas la prétention de révolutionner les choses», explique-t-il. Il n'y a plus, il est vrai, de gros dossiers à gérer jusqu'aux prochaines élections. Si ce n'est la vente des immeubles de l'Etat qui aurait dû se faire via une sicafi gérée par Cofinimmo.

Alors, Didier Reynders aurait-il promis une belle récompense? Lui qui a offert des beaux postes à plusieurs de ses chefs de cabinet (Peter Praet est directeur à la Banque nationale et Jean-Paul Servais, vice-président de la Commission bancaire, financière et des assurances) ? On verra d'ici quelques mois. Bruno Colmant est, lui, sûr d'une chose: «Didier Reynders a toujours grandi les hommes qui ont travaillé pour lui. Je suis sûr que je vais apprendre plus que je vais apporter.»

© La Libre Belgique 2006