Entreprise Dégommage

C’est un homme haut gradé et controversé que l’Union des classes moyennes (UCM) vient de virer. Son conseil d’administration (CA) a en effet décidé jeudi, à l’unanimité, de mettre un terme au contrat de son secrétaire général, Christophe Wambersie (photo). Les conditions du licenciement, via procédure unilatérale et non de commun accord, n’ayant pas encore été fixées, l’organe de représentation des indépendants et des PME, prudent, ne souhaitait pas s’étendre sur le sujet, hier. Tout juste l’UCM faisait-elle savoir que le licenciement était lié à des problèmes de personnes et de gestion et que, dans l’attente de la désignation d’un nouveau secrétaire général, dont la fonction sera redéfinie, le président Philippe Godfroid allait assurer la bonne marche opérationnelle.

Mais une fois les enregistreurs débranchés, les langues se délient au sein de l’institution qui emploie aujourd’hui 800 personnes, notamment en tant que secrétariat social et porte-voix des intérêts des indépendants et des PME. D’abord pour préciser que la polémique née de la prise de parole de M. Wambersie au 1er Mai 2012 du MR à Jodoigne n’avait rien à voir dans cette affaire. Si ce geste avait pu apparaître "maladroit" à l’époque, il n’en constituait pas pour autant une faute. L’UCM accepte régulièrement des invitations des partis politiques. Quant à son inculpation pour corruption dans le cadre de l’affaire du centre commercial Citta Verde à Farciennes, si elle n’a sans doute pas plaidé en sa faveur, elle ne constitue pas non plus un grief suffisant. "Présomption d’innocence", assure-t-on à l’UCM.

Confiance rompue avec le président Godfroid

Non, ce qui posait problème avec Christophe Wambersie, et ce depuis longtemps semble-t-il, c’est sa gestion, d’une part des dossiers, d’autre part du personnel. "Le CA estime qu’il n’est pas là où on l’attend, explique un cadre. Il y a un manque de profondeur dans la gestion des dossiers et une divergence de vue avec le président Godfroid." "Il y avait surtout une incompréhension, voire une guerre, avec le président, confirme un autre. La confiance était rompue." Enfin, et c’est sans doute le plus grave, M. Wambersie est décrit comme un homme "rock’n’roll dans sa façon de fonctionner", "colérique", doté d’un "ego surdimensionné" et qui "ne se maîtrise pas". "Il n’était pas convenable avec les gens, explique un dirigeant. Il avait un comportement très raide avec le personnel. Il n’est pourtant pas nécessaire de crier. Il y a eu beaucoup de conflits et nous avons perdu des gens de qualité à cause de cela."

Un portrait au vitriol que l’intéressé n’a pas souhaité rectifier. M. Wambersie n’a pas donné suite à nos appels, hier.

Christophe Wambersie, juriste, occupait le secrétariat général du groupe UCM depuis juin 2008. Il exerçait à ce titre divers mandats au sein de l’IFAPME (centres de formation), du Conseil économique et social de Wallonie, de l’Inasti (assurances sociales),