Entreprise

Le Louviérois a annoncé à son personnel qu’il n’y aurait finalement aucun licenciement alors qu’il dit sa société au bord de la faillite.

Tout va pour le mieux sous le soleil de La Louvière. Dernière nouvelle en date : Franco Dragone, le célèbre metteur en scène louviérois, aurait annoncé verbalement le mois dernier à son personnel son intention de ne licencier finalement aucune personne de son entreprise internationale de spectacles et d’événements. Dans un article paru dans la presse locale, le syndicat des employés, techniciens et cadres de la FGTB (SETca) déclarait ainsi se réjouir d’une telle décision et espérer que les promesses de l’artiste louviérois seraient "cette fois" tenues.

Une annonce pour le moins risible quand on sait que Productions du Dragon (PDD), actuellement en réorganisation judiciaire, avait réitéré lors de la dernière audience au tribunal de commerce de Mons son intention de débarquer la moitié de son personnel, soit une quinzaine de personnes. Contactée par nos soins, la porte-parole du groupe Dragone, Marie Tirtiaux, n’a ni confirmé, ni infirmé cette information. Ceci étant, on peut légitimement s’interroger sur les motivations d’une telle double communication (celle au personnel et celle à la presse). Franco Dragone serait-il en train de rétropédaler dans sa "PRJ" ? Comment le groupe Dragone peut-il annoncer à son personnel maintenir l’outil et l’emploi alors que, dans le même temps, il soutient au tribunal et aux créanciers être au bord de la faillite ? "La réponse est simple, s’échauffe un créancier. L a PRJ du groupe Dragone a été montée de toutes pièces depuis le départ. Et aujourd’hui, vous avez un Franco Dragone qui tente de faire avaler à son personnel que, sans son acharnement et sans son travail, la situation de l’entreprise n’aurait jamais pu être redressée." "Or, dénonce un autre , Franco Dragone ne manque visiblement pas de perspectives de création, et donc de possibilités de rembourser ses créanciers."

La création d’un studio Dragone en Italie

Il est vrai que les dernières révélations dans la presse ont montré que le chorégraphe louviérois ne manquait pas de projets (Lido à Shanghai, spectacle à Canton, show à Dubai, investissements dans un consortium en Turquie et, on vous l’annonce, la création d’un studio Dragone en Italie). En principe donc, le groupe Dragone est tenu de remettre un plan de redressement auprès du greffe du tribunal de commerce de Mons pour le 20 février prochain. L’instance montoise doit ensuite entendre l’avis des créanciers de Productions du Dragon (SRIW, ONSS, Stibbe, Allyum…) avant de remettre un jugement pour le 25 mars. Lors de la dernière audience en date, soit le 24 octobre 2016, le tribunal avait désigné un mandataire de justice, en la personne de Gérard Delvaux, chargé d’établir et de publier les comptes annuels 2015 et 2016 de l’ensemble du groupe Dragone. La demande de transfert d’entreprise sous contrôle judiciaire qu’avait introduit un peu plus tôt Productions du Dragon avait ainsi été suspendue par l’instance montoise.

Pas de transfert d’entreprise de Dragone à lui-même

Le travail du mandataire de justice n’est aujourd’hui pas clôturé. Mais, selon nos informations, celui-ci exclurait à présent totalement le transfert des activités de PDD vers une autre société appartenant à Franco Dragone, dans la mesure où plusieurs éléments attesteraient "d’une situation de faillite virtuelle" , soutiennent plusieurs sources. Rappelons enfin que la société de Franco Dragone est également sous le coup d’une enquête pénale, le parquet ayant ouvert une information judiciaire à son encontre en octobre dernier. Le Louviérois est également inculpé pour fraude fiscale grave et organisée, pour blanchiment d’argent et pour corruption de fonctionnaire.