Entreprise Six propositions ont été faites pour contrer ce "fléau" pour le secteur de la sidérurgie.

Trente-trois pays, dont la Belgique, membres du G20 ou de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), réunis en Allemagne en fin de semaine dernière pour un Forum global sur les surcapacités d’acier, ont abouti à des recommandations pour tenter d’enrayer ce phénomène de surproduction. "Un fléau pour le secteur", comme le décrit le rapport final du Forum, "qui génère une baisse des prix et de la rentabilité, provoque des distorsions de marché, qui compromet l’existence même des entreprises sidérurgiques et déstabilise dangereusement les relations commerciales mondiales".

C’est que l’heure est grave pour les sidérurgistes : en 2016, la production excédentaire d’acier, par rapport à ce que le marché peut absorber, était de 737 millions de tonnes, la plus importante de toute l’histoire du secteur.

Les Chinois dans le viseur

La Chine, qui produit la moitié de l’acier mondial, en est le principal responsable. Pékin s’est d’ailleurs engagé à réduire ses surcapacités de 100 à 150 millions de tonnes entre 2016 et 2020. L’an dernier, les Chinois ont diminué leur production de 65 millions de tonnes mais, à l’échelle mondiale, ce n’est pas suffisant.

Alors, il faut des mesures efficaces. "A défi global, solutions collectives", affirme-t-on dans le rapport du Forum. Six recommandations, non contraignantes, ont été édictées. L’une d’entre elles concerne les aides d’Etat. "Il faut s’abstenir d’y recourir, directement ou indirectement, car elles provoquent une concurrence faussée, des distorsions de prix", indiquent les auteurs du rapport. Et pour arriver à une concurrence loyale dans la sidérurgie, de préconiser que "les entreprises, privées ou publiques, doivent être soumises aux mêmes règles, y compris la procédure de mise en faillite".

Le rôle crucial des gouvernements

La présidence du Forum souligne aussi qu’il faut "combattre le protectionnisme" et elle fait un appel clair aux gouvernements. "Ils ont un rôle à jouer dans la restructuration du secteur, en facilitant la "sortie" des entreprises qui sont constamment en perte, qui ont des outils obsolètes, qui ne rencontrent pas les critères environnementaux, de qualité et de sécurité, tout en prenant des mesures pour faciliter la reconversion de leurs travailleurs".

Enfin, les 33 pays participants sont invités à faire preuve de "transparence" dans la mise en œuvre des recommandations, via des échanges d’informations, des analyses et des discussions.

L’Union européenne est l’une des principales victimes des surcapacités. Eurofer, l’association des sidérurgistes opérant en Europe, a salué l’initiative du Forum. "L’accord, même s’il n’est pas contraignant, est un important pas en avant puisqu’il cible toutes les politiques de distorsions du marché et les pratiques hors cadre par rapport aux règles de l’Organisation mondiale du commerce."