Entreprise

Richemont, le numéro deux mondial du luxe, s'est de nouveau doté d'un poste de directeur général, confiant les rênes de l'entreprise à Jérôme Lambert, un de ses cadres les plus fidèles au moment le groupe suisse prend un virage stratégique dans le commerce en ligne.

Sa nomination s'applique avec effet immédiat, a précisé le groupe suisse dans un communiqué publié en amont de son assemblée générale annuelle, qui s'est tenue lundi à Genève.

Entré chez Richemont en 1996 en tant que contrôleur financier de Jaeger-LeCoultre, une prestigieuse marque horlogère dont il avait ensuite repris la direction, ce Français âgé de 49 ans a exercé diverses fonctions au sein du groupe, notamment aux commandes de la marque de stylos Montblanc.

En 2017, lors du dernier grand remaniement de l'équipe de direction, il s'était vu confier le poste de directeur opérationnel.

Le groupe propriétaire entre autres de la maison de joaillerie Cartier et de la marque de mode Chloé présentait la particularité de ne plus avoir de directeur général.

La structure de l'équipe de direction a déjà été changée une première fois avec la nomination en avril 2013 de deux co-directeurs, chargés de piloter ensemble l'entreprise avant que Johann Rupert, son PDG et actionnaire de référence, ne prenne une année sabbatique.

Après leurs départs en retraite, une structure collégiale avait été mise en place, sans nommer de tenant officiel du titre de directeur général.

Commerce en ligne 

La nomination de M. Lambert intervient "à un moment où les habitudes des consommateurs sont en train de changer de manière significative", a souligné dans le communiqué M. Rupert, qui occupe toujours la fonction de président, expliquant que sa mission allait être de mener à bien les nouveaux projets stratégiques.

Dans ses derniers investissements, le groupe suisse a mis l'accent sur le commerce en ligne, un segment en plein essor dans le luxe, avec une offre publique d'achat sur Yoox Net-A-Porter.

Bouclée en juin, cette opération lui a permis de mettre la main sur l'intégralité du capital de ce portail de distribution de produits de luxe, dont il détenait déjà 50% des parts. Il a également repris watchfinder.co.uk, une plateforme dédiée à la vente en ligne de montres d'occasion.

Pour la première fois, le groupe a d'ailleurs publié le détail de ses ventes en ligne dans un point sur son activité sur les cinq derniers mois. Pour la période allant de début avril à fin août, les ventes en ligne pesaient 708 millions d'euros, contre 3 milliards pour la distribution dans son réseau de boutiques et 1,9 milliard dans le commerce de gros.

Richemont donne toujours un aperçu de l'évolution de ses ventes sur cinq mois en amont de son assemblée générale, sans entrer dans les détails, ses comptes complets pour le semestre (décalé) étant publiés début novembre.

Sur les cinq derniers mois, son chiffre d'affaires a enregistré un bond de 25% à taux de change constants, à 5,6 milliards d'euros, porté par une hausse de 23% des ventes en Asie Pacifique et de 28% en Europe, a-t-il indiqué.

Dans la zone Amériques, elles se sont accrues de 42% et ont grimpé de 13% au Japon, comptabilisé à part du reste de l'Asie. Seuls le Moyen Orient et l'Afrique ont enregistré une croissance à un chiffre de leurs ventes, limitée à 4%.

A 13H01 GMT, l'action s'appréciait de 1,39% à 83,28 francs suisses alors que le SMI, l'indice des valeurs phares de la Bourse suisse, gagnait 0,92%.

"Nous accueillons favorablement la nomination de Jerôme Lambert en tant que directeur général qui va probablement fournir d'avantage de clarté sur le programme de M. Rupert", a réagi Thomas Chauvet, analyste chez Citigroup, dans un commentaire boursier.

Créé en 1988 par le Sud-africain Anton Rupert et son fils Johann pour diversifier une fortune faite dans le tabac, le groupe basé à Genève est devenu au fil de ses acquisitions le numéro deux mondial du luxe, derrière le français LVMH.