Entreprise Bilan, perspectives

Par ici les bons chiffres : en 2012, CMI a réalisé le meilleur résultat d’exploitation de toute son histoire - quelque 30 millions d’euros -, atteint 793 millions de chiffre d’affaires (+ 11,5 %), porté son effectif total à 3 677 personnes sous contrat (+ 8,3 %) et, compte tenu des remplacements, signé 762 contrats de recrutement, soit un peu plus de deux par jour en moyenne. Si on considère les dix dernières années, le groupe a multiplié ses effectifs par plus que 2, son accès aux garanties bancaires par 6 et son résultat d’exploitation par 7. Une success story encore moins banale quand on se souvient que son centre nerveux se trouve à Seraing où un nouveau QG est en construction !

Bernard Serin, le président administrateur-délégué, est devenu coutumier des bilans euphoriques depuis qu’il émancipa, au bord du gouffre, l’ancienne filiale de Cockerill-Sambre pour en faire, gardant seul le nom du fondateur - Cockerill Maintenance et Ingénierie -, un groupe mondial actif sur les marchés de l’énergie, de la défense, de la sidérurgie et de l’économie verte. Mais l’emploi local (un tiers du total) a-t-il bénéficié de l’aventure ? Oui, avec des variantes sectorielles : " Entre 2001 et 2013, il y a une évolution positive de 150 personnes à Liège , explique Bernard Serin. Mais sur ces 150, il y a 200 ouvriers en moins et 350 ingénieurs, cadres, techniciens, informaticiens en plus. C’est à l’image de ce qui se passe en Europe ."

Autres bémols : la part du lion prise par les activités de services et le faible niveau des inscriptions de commandes, cantonné à 481 millions en 2012 contre 695 en 2011 et 847 en 2010. Des reports importants sur 2013 devraient toutefois mettre un peu de baume. " Et surtout , précise le patron, plus de 50 % des commandes concernent de nouvelles applications qui n’existaient pas il y a trois ou quatre ans ." Celles-ci vont des services aux centrales nucléaires et hydrauliques à des simulateurs de tourelle-canon pour former au maniement des chars, en passant par des solutions de traitement et de recyclage des effluents industriels.

L’innovation, c’est aussi le maître mot quand on interroge Bernard Serin sur l’avenir de la sidérurgie liégeoise. " En quinze ans, le monde a doublé sa capacité sidérurgique. Maintenant, on s’arrête, les besoins d’acier vont rester stables, comme ce fut déjà le cas entre 1975 et 2000. Dans ce contexte, c’est l’innovation qui fait marcher ." Et de citer la mise au point, en ce moment chez CMI, d’une technologie permettant de sécuriser la récupération du gaz d’aciérie. " Si cela marche, ce sera une révolution en Europe et aux Etats-Unis ."

Quant à son implication personnelle dans le dossier d’une éventuelle reprise d’ArcelorMittal, le président relativise : " Si on me demande un avis, je suis prêt à m’exprimer, mais pas dans le cadre de CMI ." Il avait pourtant bien été cité, à la fin de l’année dernière, comme un éventuel repreneur du site de Florange avec le Russe Severstal Mais pas question de confirmer : " Avec la chasse à courre qui a eu lieu en novembre, décembre et janvier, si j’en ai réchappé, ce n’est pas pour succomber aujourd’hui ! "